Survivre au cancer grâce au sport
Par Isabelle Laramée
Les athlètes de la préparateur physique Frédéricke Allard ne sont pas les seuls à avoir livré un dur combat pour atteindre leur rêve (voir le texte La deuxième maman des athlètes d’ici). Après avoir combattu trois cancers, à 19 ans, à 28 ans et l’an dernier, « coach Fred » est devenue un exemple de persévérance pour ses jeunes qui la soutienne à leur tour en retour.
Malgré les traitements de chimiothérapie et son extrême faiblesse, Frédéricke Allard n’a manqué qu’un seul rendez-vous avec ses joueurs. Elle a préféré cacher sa maladie, et ce, même si les traitements étaient son dernier espoir. Pour celle qui sera l’une des ambassadrices de la 10e édition du Relais pour la vie dans la région, le contact de ses athlètes et leur motivation lui ont permis de ne pas lâcher prise.
« La deuxième séquence de traitements fut très difficile. Par contre, si j’étais restée chez moi comme tout le monde voulait que je fasse, je n’aurais peut-être pas passé au travers de celui-là. Je ne crois pas », avoue-t-elle, les larmes aux yeux.
Seuls certains athlètes et sa famille ont été mis au courant de la troisième récidive de la maladie de Hodgkin. Ses joueurs, comme le footballeur David Chabot, l'ont aidée au gym durant les autres entraînements, notamment pour soulever les poids.
Cette année-là, les hockeyeurs Dominic Beauchemin, des Mooseheads d’Halifax, et David Bédard, de l’Armada de Blainville-Boisbriand, ont revêtu un chandail de hockey de couleur rose pour elle.
« Je l’ai fait en pensant à tout ce qu’elle avait fait pour moi, se rappelle Dominic. C’était la moindre des choses que d’être là en retour et de l’encourager. Elle est un exemple pour moi, surtout après ce qui lui est arrivé. Elle m’a appris à ne jamais lâcher ! »
C’est avec émotion que David Bédard lui a remis le chandail Rose pour la cause de l’Armada. « Les gens n’ont pas idée de la difficulté de vivre dans le monde du sport. Je suis très reconnaissant qu’elle soit à mes côtés. C'est ma façon de lui dire que je pensais à elle et que je serai toujours là. »
Commencer à vivre à 40 ans
Les projets d’avenir sont maintenant possibles pour celle qui a toujours dû prendre la vie au jour le jour. Frédéricke Allard compte d’ailleurs s’investir encore davantage auprès des jeunes athlètes.
« Avec tout ce qu’elle a traversé, je ne vois pas pourquoi elle ne pourra pas aller où elle veut dans la vie », soutient François Landreville, qui l’a accompagné dans la maladie.
Si tout va bien, « coach Fred » sera en rémission complète dans un an. D’ici là, la santé est de retour et les douleurs sont chose du passé.
« À 40 ans, je vais arrêter de devoir simplement survivre et je vais pouvoir enfin commencer à vivre », conclut-elle.


