Croquer dans les terrains de la ville
Par Isabelle Laramée
Les employés de sept municipalités de la région sortiront pelles et râteaux pour créer des paysages comestibles cet été.
Des potagers et des jardins en façade des hôtels de ville et dans les parcs verront ainsi le jour à l'Ange-Gardien, Carignan, Chambly, Mont-Saint-Hilaire, Otterburn Park, Richelieu et Saint-Charles-sur-Richelieu. Ces sept villes agiront comme précurseurs au projet baptisé De l’entretien durable aux paysages CO2mestibles.
Chapeautée par l’organisme de Beloeil Reconstruction harmonieuse de l’agriculture (RHA), cette initiative vise à sensibiliser les citoyens et les élus quant aux comportements écologiques à adopter pour l’entretien des espaces verts.
« Les surfaces gazonnées représentent environ 25 000 hectares au Québec. Le gazon est une monoculture inutile. La pelouse, à part être esthétique, ne se mange pas. De plus, la plupart des gens utilisent des tondeuses à essence qui génèrent des émissions de gaz à effet de serre », souligne la coordonnatrice de la RHA et agronome Mélanie Morel, ajoutant que l’initiative est donc une façon originale de diminuer la pollution atmosphérique.
Transformer une partie de la pelouse des municipalités en un aménagement paysager comestible incitera, selon elle, les citoyens à en faire autant. Une vision partagée par la Ville d’Otterburn Park qui fera d’une partie de la Pointe-Valaine un site de démonstration.
« Nous avons été séduits par l’originalité du concept et l’enthousiasme de Mme Morel. Nous voyons un lien évident entre le bâtiment LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) de la Pointe-Valaine et ce projet de développement durable », explique le maire Gérard Boutin.
La Ville a d’ailleurs consulté le règlement municipal de Drummondville, qui autorise l’aménagement de potagers en façade, afin d’adapter sa propre règlementation pour permettre aux citoyens de laisser aller leur créativité jardinière.
En plus des municipalités citées plus haut, trois autres villes devraient adhérer au projet prochainement. Pour la directrice du bureau du député de Pierre Duchesne, Paule Laprise, cette initiative représente un pas de plus dans la bonne direction.
« Pour atteindre les objectifs que l’on a fixés collectivement, il faut compter sur la participation citoyenne, les entreprises et les organismes qui se mobilisent et qui aspirent à une société plus verte et plus durable. »
