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2 mai 2021 - 17:01

À la suite du point de presse de M. Legault et de Mme Lebel

La déception est présente chez les centrales syndicales

Marie-Claude Pilon

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste

À la suite du point de presse de François Legault et de la présidente du Conseil du Trésor, Sonia Lebel, les principales centrales syndicales ont réagi rapidement aux propos tenus par le duo de la Coalition Avenir Québec. Dans les deux cas, la déception se fait sentir alors que plus de 550 000 travailleurs sont sans conventions collectives depuis maintenant plus d’un an.

D’entrée de jeu, la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Sonia Ethier, pointe du doigt la position inflexible du gouvernement dans le processus de négociation. Par voie de communiqué, elle réitère que les offres globales gouvernementales sont largement insuffisantes pour répondre aux immenses besoins vécus dans les milieux en éducation, dans les cégeps et en santé.

En soulignant que la CSQ a réduit ses demandes de moitié et que la négociation n'est pas terminée pour la très vaste majorité des 550 000 employés responsables d'aider, d'accompagner et de soutenir les enfants, les familles et les aînés, Mme Ethier se désole que les offres du gouvernement n'aient fait l'objet d'aucune évolution aux tables centrales et continuent de traduire une fermeture.

Elle ajoute qu’en « dehors de l'opération caquiste de relations publiques qui est lancée aujourd'hui, le gouvernement persiste et signe avec des offres qui ne permettent pas d'attirer et de retenir la majorité du personnel dans les établissements scolaires, de santé et les cégeps. Au moment de notre histoire où il est plus important que jamais de reconnaître le travail des milliers de femmes et d'hommes dans les services à la population et devant la crise des conditions de travail qui sévit dans nos milieux depuis trop longtemps, les offres actuelles du gouvernement ne changeront pas les situations de surcharge, de manque de ressources et de pénurie. »

Pour la CSQ, les emplois en éducation et en santé ont tous cela en commun : ils manquent de ressources, ils manquent de monde, ils manquent de reconnaissance… et ils sont occupés en majorité par des femmes. «  Les conditions de travail en éducation, dans les cégeps et en santé, ça nous regarde tous. La dernière chose que les milliers de personnes travaillant dans les services à la population ont besoin, ce sont des conditions de travail qui continuent d'être inacceptables. La CSQ porte la voix de plus de 125 000 personnes dont la mission première est de prendre soin du monde, de nos proches et de ceux qu'on aime. Nous continuerons à porter leur cri du cœur qu'il faut que ça change maintenant! », a dit la présidente de la CSQ.

En terminant, la CSQ rappelle que 39 tables de négociation des conditions de travail de personnels n'ont pas de projet de règlement à ce jour.

Même sentiment de déception pour la FTQ

Du côté de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), on  réagit avec déception au terme de la rencontre à laquelle le premier ministre et la présidente du Conseil du trésor ont convoqué cet après-midi les principales organisations syndicales impliquées dans la négociation du secteur public (FTQ, CSQ, CSN, FIQ, APTS). 

« C'est la 3e fois depuis mars 2020 que le premier ministre et le Conseil du trésor nous rencontrent pour essentiellement nous répéter les mêmes choses et tout comme l'an dernier, nous répétons que oui nous voulons négocier, oui nous sommes prêts à accélérer les échanges, mais encore faut-il que les négociateurs patronaux aient les mandats de faire bouger les choses, ce n'est visiblement toujours pas le cas », déclare le président de la FTQ, Daniel Boyer.

« C'est bien beau les relations publiques et les belles images, mais c'est à ses négociateurs que le premier ministre doit parler. La FTQ a déjà présenté, il y a plusieurs semaines, des demandes raisonnables et acceptables qui répondent très bien au cadre financier du gouvernement. Nous croyons toujours à un accord négocié, mais il faut que le gouvernement comprenne que les travailleuses et travailleurs que nous représentons ont droit à une véritable amélioration des conditions d'exercice d'emplois, de la rémunération, incluant un rattrapage salarial. De plus il n'y a toujours rien pour le personnel de soutien. Sans ces améliorations, l'exode des travailleurs et travailleuse du secteur public qui quittent par centaines leur emploi ne fera que s'accentuer », ajoute le président de la FTQ.

« Depuis le début de la pandémie, Québec n'a pas hésité à investir des centaines de millions de dollars pour relancer l'économie, et nous l'avons salué. Mais, il n'y a pas que le béton, il y a aussi les services publics qui sont sous-financés depuis des dizaines d'années et qui sont maintenus à bout de bras par le personnel de la santé, de l'éducation et des services sociaux.  Bien traiter et bien payer son personnel c'est aussi investir dans notre économie.  À ce que je sache, les salaires versés ne servent pas à enrichir les paradis fiscaux, mais à mettre du beurre sur la table, à nourrir sa famille et à consommer chez nous », conclut Daniel Boyer.

Statistiques pour déboulonner quelques mythes et mieux comprendre les enjeux de cette négociation :

  • Moyenne salariale des employés du secteur public (FTQ) : 39 818,76 $ ;
  • Moyenne salariale des employés occasionnels et temporaires (FTQ) du secteur public (autres que réguliers) : 28 184,06 $ ;
  • Retard salarial du secteur public (FTQ) : 9,2 %;
  • Pourcentage de femmes que nous représentons (FTQ) : 73,8 % ;
  • Pourcentage de travailleurs et travailleuses qui n'ont pas de permanence ou de poste à temps complet (FTQ) : 42,3 %.

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