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13 décembre 2021 - 07:00

1,5 G$ de plus sur quatre ans

Le Canada veut remanier son programme de rabais sur les véhicules électriques

Par La Presse Canadienne

Le gouvernement fédéral veut remanier le programme de remise sur les véhicules électriques afin qu’il corresponde plus étroitement aux types de voitures que les Canadiens veulent acheter, indique le ministre des Transports, Omar Alghabra.

Les libéraux ont promis dans leur plateforme électorale de dépenser 1,5 milliard $ supplémentaires au cours des quatre prochaines années dans le programme d’incitatifs pour les véhicules zéro émission, iVZE. L’objectif est de faire en sorte que davantage de véhicules électriques soient sur les routes, puisque le Canada s’efforce d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

Le programme actuel a été extrêmement populaire, mais le ministre Alghabra envisage des améliorations.

À l’heure actuelle, le programme limite les rabais aux véhicules neufs avec un prix de base d’au plus 45 000 $ et un prix maximal de 55 000 $ pour les modèles avec des caractéristiques supérieures.

Cela laissera de côté bon nombre des nouveaux VUS et camionnettes qui commenceront à inonder le marché l’année prochaine, y compris la camionnette électrique F−150 Lightning qui, selon Ford, aura un prix de base aux environs de 58 000 $.

« La grande majorité des véhicules achetés aujourd’hui sont des VUS et des camionnettes, et bien que des options (véhicule zéro émission) deviennent disponibles pour ces segments, nombre d’entre elles seront vendues hors du programme iZEV actuel », a déclaré M. Alghabra dans une déclaration transmise par son bureau.

Il omet également les véhicules d’occasion, pour lesquels il existe un marché qui émerge.

« C’est pourquoi notre gouvernement examine comment le programme pourrait être révisé pour mieux s’aligner sur les préférences actuelles des consommateurs », dit M. Alghabra.

En 2020, plus de trois véhicules neufs sur quatre immatriculés au Canada étaient des camionnettes et des VUS, tandis que les berlines ne représentaient qu’un véhicule sur cinq.

Mais en raison des modèles disponibles, plus de 60 % des nouveaux véhicules zéro émission immatriculés en 2020 étaient des berlines, et 35 % étaient des VUS et des véhicules multisegments.

Selon Plug’n Drive, un organisme à but non lucratif basé en Ontario qui fait la promotion de l’utilisation de véhicules électriques, seuls quatre modèles de VUS zéro émission sont actuellement disponibles au Canada. Aucun d’entre eux n’a un prix suffisamment bas pour se qualifier pour le rabais. Il n’y avait aucune camionnette parmi eux.

Il y a cependant plus de 40 nouveaux modèles de véhicules électriques attendus au cours des deux ou trois prochaines années et la plupart d’entre eux sont des camionnettes et des VUS.

La présidente de Plug’n Drive, Cara Clairman, a déclaré que le manque de vrais VUS et camionnettes «est un véritable défi».

« Cela a été un gros problème jusqu’à présent, car avouons−le, les premiers véhicules électriques étaient tous assez petits et c’était donc difficile à vendre aux Canadiens », a déclaré Mme Clairman.

Le premier budget de 300 millions $ alloué au programme iZEV devait durer trois ans, mais a été épuisé en moins de 20 mois. Un autre 287 millions $ a été ajouté il y a un an, et il ne reste que 48 millions $.

Plus de 121 000 véhicules ont été achetés avec les remises, qui vont de 2500 $ pour les hybrides rechargeables à 5000 $ pour ceux qui sont uniquement à batterie. Les véhicules loués peuvent se voir accorder des rabais plus petits, selon la durée du bail.

Les 1,5 milliard $ promis lors de la campagne électorale doivent durer jusqu’en 2025.

Mme Clairman fait partie de plusieurs experts en véhicules électriques qui affirment que les remises visant à aligner davantage le coût des voitures électriques sur leurs équivalents à essence sont une partie essentielle de l’équation.

L’année qui a suivi celle où le premier ministre Doug Ford a annulé le programme de rabais de l’Ontario en 2018, les nouvelles immatriculations de véhicules électriques ont chuté de 41 %. Les Ontariens ont immatriculé 38 % de tous les véhicules électriques neufs en 2018. En 2019, c’était 17 %.

Le Québec et la Colombie−Britannique offrent tous deux des rabais depuis plusieurs années et représentent ensemble trois véhicules électriques sur quatre vendus au Canada. Ce sont aussi les deux seules provinces avec des mandats de vente qui pénalisent les constructeurs automobiles dont les ventes n’incluent pas une proportion minimale de véhicules électriques.

Au cours de la dernière année, Terre−Neuve−et−Labrador, la Nouvelle−Écosse, l’Île−du−Prince−Édouard et le Nouveau−Brunswick ont ​​tous annoncé des rabais sur les véhicules électriques. Le Yukon et les Territoires du Nord−Ouest ont ajouté des rabais en 2020.

La plupart de ces programmes incluent également une aide à l’installation de chargeurs de véhicules électriques à domicile.

Les remises ne sont pas bon marché et certains économistes soutiennent qu’elles constituent l’un des moyens les plus coûteux de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Une étude dirigée par Christopher Ragan, le directeur de la Max Bell School of Public Policy de l’Université McGill, et qui a été publiée au mois de septembre 2020 a conclu qu’il existe de moyens meilleurs et moins coûteux d’encourager les gens à utiliser des véhicules électriques.

Selon M. Alghabra, les 100 000 premières voitures remises dans le cadre du programme iZEV réduisaient les émissions de gaz à effet de serre du Canada d’environ 352 000 tonnes par an, soit environ ce que 78 000 voitures à essence produisent en moyenne sur 12 mois. Les véhicules électriques produisent encore des émissions, y compris lorsque les hybrides rechargeables utilisent leurs moteurs à essence et si l’électricité utilisée pour charger provient de combustibles fossiles comme le charbon ou le gaz naturel.

Dans sa recherche, M. Ragan a déclaré que même au Québec, où presque toute l’électricité provient de l’hydroélectricité ou de l’énergie éolienne carboneutre, l’objectif d’avoir un million de véhicules électriques sur les routes d’ici 2030 ne réduirait les émissions que de 3,6 %.

C’est une fraction de l’objectif de réduire les émissions totales de 37,5 %.

« En d’autres termes, les véhicules électriques ne devraient pas être considérés comme le principal ou même un moyen important pour le Québec de réduire son empreinte carbone », a soutenu M. Ragan.

Le président de l’Electric Vehicle Society, Wilf Steimle, a déclaré que les remises sont une dépense à court terme pour surmonter le choc monétaire pour certains conducteurs jusqu’à ce que les prix deviennent comparables à ceux des véhicules à essence.

« Il est important de noter de ne pas perdre de vue le fait que c’est à court terme, que la disparité des prix se corrige d’elle−même », a−t−il affirmé.

La différence de prix peut varier. Hyundai Canada indique que le prix de base de son modèle Kona à essence est de 21 999 $ et que celui d’un modèle électrique est plutôt de 43 699 $. Ford Canada vend son modèle Escape à essence à 27 149 $ et celui de base hybride rechargeable à 35 649 $.

Les analystes de BloombergNEF, qui étudie la transition énergétique, ont déclaré en mai qu’ils s’attendaient à ce que les nouveaux véhicules électriques soient en moyenne moins chers que leurs homologues à essence d’ici cinq ans.

Mia Rabson, La Presse Canadienne

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