Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Géant des télécommunication s

Rogers investit 50 M $ pour contrer le temps d'écran excessif chez les adolescents

durée 18h00
8 janvier 2026
ici

commentaires

ici

likes

imprimante
email
Par La Presse Canadienne

Rogers Communications annonce un investissement de 50 millions $ sur cinq ans pour lutter contre le temps excessif que les adolescents et les préadolescents passent devant les écrans.

Le géant des télécommunications a lancé jeudi un programme scolaire national qui, selon Tony Staffieri, président et chef de la direction de Rogers, vise à modifier les comportements et à aider les jeunes à développer une relation saine avec les écrans. Ce programme prévoit notamment la venue d'athlètes professionnels dans les écoles pour discuter d'une utilisation saine des écrans.

L'entreprise indique également qu'elle créera des subventions pour un maximum de quatre organismes jeunesse qui encouragent l'activité physique et qu'elle commandera une étude annuelle sur le temps d'écran chez les jeunes.

Le fournisseur de services internet, mobiles et télévisuels a également fait la promotion des applications Rogers qui permettent aux parents de fixer des limites de temps sur les téléphones de leurs enfants et de surveiller le temps passé sur les applications populaires.

«C'est un problème majeur au Canada, dans notre société, et nous pensons avoir un rôle à jouer», a déclaré M. Staffieri dans une entrevue avec La Presse Canadienne.

Rogers a commandé un sondage en ligne Angus Reid auprès de 1212 parents d’enfants et adolescents de 11 à 17 ans possédant un téléphone intelligent, et de 503 enfants, entre le 30 octobre et le 11 novembre 2025.

Le sondage a révélé que les préadolescents et les adolescents interrogés passaient en moyenne plus de cinq heures par jour sur leur téléphone. Les parents, quant à eux, sous-estimaient le temps d’écran de leurs enfants d’environ 90 minutes par jour. Ceux qui passaient le plus de temps sur les écrans ont rapporté une moins bonne qualité de vie en termes de bien-être général, de liens sociaux et d’activité physique.

L’organisme professionnel du secteur des sondages, le Conseil de recherche et d’intelligence marketing canadien, affirme qu’il est impossible d’attribuer une marge d’erreur aux sondages en ligne, car ils ne reposent pas sur un échantillonnage aléatoire de la population.

«Il était temps»

Rogers a indiqué que cela dépasse largement la limite de deux heures recommandée par la Société canadienne de pédiatrie pour le temps d’écran récréatif. La docteure Michelle Ponti, présidente du Groupe de travail sur la santé numérique de l’organisation, a souligné que, depuis la publication de cette recommandation en 2019, l’accent a été mis sur la manière dont l’écran est utilisé, plutôt que sur la quantité.

Par exemple, utiliser une application de mise en forme ou envoyer des textos pour organiser des sorties entre amis peut être bénéfique pour les jeunes. L’utilisation excessive ou passive des écrans est toutefois associée à des symptômes de dépression, d’anxiété, à une baisse de l’estime de soi, à la sédentarité, à une possible prise de poids, à des difficultés scolaires et à des troubles du sommeil, selon la Société canadienne de psychologie.

Dre Ponti, également pédiatre à London, en Ontario, a rappelé que les professionnels de la santé tirent la sonnette d’alarme concernant le temps passé devant les écrans depuis des décennies. En 2023, la Société canadienne de pédiatrie a lancé un appel à l’action exhortant les entreprises technologiques et les décideurs politiques à contribuer à la gestion du temps d’écran, affirmant que la responsabilité ne devrait plus reposer sur les individus.

«Je pense qu’il était temps. C’est absolument nécessaire», a souligné Dre Ponti au sujet de la campagne de Rogers.

«Nous avons constaté le danger. Nous avons besoin du gouvernement, des décideurs politiques et des entreprises technologiques. Le monde entier doit se mobiliser sur cette question», a-t-elle ajouté.

Les écrans, un indicateur de risque

La docteure Nicole Racine, titulaire de la Chaire de recherche de la Faculté des sciences sociales de l'Université d'Ottawa et de l'Institut de recherche du CHEO en santé mentale des enfants et des adolescents, a perçu cette annonce comme une nouvelle étape vers la reconnaissance de l’impact des écrans sur les jeunes.

Elle a expliqué que le temps passé devant les écrans est souvent un mécanisme d'adaptation pour les jeunes confrontés à des problèmes de santé mentale ou à des difficultés sociales.

«Cela peut aussi être un indicateur de risque, par exemple lorsque l'on observe des enfants dont la santé mentale se détériore, qui se replient sur eux-mêmes et utilisent davantage leur téléphone», a-t-elle soutenu.

Les rapports sur les dangers d'une enfance passée en ligne ont récemment suscité une attention mondiale, certains appelant les géants de la technologie à renforcer la protection des jeunes. L'année dernière, Meta a revu les paramètres des comptes pour adolescents sur Instagram, affirmant utiliser une technologie de prédiction de l'âge pour ne diffuser que du contenu adapté à l'âge des utilisateurs et offrant aux parents des options de restriction supplémentaires.

En décembre, l'Australie a mis en œuvre une loi interdisant l'accès aux plateformes de médias sociaux populaires aux utilisateurs de moins de 16 ans, et certains ont exhorté des pays comme le Canada à prendre des mesures similaires.

Interrogé sur le scepticisme que pourrait susciter l'initiative de Rogers, étant donné que son modèle économique repose sur la présence en ligne des utilisateurs, M. Staffieri a déclaré qu'il s'agissait de la façon dont l'entreprise s'attaque au problème du temps passé devant les écrans.

«Il s’agit pour nous de faire notre part et de répondre à une question qui, nous le savons, préoccupe nos clients et les Canadiens», a-t-il souligné.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Hannah Alberga, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié le 7 janvier 2026

Au tour de la Commission de la construction d'avoir son chantier numérique

C'est au tour de la Commission de la construction du Québec de moderniser ses services en ligne pour faciliter et accélérer les interactions avec les employeurs et les travailleurs de l'industrie. Le «Chantier numériccq» doit permettre à la Commission de la construction de mettre à jour ses systèmes informatiques désuets. Une mise sur pause ...

Publié le 6 janvier 2026

Les pilotes d'Air Transat entérinent leur entente de principe

Les pilotes d'Air Transat ont entériné dans une proportion de 91 % l'entente de principe qui était intervenue avec le transporteur aérien pour renouveler leur convention collective. L'Association internationale des pilotes de ligne (ALPA), qui représente notamment les 725 pilotes d'Air Transat, en a fait l'annonce mardi. Le taux de ...

Publié le 2 janvier 2026

Les PDG les mieux payés du Québec gagneront 236 fois plus que le salaire moyen

Les patrons des plus grandes entreprises du Québec devraient gagner 236 fois plus que le salaire annuel moyen en 2026. Au deuxième jour de la nouvelle année, ils avaient déjà empoché l'équivalent de ce qu'un travailleur québécois moyen touche en 12 mois, selon l’Observatoire québécois des inégalités (OQI). Vendredi matin, les 21 ...