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Le premier ministre attendu à 11h30

Mark Carney s'apprête à rencontrer Donald Trump à la Maison-Blanche

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6 mai 2025
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Par La Presse Canadienne

Après deux appels téléphoniques, l'imposition de droits de douane, des menaces de faire du Canada le 51e État américain et une campagne électorale sur laquelle planait l'ombre de Donald Trump, voilà que le premier ministre Mark Carney rencontrera finalement, mardi, le président américain.

M. Carney, qui a remporté les élections fédérales il y a à peine une semaine, est attendu à 11 h 30 à la Maison-Blanche, selon les informations fournies par son entourage. Il doit s'asseoir pour un tête-à-tête avec M. Trump dans le légendaire Bureau ovale et prendre part à un «déjeuner de travail».

Pour le directeur de l'Observatoire sur les États-Unis à la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM, Frédérick Gagnon, le principal défi de M. Carney, du moins sur le plan de la forme, sera d'éviter «les dérapages» de son hôte particulièrement imprévisible.

En entrevue avec La Presse Canadienne, M. Gagnon a rappelé la visite du président ukrainien, il y a deux mois, qui avait tourné à la catastrophe après un échange acrimonieux où les deux hommes avaient levé le ton en argumentant devant les caméras du monde entier. Volodymyr Zelensky avait ensuite été invité à prendre la porte, et une conférence de presse conjointe a été annulée.

Ainsi, des journalistes pourront observer les premières minutes de l'entretien entre les deux voisins nord-américains. Or, M. Trump se fiche bien de respecter les codes, des protocoles, et pourrait aller plus loin que des paroles convenues.

«Est-ce qu'il va mentionner qu'il souhaiterait que le Canada devienne le 51e État? S'il le fait, comment réagirait M. Carney, sachant très bien qu'il a déjà dit qu'il n'aimait pas ce genre de propos», a évoqué le professeur Gagnon, notant que ce serait carrément perçu comme «une insulte personnelle».

Mark Carney avait prévenu que le «respect» est une condition à ce qu'il s'assoit avec le président Trump, évoquant qu'il ne tolérerait pas de se faire qualifier de «gouverneur», un terme que le milliardaire américain servait à tour de bras à Justin Trudeau.

M. Carney, qui est à Washington depuis lundi avec le ministre du Commerce, Dominic LeBlanc, la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, et le ministre de la Sécurité publique, David McGuinty, a affirmé s'attendre à des discussions «difficiles, mais constructives».

Un point de presse à l'ambassade du Canada – et donc vraisemblablement en l'absence du président – est prévu après la rencontre. «Ce qui est commun, habituellement, à Washington, (ce sont) des conférences de presse conjointes entre le président des États-Unis et ses invités», a souligné M. Gagnon.

Donald Trump a imposé des droits de douane à l'échelle de l'économie canadienne en mars, avant de les réduire partiellement quelques jours plus tard sur les importations conformes aux règles de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM). Le Canada a également été touché par des droits de douane sur l'acier, l'aluminium et l'automobile.

Vendredi, lors de sa première conférence de presse depuis les élections, le premier ministre Carney a tout fait pour baisser les attentes face à la rencontre. Il a prévenu que de la «fumée blanche» ne se dégagera pas du 1600 Pennsylvania Avenue, une référence à la méthode employée par le Vatican pour annoncer qu'un nouveau pape a été choisi.

M. Trump a quant à lui révélé lundi qu'il ignore pourquoi le premier ministre canadien est en ville. «Je ne sais pas exactement ce qu'il souhaite aborder avec moi, mais je suppose qu'il souhaite conclure un accord», a-t-il dit lorsqu'interrogé sur ses attentes.

Le 28 mars, après le premier appel téléphonique Carney-Trump, le président a indiqué que les deux hommes avaient convenu de se rencontrer immédiatement après les prochaines élections canadiennes afin de discuter de questions politiques, commerciales et autres, qui seront bénéfiques pour les États-Unis et le Canada.

M. Carney, un ancien gouverneur des banques centrales du Canada et d'Angleterre, avait passé l'essentiel de sa campagne à plaider qu'il était la meilleure personne pour gérer cette négociation. Il jurait inlassablement que «jamais, jamais» le Canada ne serait un État américain, et avait affirmé que le «respect» de la souveraineté canadienne est une «condition» à la rencontre avec le président Trump.

Outre l'entretien de mardi, MM. Carney et Trump devraient se recroiser dans à peine quelques semaines de l'autre côté de la frontière, alors que le Canada sera l'hôte du sommet du G7, un événement qui doit se tenir à Kananaskis, en Alberta.

Et, une semaine plus tard, le premier ministre devrait se rendre aux Pays-Bas pour participer au sommet annuel de l'OTAN, une organisation à laquelle M. Trump reproche à bon nombre de pays, y compris le Canada, de ne pas faire leur juste part, soit d'atteindre la cible de dépenses militaires établie à 2 % du PIB.

Michel Saba, La Presse Canadienne

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