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Moratoire sur le gaz de schiste : quelques bémols

La clause indiquant que le moratoire sera en vigueur durant cinq ans, ou jusqu’à l’arrivée d’une loi encadrant la recherche et l’exploitation des hydrocarbures, inquiète les militants.
Photo: Archives, Luc Giard

La clause indiquant que le moratoire sera en vigueur durant cinq ans, ou jusqu’à l’arrivée d’une loi encadrant la recherche et l’exploitation des hydrocarbures, inquiète les militants.

Les militants locaux opposés à l'exploration et à l'exploitation du gaz de schiste émettent des bémols au sujet du projet de moratoire de cinq ans interdisant notamment les forages et les opérations de fracturation du gouvernement. Ils ont d’ailleurs demandé au ministère de l’Environnement de les recevoir.

« Nous sommes partiellement contents. Le projet de loi est déjà une bonne intention, mais certains aspects devraient être améliorés ou précisés », explique Danielle Lavoie, coordonnatrice au comité local d’Ottterburn Park et militante impliquée dans le Regroupement interrégional sur le gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent (RIGSVSL).

C’est la clause indiquant que le moratoire sera en vigueur durant cinq ans, ou jusqu’à l’arrivée d’une loi encadrant la recherche et l’exploitation des hydrocarbures, qui inquiète les militants.

« Le gouvernement prévoit de faire une nouvelle loi sur les hydrocarbures à l’automne 2013. La durée du moratoire est donc nébuleuse. Cette loi concerne uniquement les gaz de schiste, donc notre territoire », explique Luc Larivée, militant du comité local d’Otterburn Park.

Mme Lavoie s’interroge également sur l’éventualité d’une nouvelle loi sur les hydrocarbures et les conséquences que cela pourrait avoir. « Cette nouvelle loi aura préséance sur le projet de loi imposant le moratoire, dit-elle. Nous allons peut-être revenir à la case départ si la loi encadrant le développement des hydrocarbures autorise l’exploitation du gaz de schiste. »

Le député de Borduas et ministre, Pierre Duchesne, tient à rassurer les militants. Celui qui a déclaré en campagne électorale qu’il fera tout en son pouvoir pour empêcher l’exploitation et l’exploration du gaz de schiste assure que la loi sur les hydrocarbures n’affectera pas le moratoire.

« Le moratoire tient toujours. Les études qui sont faites actuellement par la Commission d’évaluation environnementale seront transmises au BAPE. Cet automne le BAPE reprend tout cela avec son nouveau président. Nous nous assurerons qu’il y ait une évaluation correcte, juste et équilibrée. »

Protéger l'eau

Le RIGSVSL et le comité local d’Otterburn Park voient d’un bon œil le projet de règlement sur les sources d’eau potable dévoilée au lendemain du moratoire, le 16 mai. D’après ce projet, il sera défendu de forer un puits à moins de 300 mètres d’une source d’eau potable.

« Le projet de loi vient protéger l’eau, car on ne connait pas encore nos sources d’eau. Il y aura des études sur nos nappes phréatiques. C’est un principe de précaution, mentionne Luc Larivée. Nous devons connaître notre sol avant de creuser. »

Danielle Lavoie n’est toutefois pas convaincue que la distance entre les puits et l’eau est assez grande. « Nos spécialistes ont rencontré le ministre avant le dépôt du projet de loi. La distance demandée par nos associations est loin de celle proposée par le gouvernement. »

 

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