Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Des données recueillies à Toronto en 2018 révélaient que 14 % des femmes consommaient du cannabis en début de grossesse.

Nouvelle étude sur la consommation de cannabis pendant la grossesse

durée 18h00
16 février 2023
ici

commentaires

ici

likes

imprimante
email
Par La Presse Canadienne

Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'Université Laval tentera de combler le manque de données scientifiques de qualité concernant l'impact sur le développement de l'enfant de la consommation de cannabis pendant la grossesse.

Le groupe de recherche profitera d'une subvention de 600 000 $ du Fonds de recherche du Québec-Santé pour suivre la cohorte d'enfants jusqu'à l'âge de 18 ans, et d'une subvention de 2,3 millions $ des Instituts de recherche en santé du Canada pour la suivre jusqu'à l'âge de 30 mois.

Les chercheurs s'intéresseront notamment, au cours des cinq prochaines années, au développement moteur, langagier et comportemental de l'enfant. Certains aspects seront évalués par les parents et d'autres par des scientifiques.

«On dispose de très peu d'études contemporaines qui se sont intéressées à la question des effets du cannabis sur le développement de l'enfant», a résumé la professeure Gina Muckle, de la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval.

La poignée d'études qui ont été réalisées jusqu'à présent, ajoute-t-elle, laisse croire à une association entre la consommation de cannabis pendant la grossesse et une augmentation de l'impulsivité, une diminution de la concentration et des impacts sur le fonctionnement intellectuel.

Ces données sont toutefois d'une fiabilité questionnable, puisque ces études ont été réalisées avant la légalisation du cannabis et parfois auprès de femmes qui présentaient d'autres facteurs de risque, comme une consommation de drogues dures ou un suivi de grossesse inadéquat ou inexistant.

Ces études s'appuyaient aussi sur des données autorapportées par les femmes en ce qui concerne leur consommation de cannabis, ce qui ouvre la porte à plusieurs erreurs de rappel.

Ce sont ces lacunes, et d'autres, que la nouvelle étude de l'Université Laval cherchera à combler.

«Le portrait des femmes consommatrices a considérablement changé dans ce nouveau contexte de légalisation, a dit Mme Muckle. La majorité des femmes de la population générale qui consomment du cannabis ne consomment pas de drogues illégales, la majorité a un bon suivi de grossesse... Donc on ne connaît pas quelles pourraient être les répercussions (de la consommation de cannabis) dans ce contexte-là.»

Mme Muckle et son collègue Richard E. Bélanger, de la Faculté de médecine, souhaitent recruter, pendant le premier trimestre de grossesse, quelque 4000 femmes enceintes et leur partenaire. Le volet clinique du projet sera réalisé au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval par le docteur Emmanuel Bujold.

L’exposition au cannabis sera évaluée à l’aide de questionnaires et par analyse d’échantillons de cheveux maternels, ce qui va «nous permettre d'avoir un meilleur marqueur d'exposition fœtale», a expliqué Mme Muckle. Le suivi de la mère et de l’enfant permettra de documenter l’évolution de la grossesse et le développement du fœtus.

Les plus récentes données de l'Enquête québécoise sur le cannabis montrent que, en 2021, ce sont 43 % des jeunes adultes âgés de 21 à 24 ans qui avaient consommé du cannabis au cours de la dernière année, et 36 % des 25-34 ans.

«On ne sait pas quelle est la proportion de ces jeunes adultes qui vont consommer du cannabis au moment de concevoir, puis durant la grossesse qui vont maintenir leur consommation, donc ça se peut que ça soit un phénomène quand même assez important», a souligné Mme Muckle.

Des données recueillies à Toronto en 2018 révélaient que 14 % des femmes consommaient du cannabis en début de grossesse, «mais on pense que ce phénomène-là est considérablement sous-estimé», a dit la chercheuse.

«On est convaincus qu'on a besoin de nouvelles données actualisées qui reflètent bien le portrait de consommation ou d'exposition fœtale de nos jours pour être en mesure de mieux orienter les futurs parents et les intervenants auprès de ces parents-là», a conclu Mme Muckle.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié à 12h00

QS propose la création d'un service de première ligne dédié à la cyberviolence

Québec solidaire croit que le Québec devrait s'inspirer de la Nouvelle-Zélande en créant un service de première ligne pour freiner la cyberviolence et venir en aide aux victimes. Ce service, que le parti s'engage à mettre en place s'il est porté au pouvoir aux prochaines élections, recevrait les signalements des victimes et interviendrait ...

Publié à 9h00

Une coroner réclame un soutien accru pour les demandeurs d'aide médicale à mourir

Une coroner du Québec appelle à un meilleur soutien et à de meilleures ressources en santé mentale pour les personnes qui demandent l'aide médicale à mourir. Cette recommandation fait suite au cas d'un homme de 91 ans qui vivait dans une résidence privée pour aînés de Pointe-Claire et s'est suicidé l'an dernier peu après le refus de sa demande ...

Publié hier à 16h15

Cancer colorectal: Québec demeure la seule province sans dépistage organisé

Trois organismes pressent le gouvernement du Québec de mettre en œuvre un programme de dépistage du cancer colorectal, la deuxième cause de décès par cancer chez les hommes et les femmes au pays. Le Québec est la seule province canadienne sans un tel programme. Dans un communiqué diffusé mercredi, Cancer colorectal Canada, la Fondation québécoise ...