Regroupement des organismes québécois pour les hommes agressés sexuellement
Les hommes victimes d'abus sexuels souvent silencieux à cause de leur socialisation
Entre 10 et 20 % des hommes auraient vécu une agression sexuelle au cours de leur vie au Québec, mais ce taux pourrait être sous-estimé en raison de la socialisation masculine, soulève un premier rapport du Regroupement des organismes québécois pour les hommes agressés sexuellement (ROQHAS).
La prévalence des violences chez les hommes est encore plus importante chez certains groupes, tels que «les hommes issus des communautés GBTQ+, les étudiants, les hommes des Premières Nations et Inuit et les hommes ayant une incapacité».
Le ROQHAS rapporte que les «jeunes hommes gais et bisexuels sont près de cinq fois plus susceptibles d’avoir vécu des abus sexuels dans l’enfance comparativement aux hommes hétérosexuels».
Du côté des étudiants, on estime qu'environ un homme sur quatre vivra une forme de violence sexuelle en milieu collégial ou universitaire, indique le document.
«Les statistiques sur l’agression sexuelle ne feraient qu’effleurer la pointe de l’iceberg du nombre d’infractions réelles chez les hommes sachant que c’est l’un des crimes les moins dénoncés», mentionne le rapport. Au Québec, les hommes ont deux fois plus de chances de ne jamais dévoiler leur abus sexuel que les femmes.
Le regroupement reconnaît qu'il y a bien moins d'agressions sexuelles vécues par des hommes que par des femmes, mais il souligne que ces abus méritent d'être reconnus.
Le rapport insiste sur les défis pour déceler l'agression sexuelle chez les hommes. Il affirme qu'il y a un manque de ressources pour ces victimes, ce qu'a reconnu en 2020 le comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale.
Selon le ROQHAS, la solution est «de lutter contre les stéréotypes de genre, de sensibiliser et d'éduquer le public et les professionnels sur cette réalité encore marginalisée, de soutenir les services existants aux hommes ayant vécu une agression sexuelle». Il souhaite aussi une représentation plus équilibrée des hommes victimes dans les politiques gouvernementales.
Les organismes œuvrant auprès des hommes ayant subi des abus ont soulevé le besoin de formations et d'avoir un espace de discussion sur les différents enjeux, ce qui permettrait aux membres et intervenants de se rassembler.
—
Le contenu en santé de La Presse Canadienne obtient du financement grâce à un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est l’unique responsable des choix éditoriaux.
Katrine Desautels, La Presse Canadienne
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Les boissons chaudes augmenteraient le risque de cancer de l'œsophage
La consommation régulière de boissons extrêmement chaudes, comme du thé ou du café, pourrait tripler le risque de cancer de l'œsophage, prévient une nouvelle étude britannique. Le risque concerne plus spécifiquement la forme la plus courante de cancer de l'œsophage, le carcinome épidermoïde de l'œsophage. «Des études asiatiques ont ...
LIRE LA SUITE
72 % des Québécois appuient une loi sur la qualité de l'air
Une majorité de Québécois se disent préoccupés par la qualité de l’air et appuient l’adoption d’une loi qui établirait une stratégie québécoise sur la qualité de l’air, selon un sondage d'opinion mené par la firme Léger pour le compte de l'Association québécoise des médecins pour l'environnement (AQME). Le coup de sonde ...
LIRE LA SUITE
Les bienfaits de l'exercice physique face à un cancer
La pratique d'une activité physique structurée chez les patients atteints d'un cancer est associée à une amélioration de la survie et à une réduction du risque de récidive, allant donc bien au-delà des soins de soutien et des traitements symptomatiques, rapporte une nouvelle méta-analyse taïwanaise. Ces résultats s'inscrivent dans le ...
LIRE LA SUITE