Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Regroupement des organismes québécois pour les hommes agressés sexuellement

Les hommes victimes d'abus sexuels souvent silencieux à cause de leur socialisation

Les hommes victimes d'abus sexuels souvent silencieux à cause de leur socialisation
Photo: Pixabay
durée

Entre 10 et 20 % des hommes auraient vécu une agression sexuelle au cours de leur vie au Québec, mais ce taux pourrait être sous-estimé en raison de la socialisation masculine, soulève un premier rapport du Regroupement des organismes québécois pour les hommes agressés sexuellement (ROQHAS). 

La prévalence des violences chez les hommes est encore plus importante chez certains groupes, tels que «les hommes issus des communautés GBTQ+, les étudiants, les hommes des Premières Nations et Inuit et les hommes ayant une incapacité». 

Le ROQHAS rapporte que les «jeunes hommes gais et bisexuels sont près de cinq fois plus susceptibles d’avoir vécu des abus sexuels dans l’enfance comparativement aux hommes hétérosexuels». 

Du côté des étudiants, on estime qu'environ un homme sur quatre vivra une forme de violence sexuelle en milieu collégial ou universitaire, indique le document. 

«Les statistiques sur l’agression sexuelle ne feraient qu’effleurer la pointe de l’iceberg du nombre d’infractions réelles chez les hommes sachant que c’est l’un des crimes les moins dénoncés», mentionne le rapport. Au Québec, les hommes ont deux fois plus de chances de ne jamais dévoiler leur abus sexuel que les femmes. 

Le regroupement reconnaît qu'il y a bien moins d'agressions sexuelles vécues par des hommes que par des femmes, mais il souligne que ces abus méritent d'être reconnus.

Le rapport insiste sur les défis pour déceler l'agression sexuelle chez les hommes. Il affirme qu'il y a un manque de ressources pour ces victimes, ce qu'a reconnu en 2020 le comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale. 

Selon le ROQHAS, la solution est «de lutter contre les stéréotypes de genre, de sensibiliser et d'éduquer le public et les professionnels sur cette réalité encore marginalisée, de soutenir les services existants aux hommes ayant vécu une agression sexuelle». Il souhaite aussi une représentation plus équilibrée des hommes victimes dans les politiques gouvernementales.  

Les organismes œuvrant auprès des hommes ayant subi des abus ont soulevé le besoin de formations et d'avoir un espace de discussion sur les différents enjeux, ce qui permettrait aux membres et intervenants de se rassembler. 

Le contenu en santé de La Presse Canadienne obtient du financement grâce à un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est l’unique responsable des choix éditoriaux.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Les DPJ estiment qu'il faut renforcer le filet social pour mieux soutenir les jeunes
Publié hier à 18h00

Les DPJ estiment qu'il faut renforcer le filet social pour mieux soutenir les jeunes

Les services de protection de la jeunesse peinent à subvenir aux besoins des enfants en difficulté et lancent un cri pressant au renforcement du filet social. Le bilan annuel des directions de protection de la jeunesse à travers le Québec, présenté jeudi matin à Québec, montre que les pressions sociales créent depuis quelques années une ...

La contraception gratuite coûterait 22 millions $ à l'État québécois
Publié hier à 12h00

La contraception gratuite coûterait 22 millions $ à l'État québécois

Rendre la contraception gratuite à travers la province coûterait environ 22 millions $ à l'État québécois, calcule l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) dans un rapport publié jeudi, qui s'intéresse aux répercussions de la gratuité des contraceptifs sur l’économie et la population du Québec. Cela prend ...

Le tiers des jeunes hommes voient leurs enjeux de santé mentale comme une faiblesse
Publié le 10 juin 2026

Le tiers des jeunes hommes voient leurs enjeux de santé mentale comme une faiblesse

Le tiers des jeunes hommes considèrent que leurs problèmes de santé mentale sont un signe de faiblesse, révèle un rapport de GreenShield et de Recherche en santé mentale Canada (RSMC), publié mercredi. On apprend aussi que près de la moitié des jeunes hommes qui ont demandé de l'aide ont mis fin à leur suivi plus tôt que prévu. Les ...