Rapport quinquennal de la Commission sur les soins de fin de vie
Les Québécois ont davantage recours à l'aide médicale à mourir, souligne un rapport
Ce sont les Québécois qui ont le plus recours à l'aide médicale à mourir (AMM), souligne le rapport quinquennal de la Commission sur les soins de fin de vie déposé mardi à l'Assemblée nationale.
Le Rapport sur la situation des soins de fin de vie au Québec 2018-2023 compare les pratiques dans neuf juridictions, comme les Pays-Bas, la Belgique et quelques États américains.
Il affirme que le taux d'AMM du Québec est le plus élevé avec 6,2 % des décès et 557 AMM par million de population en 2022.
En comparaison, la proportion de décès par euthanasie et le nombre d’euthanasies par million de population étaient de 5,4 % et 509 aux Pays-Bas, 3,1 % et 293 en Belgique, et 4,1 % et 335 dans l'ensemble du Canada (incluant le Québec).
Dans les juridictions où seul le suicide assisté est permis, les taux sont plus bas: 87 cas de suicide assisté par million de population en Oregon, 22 en Californie, 57 dans l'État de Washington et 42 au Colorado.
En Suisse, le nombre de suicides assistés et accompagnés est de 208 par million de population.
«Le taux d'AMM est élevé au Québec et nous n'en connaissons pas la cause, écrit la commission. La comparaison des diverses juridictions ne permet pas d’expliquer la croissance importante du nombre d'AMM au Québec.»
Le rapport note que la Belgique et les Pays-Bas ont connu une croissance très lente du nombre d’euthanasies et de suicides assistés à la suite de l’adoption de leurs lois, alors que la croissance de l'AMM au Québec est qualifiée d'«exponentielle».
«Des études sociologiques, culturelles (...) pourront tenter de répondre à cette question complexe», conclut-on.
La loi québécoise concernant les soins de fin de vie a été adoptée en 2014, puis élargie en 2023 pour permettre les demandes anticipées. La proportion de décès par AMM est passée de 1,9 % en 2018-2019 à 6,7 % en 2022-2023.
Plus spécifiquement, 14 417 personnes ont reçu l’AMM entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2023. La majorité d'entre elles étaient âgées de 60 ans et plus et avaient des souffrances physiques et psychiques irrémédiables.
Caroline Plante, La Presse Canadienne
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