Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Formation de 10 000 membres du personnel

Rendre les résidences plus inclusives et sécuritaires pour les aînés LGBTQ+

Rendre les résidences plus inclusives et sécuritaires pour les aînés LGBTQ+
Photo: La Presse Canadienne, 2026
durée

Les personnes âgées issues de la diversité sexuelle et de genre peuvent se sentir isolées, et même vivre de l'intimidation dans les résidences pour aînés. La Fondation Émergence veut former 10 000 membres du personnel à travers le Québec afin de rendre les milieux de vie pour aînés plus inclusifs et sécuritaires pour cette population.

Déjà, plus de 3000 intervenants ont reçu la formation «Pour que vieillir soit gai», et la tournée se poursuit dans toutes les régions de la province.

La majorité du temps, la réception de la formation dans les résidences pour aînés est très bonne, a fait savoir Julien Rougerie, formateur et spécialiste de contenu à la Fondation Émergence. Autant la fondation contacte des milieux pour leur proposer la formation, autant certaines résidences la sollicitent pour outiller leurs employés.

«C'est sûr que parfois — ça fait partie de notre travail — il peut y avoir des réticences, des préjugés, etc. Mais on a vraiment une approche très collaborative, sans jugement. On invite les gens à poser les questions qu'ils veulent. Une fois qu'on a un petit peu posé les bases, ça vient dissiper certains préjugés. Dans l'énorme majorité des cas, la réception de l'information est très bonne», raconte M. Rougerie.

Il soutient que les enjeux des personnes trans sont souvent plus délicats à aborder. «Parfois, vis-à-vis de la question de la transidentité, c'est un sujet assez sensible en ce moment, il y a beaucoup de malaise vis-à-vis ces questions-là. Donc, le fait de pouvoir en parler avec un formateur ou une formatrice, ça permet d'augmenter leur niveau d'aisance lorsqu'il s'agit de services ou répondre aux besoins d'une personne âgée trans», souligne M. Rougerie.

Un sondage Léger commandé par la Fondation Émergence révélait en 2025 que 19 % du personnel se déclare peu ou pas du tout à l'aise d'accueillir dans leur milieu une personne trans. De plus, un quart des répondants LGBTQ+ affirment cacher leur orientation sexuelle ou leur identité de genre dans leur milieu de vie.

«C'est sûr que les personnes âgées trans, elles ont vécu dans une société où le concept de transidentité n'existait même pas, rappelle M. Rougerie. Les personnes étaient persuadées qu'elles étaient seules et malades. Et dans une société qui était hostile à ces questions-là, c'était une question de survie de le déguiser, de le réprimer, de le cacher. On construit sa vie sur ça. C'est difficile de le défaire et encore plus quand on est à un âge vulnérable.»

Les bonnes pratiques sont des gestes simples

Comme toute personne qui est perçue comme étant différente, les personnes trans sont sujettes à vivre de l'intimidation, ce qui inclut les milieux de vie pour aînés. «On donne des outils aux intervenants pour leur permettre de faire savoir aux personnes autour d'eux que ce sont des alliés envers la communauté LGBTQ+, indique M. Rougerie en parlant de la formation. Et c'est la multiplication de ces petits indices, de ces types d'attention qui peut faire que peut-être une fois une personne en parlera à un employé ou à une employée. Et c'est peut-être ça qui fera toute la différence dans son séjour ou dans l'utilisation des services.»

La formation est gratuite et d'une durée de deux heures. On explique des notions de base, entre autres ce qu'est la diversité sexuelle et de genre. Puis, on aborde les réalités du vieillissement chez les personnes LGBTQ+, quels sont leurs enjeux et quelles sont les bonnes pratiques à adopter. On identifie également ce que l'établissement peut faire pour être plus inclusif. «Ce sont des milieux où il y a pas mal de choses à mettre en place. Ensuite, on termine par le témoignage d'une personne âgée LGBTQ+, qui peut un petit peu parler de son parcours», décrit M. Rougerie.

Un exemple de chose très simple à faire pour démontrer qu'on est un allié de la communauté LGBTQ+ est de faire attention au vocabulaire qu'on utilise, comme de ne pas demander d'emblée à une femme âgée si elle a eu un conjoint. «Quand on demande ce genre de questions, ce n'est pas dans le but d'exclure la diversité sexuelle de genre, affirme M. Rougerie, mais si on pose cette question à une femme âgée qui a eu une conjointe et qui n'est pas à l'aise d'en parler, clairement, on ne l'invite pas à être authentique dans son parcours de vie. C'est ce genre de bonne pratique-là qu'on aborde.»

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Les DPJ estiment qu'il faut renforcer le filet social pour mieux soutenir les jeunes
Publié hier à 18h00

Les DPJ estiment qu'il faut renforcer le filet social pour mieux soutenir les jeunes

Les services de protection de la jeunesse peinent à subvenir aux besoins des enfants en difficulté et lancent un cri pressant au renforcement du filet social. Le bilan annuel des directions de protection de la jeunesse à travers le Québec, présenté jeudi matin à Québec, montre que les pressions sociales créent depuis quelques années une ...

La contraception gratuite coûterait 22 millions $ à l'État québécois
Publié hier à 12h00

La contraception gratuite coûterait 22 millions $ à l'État québécois

Rendre la contraception gratuite à travers la province coûterait environ 22 millions $ à l'État québécois, calcule l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) dans un rapport publié jeudi, qui s'intéresse aux répercussions de la gratuité des contraceptifs sur l’économie et la population du Québec. Cela prend ...

Le tiers des jeunes hommes voient leurs enjeux de santé mentale comme une faiblesse
Publié le 10 juin 2026

Le tiers des jeunes hommes voient leurs enjeux de santé mentale comme une faiblesse

Le tiers des jeunes hommes considèrent que leurs problèmes de santé mentale sont un signe de faiblesse, révèle un rapport de GreenShield et de Recherche en santé mentale Canada (RSMC), publié mercredi. On apprend aussi que près de la moitié des jeunes hommes qui ont demandé de l'aide ont mis fin à leur suivi plus tôt que prévu. Les ...