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Selon une analyse de la firme Aviseo

Banques alimentaires: l’achalandage pourrait bondir de 26 % en trois ans

Banques alimentaires: l’achalandage pourrait bondir de 26 % en trois ans
Photo: La Presse Canadienne, 2026
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L’achalandage des banques alimentaires ne cesse de fracasser de nouveaux records annuels depuis la pandémie. La situation risque de s’aggraver au cours des prochaines années, selon une analyse de la firme Aviseo.

Le nombre de demandes d’aide pourrait grimper de 25,8 % en trois ans, selon les estimations de la firme qui a fait cette projection à la demande des Banques alimentaires du Québec (BAQ).

En 2025, le réseau a répondu à 3,1 millions de demandes d’aide alimentaire. Ce chiffre devrait bondir à 3,9 millions en 2028.

Les prévisions sont préoccupantes, estime le directeur général des BAQ, Martin Munger, en entrevue.

Le réseau doit déjà composer avec «une pression énorme», tandis que le nombre de demandes a augmenté de 61 % depuis 2019. «Il y a des organismes dans le réseau qui sont sur le bord de craquer», prévient M. Munger.

Le pouvoir d’achat des ménages moins nantis a diminué, notamment en raison de l’inflation alimentaire et de la hausse du coût des logements.

«Je pense que la crise du logement ne sera pas résorbée dans un an ou deux, prédit le dirigeant communautaire. Elle va être encore très présente.»

La hausse des prix des voitures d’occasion pèse aussi sur le portefeuille des ménages qui n’ont pas accès au transport en commun. «En région, même si on est une personne à faible revenu, ça prend une auto pareil», rappelle M. Munger.

Auparavant, les banques alimentaires procuraient davantage un soutien temporaire à des personnes qui vivaient une situation difficile, comme une perte d’emploi. Les banques alimentaires accueillent de plus en plus de travailleurs, dont le salaire n’est pas suffisant pour combler les besoins de base, constate M. Munger.

«Il y a de plus en plus de gens qui n'ont pas suffisamment d'argent pour se nourrir eux-mêmes», déplore-t-il.

Il souligne qu'un Québécois sur cinq se trouve dans une situation d’insécurité alimentaire. «La question que je me pose, c'est: « À quel moment la société québécoise va-t-elle juger que cette proportion est trop grande?»

Les prévisions d’Aviseo démontrent que les banques alimentaires auront besoin de soutien pour répondre à la demande, plaide-t-il.

Dans le cadre des consultations prébudgétaires, BAQ demande au gouvernement d’obtenir des fonds pour acheter des denrées. L’organisme souhaiterait le renouvellement des subventions dans les infrastructures des banques alimentaires en 2027 et que le soutien soit élargi aux organismes locaux.

«Les organismes locaux ont souvent des installations qui ne sont pas adéquates pour répondre à un tel niveau de demande, explique-t-il. Nous, on peut envoyer des denrées, mais ils ne peuvent pas nécessairement les stocker.»

Stéphane Rolland, La Presse Canadienne

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