Décès d'un jeune de 16 ans
Vaste mobilisation pour interdire la vente de boissons énergisantes aux mineurs
Par La Presse Canadienne
Une vingtaine d'organisations scolaires, publiques et privées, se mobilisent derrière les parents de Zachary Miron afin de faire interdire la vente de boissons énergisantes aux jeunes de moins de 16 ans.
Zachary Miron est décédé en 2024 à l'âge de 15 ans alors qu'il était en ski à Morin-Heights avec sa classe. Le mélange entre le Red Bull qu'il avait bu et son médicament pour le TDAH a causé une arythmie qui a entraîné sa mort subite.
Depuis, ses parents mènent un combat pour faire interdire la vente de ces boissons aux moins de 18 ans, sinon aux moins de 16 ans. Leur pétition a déjà récolté plus de 20 000 signatures sur le site de l'Assemblée nationale.
«On veut que les jeunes soient mieux informés, mieux encadrés quant aux risques de ces produits, et que les adultes autour d'eux aient les outils pour intervenir», a déclaré par voie de communiqué jeudi le père de Zachary, David Miron.
«Si cette initiative peut éviter ne serait-ce qu'un seul autre drame, alors elle doit aller beaucoup plus loin que nous», a-t-il ajouté.
La Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP) répond présente: elle dit avoir fédéré le monde de l'éducation (directions d'écoles, centres de services scolaires, parents, syndicats, etc.) autour de cette demande.
«Ce qui est particulièrement fort dans cette démarche, c'est qu’elle ne vient pas d'une organisation, (...) mais du terrain, d'une famille et d’écoles qui ont décidé d'agir», a souligné Stéphane Mayer, président du conseil d'administration de la FEEP.
«On voit au quotidien les réalités vécues par les jeunes. Cette initiative est née d'un besoin réel (...) et d'une responsabilité qu'on ressent profondément», a acquiescé Jasun Taparauskas, directeur général de l'Externat Sacré-Cœur.
Dans le réseau public, la Fédération des centres de services scolaires du Québec (FCSSQ) soutient également qu'«il est possible de travailler ensemble» afin d'assurer la «sécurité, le bien-être et la réussite» des élèves.
Déjà, les parents de l'adolescent étaient épaulés dans leur combat par le député de Québec solidaire Guillaume Cliche-Rivard. Ensemble, le 1er avril dernier, ils ont eu une rencontre avec la ministre de la Santé et des Services sociaux, Sonia Bélanger.
«On sort quand même très encouragés de la rencontre avec la ministre, qui a démontré une prise au sérieux du dossier, et une ouverture claire à étudier la possibilité qu'on aille de l'avant», avait alors affirmé l'élu solidaire.
«Ça a été productif, (...) mais là, on s'attend à des actions», avait pour sa part déclaré Veronica Martinez, la mère de Zachary.
Hyper dangereux, prévient Milliard
Jeudi, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) et pharmacien de profession, Charles Milliard, a fait savoir que les boissons énergisantes l'inquiétaient depuis «des années». Il serait favorable à des «restrictions» pour les mineurs.
«Trop de boissons énergisantes avec des médicaments contre le TDAH, c'est hyper dangereux, a-t-il déclaré en point de presse à l'Assemblée nationale. Tous les professionnels de la santé vont vous le dire.»
«C'est une discussion que je vais avoir au caucus rapidement, mais le caucus sait très bien que je serais favorable à ce qu'il y ait une restriction sur la vente de ces produits-là aux moins de 16 ans, parce que les effets sont méconnus», a-t-il ajouté.
De son côté, le chef conservateur Éric Duhaime demeure sceptique. «On demande à être convaincus sur cet enjeu-là, très honnêtement», a-t-il répondu aux journalistes qui le questionnaient à ce sujet, jeudi.
«Est-ce que l'interdiction ou la surtaxation sont des solutions?» a-t-il demandé, ajoutant que, selon lui, «les études sont mitigées quant à l'impact réel que ça peut avoir sur les jeunes».
Caroline Plante, La Presse Canadienne
