Le moins qu’on puisse dire, c’est que Terry Gehl est né sous une bonne étoile et possède des capacités physiques incroyables.
Malgré une blessure à une jambe et au genou, causée par un accident de voiture survenu en décembre dernier, le coureur de Saint-Charles-sur-Richelieu a remporté le marathon de Toronto, le 5 mai. Il a terminé premier, toutes catégories confondues, avec un temps de 2 h 37.
Cette victoire est le résultat de beaucoup d'efforts, compte tenu d'un ligament étiré et d'un quadriceps partiellement déchiré. La blessure avait d'ailleurs forcé l’athlète à consacrer une journée au repos entre chaque séance d’entraînement.
Depuis trois ou quatre semaines, la douleur avait diminué, ce qui lui a permis de participer à des compétitions de 10 et de 15 kilomètres. À la fin mars, il a pu prendre part au 30 kilomètres Around the Bay, à Hamilton, où il a terminé premier de sa catégorie.
La douleur excessive l’a cependant poussé à décider d’annuler sa participation au marathon de Toronto. Mais en diminuant son temps d’entraînement, il a permis à son genou de s’améliorer, lui permettant ainsi de tenter le coup au Championnat canadien du demi-marathon, à Montréal, le 28 avril.
Sa troisième place à cette course de 21,1 kilomètres, mais surtout le fait de ne pas avoir ressentir de douleur, l'a amené à confirmer, à la dernière minute, sa présence au marathon de Toronto, avec le résultat que l'on sait.
« J’ai déjà fait ce marathon, explique Terry Gehl. J’étais arrivé quatrième, il y a quatre ans, et troisième il y a deux ans. L’année dernière, alors que j’étais au meilleur de ma forme, je n’ai pas pu y participer parce que je m’étais blessé deux semaines avant. ».
Une surprise
L'athlète s'est dit agréablement surpris d’avoir remporté cette compétition, puisque sa préparation était loin d’être adéquate. Celui qui a l’habitude d’effectuer huit entraînements par semaine et une course de 32 à 35 kilomètres tous les week-ends, avant un marathon, a cette fois dû laisser tomber les longues courses. Il s'est contenté de trois entraînements et demi par semaine.
Selon lui, c'est son métier de chiropraticien qui l’aide à bien performer. Son emploi lui permet de bien comprendre la mécanique du corps, dit-il. Mais il avoue qu'il croyait décrocher la troisième ou la quatrième place plutôt que la première à Toronto.
« J’ai bien commencé la course. J’avais peur à cause de ma blessure, donc j’ai commencé un peu plus lentement et j’ai laissé les élites partir en avant. À 10 kilomètres, elles ont ralenti et je les ai dépassées. Rendu à 15 kilomètres, quand j’ai tourné le coin, j’ai vu qu’ils n’étaient plus là et c’est là que je me suis dit que j’avais peut-être une chance de gagner », explique Terry Gehl, qui est ensuite demeuré premier jusqu’à la fin des 42,2 kilomètres.
Bien que son meilleur temps soit de 2 h 28 au marathon de Mississauga, en 2009, il considère que sa plus grande victoire est celle du 5 mai. Question de bien se remettre sur pied, il se contentera de participer à des compétitions d’une dizaine de kilomètres durant les prochaines semaines. Et sera au marathon d’Ottawa, le 26 mai…