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Un sport national malmené

Comment redorer le blason du hockey mineur? 

durée 15h00
20 novembre 2021
Benjamin Richer
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par Benjamin Richer, Journaliste

Les ligues et les associations de hockey mineur sont dans une impasse, devant un manque criant de bénévoles, des installations souvent insuffisantes et un climat malsain, faisant parfois décrocher des joueurs et des joueuses ou des membres du personnel.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a entendu le cri du cœur de certaines associations de hockey mineur et a annoncé ce jeudi la création du comité québécois du développement du hockey. 

Composé d’une quinzaine d’experts, le comité se penchera sur plusieurs aspects, dont l’accessibilité au sport, les infrastructures, la rétention et la formation des entraîneurs. 

Erick Faubert, président de la Ligue 30 Ouest et de l’Association régionale de hockey mineur de Huntingdon, voit cette annonce d’un bon œil, mais reste à voir quels seront les changements qui seront apportés. « J’espère juste que la réflexion ne sera pas juste sur comment attirer plus de joueurs dans la Ligue nationale de hockey », indique-t-il. 

Les associations de la région permettent à 213 équipes, soit environ 2500 joueurs et joueuses de pratiquer le hockey. Ce nombre exclut les jeunes du programme de méthode d’apprentissage du hockey sur glace (MAHG) qui regroupe près de 400 jeunes de 4 à 6 ans répartis dans les associations de la Ligue 30 Ouest.

Ajouter des joueurs n’est pas nécessairement la solution pour M. Faubert. Selon lui, il faut davantage travailler à améliorer l’encadrement de ce sport. 

Un manque de relève

Si des associations ont exprimé un manque de relève pour ce qui est des joueurs, notamment pour les niveaux plus élevés, pour Erick Faubert, c’est surtout dans le personnel des arénas et des équipes qu’il y a un besoin énorme de ressources humaines. 

M. Faubert estime que plus de 500 bénévoles et gérants d’équipes contribuent au sport dans la Ligue 30 Ouest. « À ce nombre s'ajoutent les bénévoles qui s'occupent de la coordination des horaires de glaces, de l'horaire des arbitres et marqueurs, et qui voient aux différentes exigences administratives », spécifie-t-il. 

Des parents doivent parfois entraîner plus d’une équipe pour s’assurer que leur jeune puisse jouer au hockey. « C’est demandant en termes de temps quand tu as un travail de 40 heures par semaine à côté », ajoute M. Faubert.

Les conditions de travail des arbitres sont aussi à améliorer à son avis. Plusieurs ont quitté le métier durant la pandémie « Des jobs [stables et bien rémunérés], ils peuvent en avoir comme ils veulent. Dans le contexte actuel de pénurie de main-d'œuvre, ça n’aide pas au recrutement », précise-t-il. 

Toutefois, selon lui, la principale problématique, c’est l'attitude de certains parents, dont la passion dépasse parfois les limites. « Souvent, ce sont de jeunes arbitres, entre 14 et 18 ans, et ils se font rentrer dedans par des adultes », raconte-t-il. 

M. Faubert a vu des parents aller jusqu’à des menaces verbales et même physiques envers des arbitres, qui ont pu rester marqués par ces mauvaises expériences. 

Ce dernier prévoit lancer en décembre et en janvier une campagne de sensibilisation dans les arénas de la ligue « afin de rappeler aux spectateurs que les jeunes joueurs sont sur la glace pour s'amuser et que les arbitres font un travail difficile et indispensable pour permettre la tenue de la partie ».

Rendre le sport accessible

Jouer au hockey coûte cher, surtout pour les élites. Cela peut représenter près de 8000 dollars par année, sans compter l’équipement et les autres frais. C'est d'ailleurs un point que M. Legault a nommé en conférence de presse jeudi.

Les jeunes font aussi face à une énorme pression de performance s’ils veulent se rendre au hockey majeur et un jour percer la Ligue nationale, ce qui peut en restreindre certains à poursuivre dans le sport.

« C’est très demandant. Tu n’arrives pas là par enchantement, ça demande de l'effort, et à partir de 14-15 ans », explique Erick Faubert. 

Le repêchage commence dès l’âge de 18 ans. Les jeunes doivent donc arriver à leur meilleur à cet âge pour avoir une chance d’être pris. « Je pense que le système pèse trop sur les jeunes », indique M. Faubert. 

L’accès à des infrastructures adéquates fait finalement partie des aspects à améliorer. Certains secteurs comme l’île Perrot sont privés de glace et les équipes doivent aller soit à Vaudreuil-Dorion, qui est déjà au maximum de sa capacité, ou au collège John-Abbott. « C’est sûr que le besoin est là », croit Erick Faubert. 

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