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Rencontre avec les dirigeants de la LNH

Les partisans des Nordiques demeurent sceptiques face aux démarches du gouvernement

durée 12h00
5 janvier 2022
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne

Le gouvernement du Québec doit officiellement rencontrer la Ligue nationale de hockey, en janvier, mais on se demande bien quelle influence il peut avoir sur la volonté de la LNH et des propriétaires de concessions à accueillir le retour des Nordiques dans la Vieille Capitale.

Une chose est certaine, les partisans nostalgiques du fleurdelisé ne retiennent pas leur souffle, eux qui ont déjà connu leur lot de déceptions. Plusieurs d’entre eux se demandent d’ailleurs si toute l’affaire n’est qu’une opération de relations publiques en vue des élections provinciales qui auront lieu cette année.

Le premier ministre François Legault a lui−même mis en marche la machine à rêveries en novembre en affirmant son intérêt envers le retour éventuel du hockey professionnel à Québec et en accordant un mandat spécifique au ministre des Finances Eric Girard de piloter le dossier.

« Si Ottawa et Winnipeg sont capables d’avoir une équipe, on devrait être capable d’en avoir une à Québec », avait alors déclaré M. Legault en disant être à la recherche d’investisseurs prêts à rassembler un milliard de dollars pour faire l’acquisition d’une franchise.

Les Nordiques ont quitté Québec après la saison 1994−1995 pour devenir l’Avalanche du Colorado et remporter la coupe Stanley à leur première saison à Denver.

Les partisans des Nordiques étaient optimistes au sujet de la possibilité de retrouver leur équipe dans la LNH, il y a une décennie. Mais de l’avis du chroniqueur et animateur de radio à Québec Vince Cauchon, qui avait cofondé le mouvement nordique Nation, la nouvelle démarche semble avoir été accueillie plutôt froidement.

« On cherchait le feu derrière la fumée, mais c’est un rare cas de fumée sans feu », a−t−il résumé lors d’un récent entretien. Selon lui, si le gouvernement cherchait à faire un coup d’éclat politique pour rallier des électeurs, il a plutôt donné un coup d’épée dans l’eau. La réaction a été au mieux négligeable et au pire négative, estime l’animateur.

Le commissaire de la LNH, Gary Bettman, a confirmé qu’une réunion est prévue à son agenda en janvier avec « quelqu’un de haut placé » au Québec, mais a feint de ne pas connaître le contenu de l’ordre du jour et a tôt fait de réduire les attentes. Il a tout simplement rappelé qu’aucune équipe ne cherchait à déménager et qu’il n’y avait aucun projet d’expansion dans les cartons du circuit.

Une porte−parole du ministre des Finances, Eric Girard, qui sera l’émissaire de Québec à cette réunion, a refusé de commenter en soulignant seulement que son patron travaille sur ce dossier depuis l’été dernier.

Il y a environ une décennie, la possibilité d’un retour de la LNH à Québec faisait saliver les partisans alors que plusieurs concessions américaines vivaient des difficultés. Des nostalgiques bien identifiés aux couleurs des Nordiques se déplaçaient en grand nombre dans les arénas d’équipes américaines pour faire entendre leur message. Ils se sont même mobilisés pour un grand rassemblement sur les plaines d’Abraham en octobre 2010.

Mais selon Vincent Cauchon, les espoirs d’expansion se sont dégonflés. La LNH a accueilli une équipe à Las Vegas en 2016, mais a rejeté la candidature de Québec. L’idée n’a d’ailleurs même pas été évoquée quand la ligue a officialisé l’octroi d’une autre nouvelle concession à un groupe de Seattle en 2018.

En ce qui concerne les déménagements, les rumeurs entourant le départ des Hurricanes en Caroline du Nord et des Coyotes en Arizona ne se sont jamais concrétisées.

« Le cœur brisé », Vince Cauchon est d’avis que les amoureux du hockey dans sa ville vont croire au retour de la LNH quand ils vont voir leur équipe sur la glace et pas avant.

Quant à l’ancien ailier gauche des Nordiques, Alain Côté, il se réjouit de voir le gouvernement Legault tenter de faire bouger les choses, mais il entretient de sérieux doutes que la LNH ouvre grand les bras à Québec.

Le hockeyeur à la retraite, qui possède aujourd’hui des commerces de pièces d’auto, mentionne que Québec dispose d’un amphithéâtre moderne avec le Centre Vidéotron et que bien des choses ont changé depuis le départ des Nordiques.

D’après Alain Côté, le nouvel aréna, le plafond salarial et la mobilisation de partisans loyaux sont tous des facteurs qui jouent en faveur de la candidature de Québec.

Il croit toutefois que la LNH ne s’intéresse pas au marché de la Vieille Capitale, considéré désormais comme faisant partie du marché des Canadiens de Montréal.

On ne sait d’ailleurs pas qui pourrait mener un groupe d’investisseurs aux poches profondes pour acheter une concession et gagner l’appui des 32 autres groupes de propriétaires de la ligue. La plus récente démarche infructueuse avait été menée par Quebecor, dont la branche Videotron est gestionnaire de l’amphithéâtre du même nom.

Un spécialiste de l’économie du sport de l’Université Concordia, Moshe Lander, fait remarquer que les milliardaires sont peu nombreux au Québec. Seattle et Las Vegas ont payé des frais d’expansion de plus de 600 millions $ US en plus d’investir dans de nouveaux arénas à un milliard de dollars. L’autre enjeu à considérer, d’après cet expert, c’est la viabilité à long terme.

« C’est le genre de chose qui intéresse la LNH. Si vous voulez un jouet, vous voulez vous assurer que ce qui permet à une concession de croître, c’est que la prochaine personne en file va vouloir payer plus cher que la précédente », analyse−t−il.

« Ce n’est pas qu’un problème actuel, c’est un problème perpétuel », ajoute M. Lander.

Un autre partisan nostalgique des Nordiques, François Émond, qui gère un magasin de meubles à Alma, se dit de tout cœur avec la démarche du gouvernement Legault.

De son point de vue, le gouvernement fait la bonne chose en démontrant du leadership sans s’engager financièrement dans l’aventure. M. Émond se souvient des autobus qui partaient régulièrement du Saguenay−Lac−Saint−Jean pour se rendre au vieux Colisée de Québec.

Il comprend les nombreux partisans échaudés au fil du temps, mais continue de croire que le simple fait d’en parler reste un signe positif.

Sidhartha Banerjee, La Presse Canadienne

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