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Cancer de la prostate: l'hormonothérapie n'est pas nécessairement obligatoire

durée 09h06
4 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
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2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Les hommes qui ont été opérés pour un cancer de la prostate n'ont pas ensuite nécessairement besoin d'une hormonothérapie pour bloquer la production de testostérone, conclut une nouvelle méta-analyse américaine.

Cela pourrait donc éviter à certains hommes les effets secondaires indésirables (et très déplaisants) de l'hormonothérapie, notamment une fatigue intense, des bouffées de chaleur, une dysfonction sexuelle, une prise de poids, une perte osseuse et un risque accru de maladies cardiaques.

«Il ne faut pas conclure que l'hormonothérapie est inutile, a commenté le docteur Fred Saad, un spécialiste du cancer de la prostate au Centre hospitalier de l'Université de Montréal. Ce que l'étude dit, c'est que si on fait les choses correctement, c'est vrai qu'on peut éviter (à certains patients) les risques et les inconvénients d'une hormonothérapie, et donner la radiothérapie seule.»

Les hommes qui ont été opérés pour un cancer de la prostate sont par la suite typiquement soumis à une radiothérapie et à une hormonothérapie pour réduire le risque de récidive de la maladie.

Il semblerait toutefois que l'hormonothérapie ne contribue pas à leur survie dans plusieurs cas, et que la radiothérapie seule suffise.

Les chercheurs américains ont constaté, après avoir combiné les résultats de six essais cliniques regroupant quelque 6000 hommes, qu'environ 84 % des patients étaient toujours vivants après leur chirurgie, qu'ils aient reçu ou non une hormonothérapie.

L'hormonothérapie semblait toutefois augmenter légèrement la survie des hommes chez qui on détectait des niveaux élevés d'antigène spécifique de la prostate (PSA), ce qui indique que le traitement pourrait être approprié dans leur cas.

«Le cas par cas est très important, a souligné le docteur Saad. Je ne voudrais pas que les patients pensent que tout le monde va éviter l'hormonothérapie. En général, ce n'est probablement pas nécessaire. Mais il y a des patients qui vont nous inquiéter et pour qui on va devoir en faire plus que moins.»

La radiothérapie seule comporte aussi des risques, a-t-il rappelé, mais pas autant que la radiothérapie et l'hormonothérapie ensemble. Il y aura donc des situations où on pourra se permettre de patienter un peu avant de décider, a dit le docteur Saad.

Le meilleur traitement, a-t-il ajouté, «est toujours de donner le maximum, mais qu'est-ce qui est le maximum, pour le patient?»

«Si le meilleur c'est de mettre toutes les chances que le cancer soit éradiqué, ça c'est une affaire, mais à quel prix ?, a conclu le docteur Saad. Si on expose (le patient) à des toxicités qui ne sont pas nécessaires, c'est peut-être le meilleur pour le cancer, mais pas nécessairement le meilleur pour le patient. Et c'est ça notre défi, c'est d'essayer de personnaliser le traitement.»

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le réputé journal médical The Lancet.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne