Carte électorale: Ruba Ghazal trouve incompréhensible le blocage de Youri Chassin

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — La cheffe parlementaire de Québec solidaire, Ruba Ghazal, cache mal son irritation face au député indépendant de Saint-Jérôme, Youri Chassin, qui demeure le seul obstacle à l’adoption rapide d’une loi pour rajuster la carte électorale avant le 15 juillet.
«Il y a une unanimité à l'Assemblée nationale pour faire ces changements. Puis à l'Assemblée nationale, quand il y a une unanimité, on peut aller de l'avant. Malheureusement, M. Chassin, pour des raisons que je ne m'explique pas, a décidé (d'empêcher) cette unanimité. Je trouve ça très très dommage», a-t-elle déclaré mardi, à Montréal, après avoir participé à un déjeuner-causerie.
Perte de poids politique en Gaspésie
Le dépôt de la nouvelle carte électorale a provoqué une onde de colère parce qu’elle créait deux nouvelles circonscriptions, une dans les Laurentides et l’autre dans le Centre-du-Québec, pour refléter la croissance de la population dans ces régions.
Cependant, la contrepartie de cette révision se traduisait par l’élimination d’une circonscription sur l’Île de Montréal et, surtout, d’une autre en Gaspésie, où la Commission de la représentation électorale (CRE) avait fusionné deux circonscriptions, au grand dam de la région qui voyait ainsi son poids politique s’effilocher. La CRE est un organisme indépendant présidé par le Directeur général des élections.
Loi inconstitutionnelle
L’Assemblée nationale avait alors unanimement adopté une loi qui suspendait la révision et maintenait la carte électorale intacte en attendant d’y revenir après l’élection. Cette loi a cependant été contestée jusqu’en Cour suprême, qui l’a tout récemment déclarée inconstitutionnelle.
Les députés des quatre partis se sont alors entendus pour ajouter les deux circonscriptions proposées par la CRE et de remanier la carte qui compterait désormais 127 circonscriptions plutôt que les 125 actuelles. Youri Chassin, un ancien caquiste qui siège comme indépendant, s’est cependant opposé, affirmant qu’il s’agissait là d’un geste anti-démocratique de l’Assemblée nationale qui venait ainsi s’approprier un pouvoir qui ne relève pas d’elle, mais bien de la CRE.
Ruba Ghazal en a profité pour reprocher au gouvernement Legault son immobilisme face au mode de scrutin. «Ce que ça prend, c'est une vraie réforme du mode de scrutin. On était à la veille d'en avoir une jusqu'à ce que François Legault tire la ‘plogue’. On est en train de payer le prix de ce que le gouvernement de la CAQ n'a pas voulu faire. Puis là, il est minuit et quart, même pas moins une. Et on se retrouve dans cette situation-là. C'est vraiment dommage, par exemple, pour les citoyens de la Gaspésie, les citoyens de Montréal, qu'ils vont faire les frais de cette non-décision-là.»
Un contre-la-montre
«En ce moment, on ne lâche pas jusqu'à la fin. On ne sait pas ce qui peut arriver. On ne dit pas que tout est terminé, que les jeux sont faits. Mais c'était vraiment, vraiment dommage que M. Youri (Chassin) agisse de cette façon-là. C'est incompréhensible pour moi.»
Il faut l’unanimité pour une adoption rapide et s'il n’est pas impossible que l’on procède à une adoption à la régulière d’ici la fin de la session, le temps presse. La session parlementaire prend fin le 12 juin et le DGE doit présenter une carte électorale au plus tard le 15 juillet. S’il n’y a pas d’entente, «ça veut dire qu'on va être 125 et on va perdre deux comtés. Ça n’a pas de bon sens. C'est ce que j'en comprends. Il y a beaucoup de si. Est-ce que l'on peut appeler le Parlement après, juste pour ça? C'est à voir. Il faut qu'on en discute.»
Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne