Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Crise dans le transport public: l'UMQ presse le prochain gouvernement d'agir

durée 14h23
29 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Les sociétés de transport collectif au Québec soutiennent qu'elles auront besoin de 20 milliards $ d'ici 2035 simplement pour le maintien d’actifs et l’Union des municipalités du Québec (UMQ) demande au prochain gouvernement provincial de mettre fin au sous-financement du transport en commun.

Investir dans le transport collectif, «c’est investir dans la qualité de vie de la population», a fait valoir Maude Marquis-Bissonnette, présidente du Caucus des grandes villes de l'UMQ et mairesse de Gatineau, vendredi à Montréal.

La population a besoin de «déplacements plus simples, plus rapides et plus accessibles» et «investir dans la mobilité durable, c'est agir concrètement sur le coût de la vie et redonner du pouvoir d'achat à tout le monde», a ajouté Mme Marquis-Bissonnette, qui était accompagnée de plusieurs maires et mairesses de grandes villes du Québec.

Il faudrait investir 20 milliards $ d’ici 2035 simplement pour le maintien des infrastructures en transport collectif au Québec, selon l'Association du transport urbain du Québec (ATUQ).

«Les villes nous amènent de nouveaux revenus, on fait tous les efforts qu'on peut, et, malgré tout, c'est 550 millions de dollars en manque à gagner pour assurer la continuité des activités pour l'exploitation sur l'horizon 2028», a précisé Edmond Leclerc, président du conseil d'administration de l’ATUQ, qui accompagnait les élus municipaux lors d’un point de presse.

Réduire la bureaucratie et la microgestion

L’UMQ demande «un financement stable, prévisible et durable», mais aussi une réduction de la bureaucratie, de la microgestion de la part de Québec et des délais administratifs.

«On croit que le gouvernement du Québec est capable de faire un effort dans l'efficacité, qu’il est capable d'optimiser la façon dont il traite les investissements actuels», a indiqué Maude Marquis-Bissonnette, en donnant plusieurs exemples de gaspillage de fonds publics.

«À Québec, le garage Newton devait servir à ravitailler les autobus électriques. Il était en construction. C'est un projet de 647 millions de dollars qui devait servir à 180 autobus électriques à partir de 2027. Le gouvernement du Québec a retiré son financement pendant le chantier, ce qui a obligé la RTC à mettre fin aux travaux, et c'est 94 millions de $ d'argent public qui ont été dépensés. Présentement, il y a une bâche sur le chantier», a dénoncé la mairesse de Gatineau.

Le maire de Laval, Stéphane Boyer, a pour sa part critiqué ce qu’il appelle du «stop and go» de la part du gouvernement.

«En 2021, le gouvernement du Québec avait accordé 2,2 millions $ en subvention pour faire une étude pour mettre un bus à haut niveau de service avec des voies réservées sur le boulevard Concorde», mais l’année suivante, «Québec a arrêté le projet» alors que «les études étaient faites à 90 %».

Laval a donc «perdu 65 millions de dollars en subvention de la part du fédéral» et «on a gaspillé 2 millions $ en études incomplètes», a dénoncé Stéphane Boyer.

Les problèmes liés au sous-financement du transport collectif menacent les opérations dans plusieurs villes, selon Maude Marquis-Bissonnette.

Par exemple, à Montréal, «il y a plusieurs stations de métro, tunnels et équipements qui datent des années 60 et 70. Aujourd'hui, environ la moitié des stations sont considérées en mauvais état ou même en très mauvais état».

À Sherbrooke, «la Ville et la société de transport sont en attente d'une autorisation pour une subvention depuis juillet 2024 pour un changement de pont élévateur qui est absolument critique pour les opérations. C'est le matériel qui lève les autobus, qui permet de les réparer. Ça menace donc les opérations.»

De l'argent qui dort

Les provinces peuvent se partager une enveloppe de 25 milliards $ du gouvernement fédéral pour financer des projets de transport collectif, mais, contrairement aux autres provinces, Québec ne réussit pas à conclure une entente avec Ottawa sur la façon d’investir la majorité de l’argent.

«Il y a des négociations entre le fédéral et le provincial, mais effectivement, en attendant, c'est de l'argent qui est dépensé dans les autres provinces canadiennes qui n'est pas dépensé chez nous. Alors que les besoins sont grands, on le voit partout au Québec», a commenté Maude Marquis-Bissonnette.

« Le plus qu'on attend, le plus que ça coûte cher» aux «villes et aux usagés», a pour sa part dénoncé la mairesse de Montréal.

«C’est inacceptable et on espère que cette entente va être signée… hier», a ajouté Soraya Martinez Ferranda.

Au même moment où les maires effectuaient cette sortie vendredi avant-midi, l’Association du transport urbain du Québec (ATUQ) publiait un sondage qui montre que 77 % des Québécois sont d’avis que le transport collectif peut les aider à mieux faire face à l’inflation.

Dans un communiqué qui accompagne le sondage, l’ATUQ fait valoir que «la congestion routière aggrave d'autant plus la situation en faisant perdre du temps et augmenter les prix à la consommation».

La façon de se déplacer a donc un «impact direct» sur le pouvoir d’achat des ménages, selon l’ATUQ.

Stéphane Blais, La Presse Canadienne