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Crise de confiance: le Barreau tiendra un grand sommet durant la campagne électorale

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17 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

QUÉBEC — Alors que les données montrent que les Québécois continuent de perdre confiance en leurs institutions, le bâtonnier du Québec annonce la tenue d'un grand sommet sur l'État de droit les 8 et 9 septembre prochains.

Ce sommet — le premier sur ce thème au Québec — se tiendra au Palais des congrès de Montréal, au beau milieu de la campagne électorale provinciale. «C'est voulu», indique en entrevue Me Marcel-Olivier Nadeau.

«On veut faire parler de justice pendant la campagne électorale. C'est très bien de parler de santé, c'est excellent de parler d'éducation, mais c'est fondamental également de parler de justice», affirme-t-il.

L'événement réunira 750 personnes issues des milieux d'affaires, juridique, politique, académique et communautaire sous le thème «S'unir pour protéger notre État de droit». Il sera animé par Paul Arcand et Marie-Claude Barrette.

Les candidats aux élections seront invités le 8 septembre à débattre de solutions pour «freiner» l'érosion de la confiance envers le gouvernement, les tribunaux et les médias, ainsi qu'envers certains principes de l'État de droit, comme l'indépendance des juges.

Car les données ne sont pas réjouissantes: selon un sondage Léger réalisé pour le Barreau, 43 % des Québécois estiment que leur confiance envers les institutions publiques a diminué au cours des dernières années.

- 66 % craignent une influence politique sur les décisions judiciaires;

- 45 % ne font pas confiance au gouvernement du Québec;

- 67 % expriment de la méfiance envers les partis politiques;

- 33 % ne font pas confiance aux médias traditionnels, un chiffre en constante augmentation.

«Des signaux qu'on ne peut ignorer»

«Les données nous obligent à nous arrêter, souligne le bâtonnier dans un communiqué. Lorsque la confiance envers les institutions s'effrite, c'est l'équilibre même de notre démocratie qui est en jeu.»

Pour lui, ce sommet marque «le point de départ d'une démarche collective pour mieux comprendre ces enjeux, mais surtout, pour identifier et mettre en œuvre des actions concrètes».

En entrevue, il explique aussi avoir deux objectifs «spécifiques»: cocréer avec les participants une déclaration sur l'État de droit et lancer un indice permettant de mesurer la santé réelle de l'État de droit au Québec en se comparant à d'autres juridictions.

Me Nadeau dit voir d'un mauvais œil la montée du populisme aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Il s'inquiète également de la désinformation rampante sur les réseaux sociaux.

Selon lui, le «tissu social» et la «tolérance» se sont en outre «désagrégés» au Québec. Il cite en exemple la discrimination dans les écoles secondaires, «particulièrement eut égard à l'homophobie».

«Ce ne sont pas des choses qui sont rassurantes», déplore-t-il, en invitant «l'ensemble des acteurs», dont les politiciens, à faire «leur examen de conscience».

«L'État de droit, les institutions, c'est fragile. Chaque geste peut rapidement mener à des glissements, à des affaiblissements», a-t-il prévenu.

Le défi dans les mois à venir sera par ailleurs de vulgariser la situation pour les citoyens. L'État de droit peut sembler un concept «difficile», «rébarbatif», mais il se vit au quotidien, rappelle le bâtonnier.

«C'est l'État de droit qui permet de s'exprimer librement, qui fait qu'une femme peut se faire avorter en toute sécurité», illustre-t-il.

Caroline Plante, La Presse Canadienne