En C.-B., les travailleurs migrants voient les feux mettre leur avenir en péril
Les travailleurs migrants, qui jouent un rôle essentiel dans les vergers, les exploitations agricoles et les ranchs de la Colombie-Britannique, se retrouvent face à un avenir incertain après qu'un feu de forêt a ravagé la région de l'Okanagan, près de Summerland, les contraignant à évacuer sans savoir quand ils pourront rentrer chez eux.
Raul Gatica, membre de l'association de défense des droits Dignidad Migrante Society, raconte que son téléphone a commencé à sonner vers deux heures du matin samedi dernier, alors que l'incendie de Bald Range se propageait et que des ordres d'évacuation étaient donnés.
À la fin de la journée, il estime avoir parlé à une cinquantaine de travailleurs qui ont été contraints de partir, mais qui sont désormais confrontés à de nouveaux problèmes, car ils restent plusieurs jours sans salaire et les ordres d’évacuation se prolongent.
Il explique que les travailleurs étrangers temporaires sont déjà très mal payés, et que le fait de manquer ne serait-ce que quelques jours de travail, tout en devant remplacer les biens et la nourriture qu’ils ont dû laisser derrière eux, peut avoir des conséquences importantes.
M. Gatica précise que la plupart des travailleurs migrants n’auront pas accumulé les 600 heures requises à ce stade précoce de la saison pour pouvoir prétendre à l’assurance-emploi.
Il estime que le gouvernement fédéral pourrait apporter son aide en abaissant ce seuil et en réduisant le délai d’attente pour le dépôt des demandes.
Une déclaration du ministère de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté Canada indique que le gouvernement a apporté des modifications en avril afin de permettre aux résidents temporaires touchés par une catastrophe naturelle de disposer d’un délai pouvant aller jusqu’à six mois pour demander le rétablissement ou la prolongation de leur statut.
Le ministère précise que les travailleurs étrangers temporaires titulaires d’un permis de travail lié à un employeur spécifique, y compris ceux touchés par les feux de forêt, peuvent d’ores et déjà rechercher un nouvel emploi pendant leur séjour au Canada et demander un nouveau permis de travail.
Ceux qui trouvent un nouvel emploi peuvent commencer à travailler en attendant la décision concernant leur demande de permis de travail, conformément à la politique générale d’IRCC relative au changement d’employeur, ajoute la déclaration.
La Presse Canadienne

