ICM: un nouveau traitement de l'arythmie permet de soigner deux fois plus de patients

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Rare bonne nouvelle dans le secteur dans la santé au Québec, l'arrivée il y a deux ans d'une nouvelle technologie de traitement de la fibrillation auriculaire à l'Institut de cardiologie de Montréal a depuis permis de pratiquement doubler le nombre de patients qui y sont opérés chaque année.
Le nombre d'interventions est ainsi passé de 370 en 2022 à 622 l'an dernier, ce qui représente une augmentation d'un peu moins de 70 %, s'est réjoui le chef du département de médecine et de cardiologie de l'ICM, le docteur Peter Guerra.
«Je n'ai jamais vu une capacité se doubler en deux ans, a-t-il dit. Jamais.»
La fibrillation auriculaire est la forme la plus courante d'arythmie et touche environ un million de personnes seulement au Canada. Le trouble peut à lui seul augmenter de trois à cinq fois le risque d'accident vasculaire cérébral ischémique.
Le traitement chirurgical habituel consiste à aller détruire, avec de la chaleur ou du froid, la zone responsable des signaux électriques anormaux qui causent l'arythmie. Il y a toutefois toujours un risque que cette énergie thermique se propage ailleurs et endommage des tissus avoisinants.
La nouvelle technologie implantée à l'ICM il y a deux ans ― l'électroporation, ou 'pulsed field ablation' en anglais ― envoie plutôt des impulsions électriques de haute tension et de courte durée pour détruire les cellules en créant des pores microscopiques dans les membranes cellulaires, ce qui réduit énormément le risque de dommages collatéraux.
Au lieu de faire «du point par point» comme avec l'énergie thermique, a dit le docteur Guerra, «on détruit plusieurs cellules à la fois».
«Ça détruit sélectivement la fonctionnalité du tissu cardiaque, alors ça a comme avantage potentiel que ça n'endommage pas les structures adjacentes, a-t-il expliqué. C'est plus rapide et c'est potentiellement plus sécuritaire.»
Alors qu'une seule intervention pouvait jadis prendre jusqu'à huit heures, a-t-il ajouté, il est aujourd'hui possible de traiter quatre ou cinq patients par jour.
L'Institut de cardiologie a d'ailleurs inauguré à l'intérieur même de ses murs, il y aura deux ans en juin, le Centre d’arythmie Karen et Murray Dalfen «pour faciliter le trajet des patients», a dit le docteur Guerra. Ce centre dispose de deux consoles d'électroporation.
«Je suis très fier de dire que dans l'espace d'un an, avec les investissements qu'on a faits avec le centre d'arythmie, ça nous a permis de massivement transformer le nombre d'interventions qu'on peut faire, et ça, c'est un résultat très concret», a conclu le docteur Guerra.
Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne