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L'ACEUM écartée d'une «longue discussion» initiée par Trump avec Carney

durée 13h20
25 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Même si Mark Carney a eu une «longue discussion» avec le président américain Donald Trump, le premier ministre canadien a indiqué jeudi qu'il n'a pas été question de l'accord de libre-échange connu au Canada comme étant l'ACEUM.

Cela s'ajoute à d'autres signaux voulant que la Maison-Blanche n'ait que faire de la date importante du 1er juillet qui arrive à grands pas concernant cet accord dont fait aussi partie le Mexique.

«Nous n'avons pas abordé ça», a dit, sans détour, M. Carney en point de presse sur la colline parlementaire, à Ottawa.

Il a précisé que l'appel de mercredi a été initié par M. Trump et a couvert les derniers développements concernant l'Iran, la situation plus large au Moyen-Orient et les questions liées à l'OTAN dont le sommet des dirigeants approche.

L'ACEUM doit faire l’objet d’un réexamen obligatoire à compter du 1er juillet, mais les commentaires de l’administration Trump indiquent que les États-Unis comptent dépasser cette date butoir.

Néanmoins, si la révision s'enclenchait, ce serait le début d'une période de renouvellement de l'accord, avec la possibilité que l'entente n'arrive à échéance que dans 16 ans pour expirer en 2042 plutôt qu'en 2036.

C'est l'avenue que le Canada et le Mexique ont dit espérer.

Mais le président Trump a fait savoir à bien des occasions qu'il n'aime pas l'ACEUM.

Ainsi, s'il n'y a pas d'accord entre les parties pour y aller de ces discussions de renouvellement d'ici au 1er juillet, cela déclencherait plutôt un réexamen annuel renouvelable pendant une période pouvant aller jusqu’à dix ans, à l’issue de laquelle l’ACEUM expirerait s’il n’était pas renouvelé.

La grande majorité des exportations canadiennes vers les États-Unis ont jusqu’à présent été protégées des droits de douane imposés par Donald Trump, car elles sont conformes à l’ACEUM. Mais l’accord commercial n’a pas exempté l’acier, l’aluminium et les automobiles canadiens d'imposants droits de douane.

Le ministre du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, a répété à maintes reprises qu’il s’attendait à ce que des accords bilatéraux soient négociés avec les États-Unis, parallèlement à l’ACEUM.

Jeudi, M. Carney a dit avoir constaté qu'avec M. Trump «tu n'es pas près d'une entente et puis tu conclus un accord».

«Je l'ai vu dans différents cas. Ça ne veut pas dire que les ententes sont bonnes, mais ça signifie qu'il faut être prêt, qu'il faut avoir fait le travail (et) savoir ce qu'on veut», a-t-il poursuivi.

Le premier ministre a plaidé que le Canada aurait pu conclure une «mauvaise entente» aussitôt qu'«il y a un an».

«Nous n'allons pas signer un mauvais accord. Alors ça doit en être un qui soit réel», a-t-il tranché.

- Avec la collaboration de Michel Saba

Émilie Bergeron, La Presse Canadienne