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La N.-É. émet des conditions sur un potentiel soutien aux centres de données

durée 17h54
18 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

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Par La Presse Canadienne, 2026

HALIFAX — Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse affirme que son gouvernement ne cherche pas activement à mettre en place des projets de centres de données, et qu’il ne soutiendrait une telle initiative que si la province était en mesure de fournir l’intégralité de l’énergie nécessaire à un centre de données.

Les centres de données, utilisés dans le domaine de l’intelligence artificielle et d’autres secteurs de haute technologie, sont des installations gigantesques qui nécessitent d’énormes quantités d’électricité pour faire fonctionner et refroidir les serveurs informatiques.

Tim Houston a expliqué jeudi aux journalistes qu’il n’y avait actuellement aucune proposition concrète visant à implanter un centre de données en Nouvelle-Écosse et que cela ne constituait pas une priorité pour son gouvernement, mais qu’il serait disposé à en discuter lorsque les grands projets de production d’énergie de la province seraient pleinement opérationnels.

«Nous allons produire beaucoup d’énergie dans cette province lorsque Wind West sera pleinement opérationnel; grâce aux opportunités que nous offre le gaz et à l’augmentation de l’énergie éolienne terrestre, nous allons générer des quantités importantes d’énergie (…) À ce moment-là, ce débat sera plus pertinent», a-t-il dit.

L’ambitieux projet Wind West de M. Houston prévoit la construction des premiers parcs éoliens extraterritoriaux du Canada à très grande échelle. Le premier ministre a indiqué que le potentiel éolien extraterritorial de la province se situait entre 40 et 60 gigawatts, et la première phase de Wind West devrait coûter 60 milliards $ et produire cinq gigawatts d’électricité d’ici 2033.

«Nous ne nous engagerions pas dans un projet de centre de données à moins de pouvoir assurer l’approvisionnement énergétique dans son intégralité sans aucun risque pour les Néo-Écossais. Ce projet ne serait mis en œuvre que s’il pouvait être réalisé en toute sécurité et s’il profitait aux Néo-Écossais», a expliqué le premier ministre à l’issue d’une réunion du Conseil des ministres jeudi.

Des inquiétudes pour l'environnement

Les défenseurs de l’environnement ont fait part de leurs inquiétudes concernant les quantités massives d’énergie et d’eau consommées par les centres de données. Ils ont également mis en garde contre le risque de pollution chimique.

Un rapport récent de l’Université des Nations unies indique que l’empreinte environnementale des centres de données à l’échelle mondiale rivalise déjà avec celle de certains des plus grands pays du monde. Le rapport prévoit également que leur consommation d’eau et d’énergie, ainsi que la pollution qu’ils génèrent, doubleront en seulement quatre ans, à mesure que l’utilisation de l’intelligence artificielle se développera.

Au début du mois, le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, a rejeté un projet de construction d’un immense centre de données dédié à l’IA au sud-est de Winnipeg.

M. Kinew a expliqué que l’ampleur du projet, sa consommation d’énergie et son impact sur la communauté l’emportaient sur ses avantages limités. Il s’est également dit sceptique quant à la demande à long terme pour des centres de cette envergure, compte tenu des progrès réalisés dans le domaine de l’informatique.

«Cela représente une menace importante pour l’environnement et n’apporte pas grand-chose à l’économie», a-t-il dit aux journalistes à l’Assemblée législative du Manitoba le 4 juin.

La société américaine Jet. AI et Consensus Core Technologies, une entreprise de Colombie-Britannique, espérait construire un centre alimenté en grande partie par des turbines à gaz naturel près de l’Île-des-Chênes.

Dans le même temps, l’Alberta s’est lancée dans le développement de centres de données.

Le producteur d’électricité TransAlta Corp. a annoncé en février son intention d’alimenter un nouveau centre de données à l’ouest d’Edmonton.

L’accord comprend un premier contrat d’achat d’électricité à long terme portant sur environ 230 mégawatts, qui pourrait atteindre 1000 mégawatts.

Cette annonce faite après la déclaration du ministre provincial de la Technologie en 2024, selon laquelle l’Alberta espère voir se construire, au cours des cinq prochaines années, des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle pour un montant total de 100 milliards $.

En janvier, le gouvernement de la Colombie-Britannique a annoncé le lancement d’un processus de sélection concurrentiel pour des projets liés à l’intelligence artificielle et aux centres de données, dans le cadre duquel les entreprises se disputeront un volume d’électricité déterminé.

Les entreprises candidates pourraient ainsi avoir accès à un total de 400 mégawatts d’électricité sur une période de deux ans.

En Nouvelle-Écosse, les discussions sur de telles initiatives seront reportées à plus tard, a expliqué M. Houston.

«Bien sûr, les gens me disent : "Eh bien, la Nouvelle-Écosse serait un endroit idéal pour un centre de données", mais cela ne va jamais plus loin. Ce n’est pas d’actualité aujourd’hui, ni même demain», a expliqué le premier ministre.

— Avec des informations de l’Associated Press.

Lyndsay Armstrong, La Presse Canadienne