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Le taux de participation électorale des communautés autochtones n'atteint que 40%

Le taux de participation électorale des communautés autochtones n'atteint que 40%
Photo: La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Selon un nouveau rapport d'Élections Canada, plus de 40% des électeurs inscrits vivant dans des communautés autochtones ont voté lors des élections fédérales de l'année dernière.

C'est au Yukon que le taux de participation électorale a été le plus élevé dans les communautés autochtones, à 61,9 %, tandis que c'est au Québec qu'il a été le plus faible, à 21,1 %.

À l’échelle du Canada, près de 70 % des électeurs inscrits ont voté lors des élections de 2025.

Au Canada, les Autochtones ont tendance à être moins enclins que les autres à voter lors des élections fédérales — un héritage de décennies de méfiance et de tensions entre leurs communautés et Ottawa.

Avant 1960, les membres des Premières Nations devaient généralement renoncer à leur statut d’Indien pour pouvoir voter lors d’une élection.

Le souvenir de cette époque persiste, ce qui rend certains Autochtones réticents à l’idée de voter. D’autres considèrent que le fait de voter aux élections fédérales constitue une violation des traités uniques que leurs communautés ont conclus avec la Couronne.

Élections Canada affirme avoir collaboré avec les communautés pour s’assurer que ceux qui souhaitent voter peuvent le faire, tandis que les candidats autochtones lors de la dernière élection fédérale ont cherché leurs propres moyens pour stimuler la participation électorale.

Malgré ces efforts, des difficultés ont persisté lors des élections de 2025. Certains électeurs du Nunavik n’ont pas pu voter, car une pénurie de personnel chez Élections Canada a entraîné la fermeture prématurée de certains bureaux de vote.

Dans son nouveau rapport sur la participation électorale au sein des communautés autochtones, Élections Canada a identifié des circonscriptions électorales qui correspondaient étroitement aux limites des communautés autochtones. L’organisme a indiqué que cette approche pouvait aider à identifier des groupes d’électeurs autochtones, mais qu’elle risquait de ne pas prendre en compte les personnes vivant dans les centres urbains.

Élections Canada a précisé que les données ne révèlent pas l’identité des électeurs et que certaines personnes non autochtones résidant dans ces circonscriptions électorales pourraient être incluses dans ces chiffres.

Le rapport révèle que 30,2 % des électeurs de l’ensemble des communautés inuites ont voté lors des élections de 2025, contre 42,1 % des électeurs des communautés des Premières Nations et 50,9 % des électeurs des communautés métisses.

Ces données ne peuvent pas être comparées directement à celles des années précédentes, car Élections Canada a modifié sa méthodologie.

Jennifer Laewetz est directrice générale de Paskwâw Strategies, un cabinet de conseil qui accompagne les organisations autochtones dans leurs relations avec Ottawa et les entreprises privées.

Selon elle, bien que les données d’Élections Canada ne fassent pas état d’un changement majeur dans le taux de participation au sein des communautés autochtones, l’écart entre les populations autochtones et non autochtones est un sujet qu’Ottawa doit prendre au sérieux.

Elle a expliqué que l’un des principaux facteurs qui discréditent la participation électorale autochtone est le sentiment de déconnexion des électeurs vis-à-vis des processus politiques extérieurs — en partie dû à un manque d’efforts de sensibilisation de la part des députés potentiels avant et pendant les campagnes électorales.

Mme Laewetz a ajouté que les candidats potentiels devraient redoubler d’efforts pour tisser des liens avec les communautés autochtones. De son opinion, cela implique d’établir des contacts au-delà des grands événements communautaires tels que les pow-wow, qui ont tendance à attirer les politiciens non autochtones en campagne.

«Si nous ne sommes pas pris en compte par ceux qui cherchent à nous représenter, pourquoi irions-nous voter ?», a-t-elle fait remarquer.

Jennifer Laewetz a ajouté que, bien que la présence de députés autochtones à la Chambre des communes assure une représentation, «on n’a tout simplement pas l’impression qu’il y a de lien avec la base».

Alessia Passafiume, La Presse Canadienne