Les adeptes d'UFC se rassemblent pour l'anniversaire de Trump
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Par La Presse Canadienne, 2026
WASHINGTON — Vêtu d’une chemise rouge, blanche et bleue et d’une perruque d’un blanc éclatant, Enzio Colodonato s’est joint à des milliers d'adeptes enthousiastes venus assister à un événement historique: des combattants de l’UFC s’affrontant dans l’enceinte de la Maison-Blanche.
Debout sur la pelouse de l'Ellipse, un parc situé juste au sud de la Maison-Blanche, M. Colodonato a décrit ce à quoi il fallait s'attendre lors de l'UFC Freedom 250, une soirée de combat sans précédent qui célèbre également le 80e anniversaire du président américain Donald Trump.
«Ça va être bruyant. Ça va être endiablé. On va passer un bon moment», a déclaré M. Colodonato.
La fierté nationale était palpable parmi les adeptes enthousiastes qui attendaient l’événement, avec des chants d' «USA» qui se répétaient malgré la chaleur étouffante, forçant de nombreuses personnes à chercher de l’ombre et à faire la queue pour de l’eau.
Cependant, cet événement se déroule également dans un monde fracturé, où les divisions politiques sont profondes aux États-Unis et où les droits de douane et les menaces d’annexion de Donald Trump ont bouleversé la géopolitique.
Le président est également toujours empêtré dans une guerre impopulaire en Iran qu’il a contribué à déclencher et qui a entraîné une hausse des prix de l’essence et des inquiétudes concernant l’inflation.
M. Trump a annoncé dimanche qu’un accord avait été conclu avec l’Iran et qu’il avait autorisé la levée du blocus américain dans le détroit d’Ormuz.
Plusieurs manifestations contre la fête organisée par l’UFC en l’honneur du président ont été organisées dimanche à travers Washington.
Un Lavallois participe
Aiemann Zahabi est le seul Canadien à participer au combat. Le combattant originaire de Laval, au Québec, a indiqué qu’il emporterait sa fierté nationale dans ce lieu inhabituel.
Le combattant de 38 ans s’apprête à affronter l’ancien champion des poids coqs américain Sean (Suga) O’Malley devant un public pro-américain.
M. Zahabi avait auparavant apporté son soutien à Donald Trump, affirmant que c’était parce qu’il avait promis d’être un «président de la paix», mais le combattant canadien est depuis revenu sur cette position.
Il a précédemment dit à la Presse Canadienne que le fait de combattre à quelques pas du bureau Ovale ne constituait pas une prise de position politique.
«Cela ne signifie pas que je soutiens tout ce que M. Trump dit et fait, a-t-il dit. Je considère cela comme une occasion de m’exprimer et de faire entendre la culture et les valeurs canadiennes.»
M. Zahabi a indiqué avoir entendu certains Canadiens se plaindre de sa participation au milieu de la rhétorique de M. Trump sur le «51e État» et des droits de douane, mais il a affirmé qu’il s’agissait d’une opportunité énorme.
Des rings de combat, un gant géant, d’énormes pancartes «UFC Freedom 250» ainsi que des stands de restauration et d’alcool avaient été installés sur la pelouse, avec le Washington Monument en toile de fond.
Les personnes portant des chandails aux couleurs de l’UFC ou sur le thème de l’Amérique étaient bien plus nombreuses que celles arborant le visage de Donald Trump.
Interrogés sur la politique — en particulier les tensions avec le Canada —, les adeptes de l’UFC ont rapidement mis fin à la conversation. Mais ils ont volontiers évoqué la façon dont le sport rassemble les gens.
M. Colodonato, venu de Pennsylvanie pour assister aux combats, s’est dit ravi qu’un combattant canadien fasse partie de l’affiche.
«Je trouve ça génial, car je pense qu’au bout du compte, tout le monde devrait simplement s’entendre, a-t-il déclaré. C’est ce que j’aime à l’UFC: ces gars-là se lancent des piques sans arrêt toute la semaine, jusqu’à ce que la cloche retentisse. Mais à la fin du combat, ils se serrent la main et font preuve d’esprit sportif.»
Le sport a uni les peuples et les nations en période de troubles — mais cela est actuellement mis à l'épreuve, alors que les alliances mondiales traditionnelles sont remises en question par le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Malgré des tensions majeures en Amérique du Nord, la Coupe du monde de la FIFA a officiellement débuté au Canada, au Mexique et aux États-Unis la semaine dernière.
Des problèmes notables ont été signalés concernant les visas, mais des fans de soccer du monde entier ont afflué dans ces trois pays et les réseaux sociaux ont montré des Sud-Coréens accueillis chaleureusement au Mexique, des supporters écossais envahissant Boston et des Australiens explorant Vancouver avec enthousiasme.
Des supporteurs de différentes nations se trouvaient également près de la Maison-Blanche dimanche pour l’événement de l’UFC. Lors d’une séance de questions-réponses, un supporteur a reçu une salve d’applaudissements lorsqu’il a dit avoir fait le voyage depuis l’Angleterre pour assister aux combats.
Matt Fuchilla — qui portait un tee-shirt à l’effigie de Donald Trump sur lequel on pouvait lire «make my birthday great again» — avait fait le voyage depuis l’Ohio. Il était venu principalement pour rendre hommage au président, a énoncé M. Fuchilla, mais il était formidable de voir la camaraderie qui régnait parmi les participants.
«Les combats de l’UFC, ils s’en servent comme d’un divertissement mondial pour aider à rassembler les gens, non seulement dans ce pays, mais partout dans le monde», a-t-il dit.
Kelly Geraldine Malone, La Presse Canadienne