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Les projets en IA s'accélèrent dans les organismes publics du Québec

durée 09h45
22 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Le nombre d'initiatives en matière d'intelligence artificielle (IA) dans l'administration publique au Québec a connu un bond de 54 % en moins d'un an. Les réseaux de la santé et de l'enseignement supérieur comptent à eux seuls plus de la moitié des projets.

C'est ce que révèle le ministère de la Cybersécurité et du Numérique (MCN) dans son plus récent portrait de l'utilisation de l'IA par les organismes publics, diffusé récemment sur son site web.

En date de juin dernier, les initiatives en matière d'IA totalisaient 258 au sein de la fonction publique québécoise, contre 168 en octobre 2024. Un peu plus de la moitié de ces projets étaient pleinement opérationnels, tandis que 45 % d'entre eux étaient en cours de développement.

L'augmentation de l'usage de cet outil technologique dans l'administration publique «s'explique par plusieurs facteurs convergents», indique le MCN.

«Les solutions d’IA sont aujourd’hui plus accessibles et mieux adaptées aux besoins des organismes publics, qui y ont de plus en plus recours pour améliorer la qualité des services offerts à la population ou pour automatiser certaines tâches», évoque d'abord le ministère par courriel.

Il mentionne également que cette tendance s'inscrit dans les priorités du gouvernement en ce qui concerne la modernisation de l’État et la transformation numérique.

Le renforcement des balises encadrant cette technologie a aussi «contribué à accroître la confiance des organismes publics, en leur offrant un cadre clair et sécurisant pour le développement de projets», souligne le ministère.

En décembre dernier, le MCN a publié des mesures pour encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle générative par les organismes publics. Il a aussi mis à jour des principes pour une utilisation responsable de l'IA.

Avec ces balises, qui viennent notamment préciser «les attentes en matière d’évaluation des risques», les organismes publics sont «plus à l’aise d’explorer ou de déployer des solutions d’IA dans leurs opérations», soutient le ministère.

Les organismes publics sont d'ailleurs de plus en plus nombreux à recourir à l'IA. Au printemps dernier, 83 organismes avaient déclaré avoir des initiatives à ce chapitre, contre 65 huit mois auparavant. Cela représente une hausse de 30 %, qui s'explique notamment par une démocratisation de l'utilisation de l'IA, selon le MCN.

La santé en tête de liste

Environ le tiers des initiatives (81) étaient en matière de planification, de prédiction et d’aide à la décision. Il peut s'agir ici d’aider à établir un diagnostic médical ou de détecter les élèves en difficulté, illustre le MCN.

Par exemple, le ministère de l'Éducation a mis en place une solution «pour prédire les risques et les facteurs de décrochage scolaire de la 6e année du primaire au 5e secondaire».

Autre exemple, du côté du ministère de la Santé et des Services sociaux, un projet pilote de modélisation des flux de patients en centre hospitalier était en développement. Il vise notamment à diminuer la durée moyenne de séjour à l'urgence et le délai d'attente avant d'avoir accès à un lit d'hospitalisation.

Le deuxième type de solution en IA revenant le plus souvent était celui des assistants ou agents conversationnels, avec 68 initiatives. Parmi les autres catégories répertoriées, on retrouvait plusieurs solutions en matière d'automatisation (36), traitement d'image ou imagerie médicale (27) et gestion géomatique et géospatiale (22).

Le réseau de la santé et des services sociaux est parmi «les portefeuilles les plus actifs» en matière d'IA, comptant environ le tiers de toutes les initiatives déclarées, selon le portrait du MCN. Il est suivi par l'enseignement supérieur avec 58 projets déployés à travers plusieurs cégeps et universités.

Le ministère des Ressources naturelles et Forêts se classe au troisième rang avec 26 initiatives.

Le MCN rapporte également que 61 projets en IA étaient destinés aux prestations de services aux citoyens.

Appelées à se multiplier

Selon le ministère, «tout porte à croire» que cette hausse du recours à l'IA dans l'administration publique «se maintiendra au cours de la prochaine année».

«Les technologies en matière d’IA poursuivent leur évolution rapide, tandis que les besoins des organismes publics continuent de croître. Comme les organismes publics progressent dans leur niveau d’appropriation de ces technologies, le contexte est propice à l’émergence de nouvelles initiatives», évalue-t-il.

Ce dernier réitère que le cadre pour l’utilisation responsable de l’IA, étant «mieux établi», «assure une adoption plus structurée tout en assurant un déploiement sécuritaire et responsable de l’IA» par les organismes publics.

Depuis l'adoption d'un arrêté ministériel en février 2024, les organismes publics sont dans l'obligation de déclarer annuellement au MCN tout projet ou initiative en intelligence artificielle. Seules les initiatives en lien avec la cybersécurité ne sont pas détaillées dans le portrait publié par Québec.

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne