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Mark Carney dit avoir parlé «sept ou huit» fois avec Donald Trump au Sommet du G7

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17 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

ÉVIAN-LES-BAINS — Le premier ministre Mark Carney affirme avoir eu plusieurs conversations informelles avec le président américain, Donald Trump, lors du Sommet du G7 qui se termine ce mercredi en France.

Aucune rencontre bilatérale officielle n'a eu lieu entre les deux hommes à Évian-les-Bains, dans les Alpes françaises, ce qui n'inquiète pas outre mesure le premier ministre canadien.

Lors d'un point de presse, M. Carney a noté que M. Trump avait prévu seulement deux rencontres bilatérales formelles: l'une avec le président français, Emmanuel Macron, et l'autre avec le premier ministre de l'Inde, Narendra Modi.

M. Macron est le seul dirigeant du G7 que M. Trump a rencontré en privé jusqu’à présent. M. Carney a souligné qu'il est normal que chaque participant au sommet rencontre le dirigeant du pays hôte.

Le président américain a également tenu des entretiens bilatéraux avec les dirigeants du Qatar et des Émirats arabes unis. Il doit rencontrer les dirigeants de l’Égypte et de l’Inde plus tard mercredi.

«J'ai eu plusieurs conversations avec le président Trump hier et le jour avant. Probablement sept ou huit conversations avec lui», a mentionné M. Carney lors de son point de presse, mercredi matin.

Plusieurs enjeux ont été abordés, selon le premier ministre: la guerre en Ukraine, les relations commerciales entre les deux pays, l'économie mondiale, l'intelligence artificielle et le protocole d'accord de paix conclu entre les États-Unis et l’Iran, entre autres.

M. Carney a aussi révélé qu’il avait offert un cadeau d’anniversaire à M. Trump, et que ce dernier l'avait «beaucoup apprécié». M. Trump vient de célébrer son 80e anniversaire.

Interrogé sur l’absence de rencontre bilatérale, M. Carney a répondu qu'il ne faut pas en tirer de conclusion, puisque M. Trump avait prévu seulement deux rencontres formelles en tête à tête. «Ce n'est pas grand-chose, il n'y a pas de signe là», a-t-il dit.

Potentiel «game changer»

Dimanche, le président Trump a annoncé la conclusion d’un accord visant à mettre fin à la guerre en Iran et a déclaré avoir autorisé la levée du blocus américain dans le détroit d’Ormuz. Il a précisé par la suite que le détroit ne serait pas rouvert avant vendredi, jour où l’accord doit être signé en Suisse.

Lors d'une entrevue accordée mardi à CNN, Mark Carney a révélé avoir pris connaissance de l’accord préliminaire. Il a soutenu que celui-ci dépassait ses attentes et qu'il avait le potentiel de marquer un tournant décisif — d'être un «game changer», selon ses propres mots.

Appelé à préciser sa pensée, mercredi, le premier ministre a reconnu qu'il y a encore «plusieurs risques», mais que ce protocole d'entente «crée la possibilité» d'instaurer une paix durable dans la région.

M. Carney a noté que le protocole marque «le commencement d'un processus» pour mettre fin au programme nucléaire iranien. Il pense aussi que l'entente pourrait avoir des répercussions positives au Liban et même en Ukraine.

M. Carney a assuré que le Canada fera tout son possible pour contribuer à la mise en œuvre de cet accord, mais il a mentionné qu'aucun financement n'est prévu de la part d'Ottawa dans le cadre de ce pacte.

«Il y a plusieurs risques qui existent, mais je veux souligner le changement de ton, le changement de possibilités au Liban et en Ukraine. Ça, c'est des "game changers"», a affirmé M. Carney devant les journalistes.

Négociations commerciales

Le Sommet du G7 se tient alors que les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis restent tendues, aucune décision claire n’ayant été prise quant à la prolongation de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).

Le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, a rencontré le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, en marge du G7.

Mardi, des micros ont capté un échange entre M. Carney et M. Trump au sujet de la décision du Canada d’accepter l'importation d'un nombre limité de véhicules électriques chinois. M. Trump a alors dit: «C’est bien, ça me plaît.»

Le Canada a récemment accepté de réduire de 100 % à 6,1 % les droits de douane qu’il impose sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, en fixant un plafond annuel d’importation de 49 000 véhicules, soit environ 3 % du marché canadien. En contrepartie, la Chine a suspendu ses droits de douane de rétorsion sur les produits agricoles canadiens.

Selon M. Carney, le président américain apprécie cet accord. Le premier ministre a fait savoir que les deux hommes ont eu une conversation de suivi à ce sujet.

M. Trump avait auparavant critiqué cet accord, menaçant d’imposer de nouveaux droits de douane. Il avait prévenu que le Canada ne serait pas autorisé à servir de «port de transbordement» pour l’entrée de véhicules chinois aux États-Unis.

Six communiqués

Mercredi également, M. Carney a rencontré le chancelier allemand, Friedrich Merz. Avant de rentrer au Canada, il participera à une séance de travail du G7 sur la croissance économique et assistera à un dîner avec des entreprises du secteur de l’intelligence artificielle.

Au cours du sommet, les dirigeants du G7 ont publié six déclarations communes, dans lesquelles ils ont pris plusieurs engagements, dont celui de réformer l’accès des pays en développement au financement.

Ils se sont engagés à renforcer la collaboration en matière de recherche sur le cancer, à lutter contre le virus Ebola, à prévenir le trafic de migrants et à lutter contre le trafic de drogue.

Dans un communiqué sur les enjeux géopolitiques, les dirigeants ont affirmé leur soutien unanime à l’Ukraine et à l’accord de paix conclu entre les États-Unis et l’Iran.

Catherine Morrison, La Presse Canadienne