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ParticipACTION s'inquiète de l'impact du climat sur l'activité physique des jeunes

durée 08h05
7 mai 2024
La Presse Canadienne, 2024
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2024

MONTRÉAL — L’édition 2024 du Bulletin de l’activité physique chez les enfants et les jeunes de ParticipACTION constate une très légère amélioration de la situation, mais ajoute les changements climatiques à la liste des obstacles qui peuvent empêcher les jeunes de bouger.

ParticipACTION accorde cette fois-ci une note de «D+» à l'ensemble de l'activité physique des jeunes et des enfants, comparativement à une note de «D» lors de l'édition précédente du rapport, en 2022.

Même si la note de l’ensemble de l’activité physique s’est améliorée, D+ demeure tout de même une note indésirable, rappelle un document qui présente les points saillants du rapport.

«C'est bien beau donner des notes de D ou de F, de dire qu'on ne bouge pas assez, mais ça prend un angle un peu différent pour que (...) les politiciens écoutent un peu», a expliqué un porte-parole de ParticipACTION, le docteur Jean-Philippe Chaput.

L'amélioration de «D» à «D+» est essentiellement attribuable à la fin des restrictions imposées par la pandémie, a-t-il ajouté, «et on est revenus à nos habitudes d'antan».

Le rapport met pour la première fois en relief les différentes manières dont les changements climatiques peuvent interférer avec l'activité physique des jeunes.

On souligne ainsi que le nombre d'alertes météorologiques a plus que doublé au cours des dix dernières années au Canada, avant de prévenir que «les effets courants et futurs des changements climatiques pourraient être particulièrement nuisibles au plan de l’activité physique des enfants et des jeunes».

Par exemple, des conditions météorologiques défavorables pourraient entraîner l'annulation d'activités sportives ou de loisirs à l'extérieur, augmentant possiblement du fait même la quantité de temps de sédentarité à l'intérieur et l'exposition aux écrans.

«Les enfants sont exposés à un risque accru pour la santé à des températures extrêmes, et ce, avant même que les niveaux de condition physique soient pris en compte», ajoute ParticipACTION.

Parce que les voies respiratoires des enfants sont plus petites et qu'ils doivent respirer plus rapidement, ils inhaleront, par exemple, davantage d'air pollué. On rappelle aussi que les enfants ne peuvent pas réguler la température de leur corps dans des climats extrêmement chauds ou froids aussi bien que les adultes, en raison de leur plus grande surface corporelle par rapport à leur poids.

Augmentation des disparités

L'édition 2022 du rapport révélait que les niveaux d’activité des enfants et des jeunes racisés et autochtones avaient connu une baisse plus importante que ceux des autres enfants et jeunes pendant la pandémie de COVID-19. Des études ont aussi démontré que les jeunes issus de quartiers défavorisés dépendaient davantage des jeux en plein air pour faire de l’activité physique en raison d’un manque de ressources au plan familial.

«Il est facile d’imaginer qu’une augmentation des températures et de la fréquence des évènements météorologiques imprévisibles associés aux changements climatiques pourrait potentiellement réduire l’accès à des espaces de loisir extérieurs à proximité, comme les parcs, les trottoirs et même les aires de stationnement», indique le document.

Le rapport constate que 39 % des enfants et des jeunes âgés de 5 à 17 ans ont respecté la recommandation d’accumuler soixante minutes d’activité physique d’intensité moyenne à élevée chaque jour. Seulement 31 % des filles, comparativement à 57 % des garçons, ont respecté cette recommandation.

«Il y a eu un effet rebond (après le confinement), mais l'effet rebond on le voit plus chez les garçons, a dit le docteur Chaput. Les garçons sont revenus à leur niveau d'habitude physique pré-COVID, mais pas les filles.»

On s'explique mal cette disparité, mais «on dirait que les filles ont perdu leurs habitudes», a-t-il expliqué. Il peut aussi y avoir un effet d'entraînement, puisque les filles désirent surtout faire ce que leurs amies font; et si moins de leurs amies font du sport, alors le tout perd de l'intérêt.

Moins du tiers des enfants et des jeunes (49 % des enfants, 17 % des jeunes) ont respecté la limite de temps d’écran recommandé à des fins de loisir, soit un maximum de deux heures par jour.

Cette observation de la limite de temps était plus faible dans les ménages défavorisés que dans les ménages mieux nantis, ce qui pourrait à nouveau témoigner d'un accès plus difficile aux activités à l'extérieur de la maison dans ces ménages.

«Pour les moins nantis qui sont plus à risque, pour eux, c'est important pour qu'ils puissent bouger, qu'ils aillent dehors parce qu'ils n'ont peut-être pas accès à des sports qui coûtent cher, a dit le docteur Chaput. Donc les changements climatiques, ça va affecter les moins bien nantis encore plus que les plus nantis qui ont accès à des facilités qui coûtent cher, par exemple. C'est une barrière supplémentaire qui s'ajoute.»

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne