Pipeline: un programme fédéral pour autochtones pourrait financer 10 milliards $

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Le Programme de garantie de prêts pour les Autochtones (PGPA) pourrait être utilisé par le gouvernement fédéral pour financer, jusqu’à 10 milliards $, la construction d’un oléoduc pour transporter le bitume albertain.
Le PGPA est conçu pour soutenir l’acquisition de participations de groupes autochtones dans de grands projets, comme la construction d’un pipeline.
Ce programme offre des garanties de prêts d’un minimum de 20 millions $ et d’un maximum de 1 milliard $ par demandeur.
Jeudi, lors d’une réunion du Comité permanent des ressources naturelles, le député du Bloc Québécois, Mario Simard, a demandé au ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Tim Hodgson, s’il était possible pour dix promoteurs différents de se qualifier au PGPA afin d’obtenir chacun la somme d’un milliard pour construire un pipeline.
En d’autres mots, est-ce que «l’apport du gouvernement fédéral pourrait être autour de 10 milliards $ ?» pour un pipeline grâce à ce programme, a demandé le bloquiste.
«Je crois que, par promoteur de projet, il y a jusqu’à 1 milliard $, oui, c’est correct», a répondu le ministre Hodgson.
«Je pense, hypothétiquement, que vos calculs fonctionnent», a confirmé par la suite le sous-ministre Greg Orencsak, au député bloquiste.
Le gouvernement fédéral n’a jamais indiqué qu’il souhaite utiliser le PGPA pour financer un pipeline albertain, mais des pourparlers ont lieu entre le gouvernement de Mark Carney et celui de Danielle Smith en Alberta pour construire un pipeline vers la côte nord-ouest de la Colombie-Britannique, afin de produire et d’exporter plus de pétrole, ce qui est controversé, étant donné que les combustibles fossiles sont la principale cause des changements climatiques.
Le financement public d’infrastructure qui permettrait de produire plus de pétrole et de gaz ne fait pas l’unanimité aussi parce que les compagnies pétrolières et gazières, déjà très riches, devraient, selon plusieurs analyses, engranger des profits records en 2026.
Le soutien à la construction d’un pipeline était au cœur d’un accord énergétique global signé entre la première ministre de l’Alberta et le premier ministre du Canada à la fin de l’année dernière.
La province prévoit de présenter une demande au plus tard le 1er juillet au nouveau Bureau des grands projets du fédéral, qui vise à accélérer les projets d’infrastructure jugés d’intérêt national pour le Canada.
Le tracé de l’oléoduc et le ou les promoteurs du secteur privé restent à déterminer.
Stéphane Blais, La Presse Canadienne