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Prochaines négociations du secteur public: les syndicats préparent le terrain

Prochaines négociations du secteur public: les syndicats préparent le terrain
Photo: La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Bien qu'elle n'en soit qu'à des balbutiements, les syndicats s'affairent déjà à préparer le terrain pour la prochaine négociation des conventions collectives dans les secteurs public et parapublic.

Et l'idée de recréer un front commun, comme lors de la dernière négociation, suscite de l'intérêt — bien qu'aucune position ne soit encore officielle à ce sujet, puisque ce sont les membres qui décideront en bout de course.

«La première chose sur laquelle on consulte, c'est pour savoir: "voulez-vous être en front commun comme vous l'avez été la dernière fois?" Nos membres vont nous donner leur avis d'ici la mi-novembre. Puis, après ça, il faut aller voir nos collègues des autres organisations pour savoir si eux aussi, ça les tente. Donc, on peut s'attendre à ce que, quelque part à l'hiver prochain, on sera en mesure de voir si les planètes s'alignent pour un front commun», a rapporté en entrevue le président de la CSQ, Éric Gingras.

Le dernier front commun, qui a négocié les conventions collectives 2023-2028, était constitué de la CSN, de la CSQ, de la FTQ et de l'APTS. L'entente de principe pour renouveler les conventions collectives avait été conclue en décembre 2023, entre Noël et le Jour de l'An.

À la FTQ, «la consultation auprès des membres est commencée», rapporte la présidente, Magali Picard. Et l'intérêt pour le front commun commun à quatre est présent.

«Je crois qu'on ne change pas une formule gagnante. On en discute, là; il n'y a rien de conclu jusqu'à maintenant. Mais la satisfaction de nos membres a été reconnue très grande. Ce qu'on entend encore, c'est qu'ils ont aimé la formule et on a apprécié cette formule-là également. Donc, tout porte à croire qu'on s'en va vers une négociation qui aura la même équipe, les mêmes représentants. Mais, ceci étant dit, on est encore à l'étape de consultation», s'empresse d'ajouter Mme Picard.

La CSN nourrit les mêmes intérêts. «Il y a une volonté des trois centrales d'être ensemble. Définitivement, l'APTS a fait valoir qu'ils aimeraient ça aussi faire partie du front commun, ce coup-ci», rapporte le vice-président François Enault, responsable de la négociation du secteur public pour la CSN.

«Pour les autres (syndicats), on ne ferme pas la porte. Mais, qu'on soit en front commun ou pas, je veux m'assurer qu'il y ait une collaboration entre les organisations syndicales pour qu'on puisse travailler ensemble dans certaines circonstances», a ajouté M. Enault.

À l'APTS, «on a fait un bilan très, très positif de notre dernière collaboration, les quatre organisations ensemble. Alors, c'est fort de ça et le fait qu'on est capable de travailler ensemble, qu'on a les mêmes objectifs de négociation... alors, c'est fort de ça que nos instances nous ont donné le mandat de créer ces alliances-là, les plus fortes possible», a rapporté le président, Robert Comeau.

Il est encore trop tôt pour discuter des futures demandes syndicales, puisque les consultations à cet effet se mettent en branle. Le cahier des demandes doit être déposé au Conseil du trésor dans un an, en octobre, précise M. Gingras.

Des négos plus longues

Le régime de négociation dans le secteur public a été modifié depuis celle de 2023. Cela touche notamment des enjeux locaux, qui devront désormais être négociés aux tables sectorielles.

Aux tables sectorielles sont négociées des conditions de travail propres aux secteurs (éducation, santé et services sociaux) comme l'organisation du travail, les horaires. À la table centrale sont négociées des questions touchant l'ensemble des syndiqués, comme les salaires, le régime de retraite.

Les paliers où seront négociés certains sujets ont donc changé. «Oui, c'est plus centralisé, d'une certaine façon. Mais nous, ce qu'on craint, c'est une prolongation de la négociation, parce que ce sont de nouveaux enjeux qui, avant, étaient traités avec les Centres de services (scolaires). Et là, maintenant, on vient de centraliser ça à une table nationale sectorielle», explique M. Gingras, de la CSQ.

M. Comeau, de l'APTS, dit être «en attente» de la position à ce sujet du nouveau gouvernement du Parti québécois, qui s'est engagé à décentraliser davantage en santé, en éducation et dans les services publics.

Lia Lévesque, La Presse Canadienne