Québec renforce les règles disciplinaires dans ses établissements de détention
MONTRÉAL — Les personnes détenues dans les centres correctionnels du Québec devront bientôt porter un uniforme et seront soumises à des sanctions disciplinaires plus sévères, a annoncé jeudi le gouvernement du Québec.
Cette nouvelle réglementation vise à «renforcer la sécurité dans les établissements de détention», a indiqué le ministère de la Sécurité intérieure dans un communiqué.
Jusqu'à présent, les prisonniers des établissements de détention administrés par Québec pouvaient purger leur peine en portant leurs propres vêtements.
Or, le gouvernement souhaite désormais contraindre les détenus à porter des «vêtements institutionnels».
Le communiqué fournit des exemples d'uniforme: on y voit des shorts, des chandails et des survêtements gris, en plus de gants et de tuques noirs pour l'extérieur.
«Les personnes incarcérées seront mises à contribution pour la confection et le nettoyage des vêtements prêtés», précise le communiqué.
Un projet pilote d'une durée de un an sera mené dans l'établissement de détention de Roberval, déjà équipé d'un atelier de couture pour fabriquer des pantalons.
«L'élimination des habits personnels vise notamment à réduire les risques d'introduction d'objets prohibés et le trafic institutionnel», a affirmé le ministère. Il précise que cette mesure facilitera les fouilles corporelles, tout en réduisant les symboles d'appartenance à des gangs.
Le port de l'uniforme est déjà en place dans les pénitenciers fédéraux, ainsi que dans les prisons administrées par les neuf autres provinces canadiennes.
Le ministère a également élargi les pouvoirs du personnel de correction, qui pourra «produire des rapports de manquement dans davantage de situations, notamment celles liées aux substances et aux objets prohibés livrés par drone».
Cette disposition, qui entre en vigueur à partir du 28 septembre, permet également aux comités disciplinaires d'imposer des sanctions «plus variées et plus sévères en cas de faute grave, comme l'introduction d'un téléphone cellulaire ou l'endommagement des infrastructures».
Par exemple, un prisonnier pourrait se voir infliger des «travaux d'intérêt collectif, une suspension des achats à la cantine ou un isolement plus long que la durée actuellement permise».
«En permettant aux comités de discipline d'avoir recours à un plus large éventail de sanctions, nous ajoutons un rempart contre les écarts de conduite et les gestes de violence», a déclaré le ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, par voie de communiqué.
Au Québec, les personnes en attente d'un procès ou condamnées à une peine de moins de deux ans sont incarcérées dans les établissements provinciaux.
La Presse Canadienne

