Raids liés au cannabis: le N.-B. poursuit le dialogue avec les Premières Nations

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Par La Presse Canadienne, 2026
FREDERICTON — Le ministre des Affaires autochtones du Nouveau-Brunswick ne craint pas que la récente série de perquisitions menées par la GRC dans trois provinces différentes compromette ses négociations avec les Premières Nations visant à renforcer les contrôles sur la vente de produits à base de cannabis.
Les perquisitions du 26 avril visaient ce que la GRC a décrit comme un réseau de crime organisé transnational en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse. Elles comprenaient une perquisition policière dans un entrepôt non autorisé au Nouveau-Brunswick.
Mais le ministre néo-brunswickois, Keith Chiasson — qui avait visité l'entrepôt en mars, quelques semaines avant la perquisition — a déclaré que le gouvernement provincial négociait avec les Premières Nations au sujet de la vente de cannabis depuis six mois et s'attendait à ce que ces discussions se poursuivent.
«Cela ne va pas entraver les discussions entre le gouvernement provincial et les Premières Nations, a affirmé M. Chiasson aux journalistes à Fredericton. Nous allons poursuivre dans la même voie et nous efforcer de trouver un cadre qui sera bénéfique pour tous et qui permettra d’offrir aux gens des produits sûrs et réglementés», a-t-il ajouté.
M. Chiasson a indiqué que lui-même et Luke Randall, le ministre responsable de Cannabis NB – la société d’État provinciale qui gère la vente au détail de cannabis au Nouveau-Brunswick – s’étaient rendus à l’entrepôt dans le cadre d’une visite visant à renforcer les relations avec la Première Nation de Madawaska.
La GRC a indiqué que l'entrepôt avait fait l'objet d'une descente, tout comme d'autres sites dans les trois provinces, dans le cadre d'une enquête plus large portant sur le crime organisé, le trafic de drogue et le blanchiment d'argent, a rapporté jeudi un porte-parole de la police à La Presse Canadienne.
La GRC n’a pas répondu aux questions complémentaires, invoquant l’enquête en cours, et n’a pas fourni de détails sur les propriétaires des lieux visés.
Climat tendu en Nouvelle-Écosse
Mais les premiers commentaires de la police concernant ces perquisitions semblent corroborer les déclarations faites ces derniers mois par des responsables du gouvernement de la Nouvelle-Écosse, qui ont publié en décembre dernier une directive ordonnant à la police de sévir contre les magasins de cannabis illégaux, suggérant qu’ils étaient liés au crime organisé.
Ces affirmations ont suscité des critiques de la part des dirigeants des Premières Nations, qui ont accusé le gouvernement d’interférer avec les forces de l’ordre pour cibler les communautés autochtones.
«Si vous leur laissez une brèche, ils enfoncent la porte», a déclaré vendredi le ministre de la Justice de la Nouvelle-Écosse, Scott Armstrong, lors d’une entrevue. Il a ajouté que la police bénéficiait du soutien total de son gouvernement pour cette opération.
La police a indiqué à La Presse Canadienne que ses opérations concernaient deux sites à Lower Sackville et un à Maitland, mais M. Armstrong a affirmé qu’il ne pouvait fournir plus de détails en raison de l’enquête.
La GRC a ajouté que des actions similaires avaient également eu lieu à Hamilton, en Ontario.
Cette opération policière d’avril fait suite à des mois de raids distincts en Nouvelle-Écosse qui ont déclenché des manifestations, notamment des barrages routiers qui ont temporairement bloqué ou ralenti la circulation sur les routes de la province.
Alors que le gouvernement du Nouveau-Brunswick a exprimé son souhait de poursuivre les négociations avec les communautés autochtones, les dirigeants des Premières Nations de la Nouvelle-Écosse affirment que le gouvernement du premier ministre Tim Houston n’a pas engagé de dialogue constructif sur la réglementation du cannabis.
Certains dirigeants mi'kmaq de la Nouvelle-Écosse affirment qu'ils ont le droit, en vertu d'un traité, de cultiver et de vendre du cannabis non réglementé — ce que le gouvernement conteste fermement.
La Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick disposent tous deux d'organismes de réglementation du cannabis qui se conforment à la Loi sur le cannabis fédérale. La sécurité du produit est testée par un laboratoire agréé par Santé Canada avant sa mise en vente. Mais la manière dont les consommateurs achètent le cannabis diffère.
Alors que Cannabis NB est le grossiste exclusif et la principale marque de vente au détail, le Nouveau-Brunswick a accordé des licences à certains magasins indépendants opérant sous la supervision du gouvernement.
La réglementation est plus stricte en Nouvelle-Écosse, où le cannabis est vendu exclusivement par l’intermédiaire de la Nova Scotia Liquor Corporation (NSLC). Le ministre Armstrong a fait savoir qu’il souhaitait ouvrir des magasins NSLC sur les territoires des Premières Nations afin que le cannabis puisse y être vendu en toute sécurité.
«Plusieurs communautés de Nouvelle-Écosse ont manifesté leur intérêt pour ce projet, a-t-il soutenu. Nous n’avons encore signé aucun accord, mais nous sommes impatients de poursuivre les discussions avec plusieurs bandes et espérons pouvoir commencer à aller dans cette direction.»
— Avec la collaboration de Lyndsay Armstrong.
Eli Ridder, La Presse Canadienne