Restes humains: le Manitoba ferme le site de fouilles de la décharge

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Par La Presse Canadienne, 2026
WINNIPEG — Le gouvernement du Manitoba a officiellement clôturé le site de fouilles situé dans une décharge de la région de Winnipeg, où les restes de deux femmes des Premières Nations assassinées avaient été découverts l'année dernière.
Une partie de la décharge de Prairie Green, située juste au nord de la ville, avait été délimitée pour les recherches, qui se sont achevées en juillet après que les équipes ont retrouvé les restes de Morgan Harris et de Marcedes Myran.
Ces femmes et deux autres personnes ont été tuées par le tueur en série Jeremy Skibicki en 2022. Il a été condamné deux ans plus tard pour quatre chefs d'accusation de meurtre au premier degré.
Le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, a indiqué jeudi que la décharge continuait de fonctionner.
«Pour rétablir son fonctionnement normal, il a fallu démanteler les installations de recherche que nous avions construites sur place, supprimer l’espace de recueillement que nous avions aménagé pour les familles, puis mener toute une série d’autres activités de remise en état», a-t-il expliqué.
La province a indiqué que le coût final des sept mois de fouilles à la décharge s'élevait à 18,4 millions $.
On avait initialement estimé que ces opérations pourraient durer jusqu’à trois ans et coûter jusqu’à 184 millions $.
Le précédent gouvernement progressiste-conservateur avait rejeté les appels en faveur d’une fouille de la décharge, invoquant des préoccupations en matière de sécurité et de coûts.
Il a par la suite vanté son refus dans des publicités de campagne électorale de 2023, qui ont été largement critiquées.
M. Kinew avait promis une fouille avant de remporter les élections de 2023. Son gouvernement néo-démocrate s'est ensuite associé au gouvernement fédéral pour engager conjointement 40 millions $ dans le projet.
Un permis environnemental a été délivré pour les fouilles, définissant des directives relatives à la manipulation de l'amiante cancérigène et d'autres matériaux.
«Au cours des dernières années, nous avons systématiquement démontré que cette fouille de la décharge était possible, qu'elle pouvait être menée dans le respect de l'environnement, en toute sécurité et de manière très responsable sur le plan financier», a souligné M. Kinew.
L'Assemblée des chefs du Manitoba a indiqué que les familles des femmes, les dirigeants des Premières Nations et les membres de la communauté avaient fait pression pour que ces fouilles aient lieu. Ils ont même porté leur combat jusqu'à la colline du Parlement et sur les marches de l'Assemblée législative du Manitoba.
«Nous avons toujours su que ce travail pouvait être accompli. La recherche de nos proches n’aurait jamais dû être une question d’argent», a mentionné Melissa Robinson, cousine de Mme Harris et directrice de l’unité chargée des personnes disparues et assassinées des Premières Nations au sein de l’Assemblée.
«Il s’agit de nos familles, de nos proches et de nos pays. La responsabilité de les ramener chez eux doit toujours passer avant le coût», a-t-elle précisé dans un communiqué.
Les recherches se poursuivent pour retrouver une autre victime de meurtre.
Après la découverte des restes de Mme Harris et de Mme Myran, les recherches se sont déplacées vers la décharge de Brady Road, à Winnipeg.
Depuis décembre, des équipes fouillent ce site à la recherche des restes d’Ashlee Shingoose. Et cela pourrait prendre un certain temps.
M. Kinew a indiqué que les travailleurs de la décharge de Brady Road avaient constaté des signes encourageants, notamment des dates trouvées sur les matériaux collectés, qui indiquent qu’ils fouillent dans la bonne zone.
Il a précisé que les équipes chargées des fouilles à Prairie Green traitaient davantage de déchets commerciaux, tandis que celles de la décharge de Brady Road passaient au crible une grande quantité de déchets ménagers.
«Cela signifie qu'ils avancent à un rythme plus lent», a affirmé le premier ministre.
Lors du procès de Skibicki, il a été révélé qu’il ciblait ses victimes dans les refuges pour sans-abri de Winnipeg et qu’il se débarrassait de leurs corps dans des poubelles de son quartier.
Les restes de Rebecca Contois ont d'abord été découverts dans une poubelle de Winnipeg, puis à la décharge de Brady Road en 2022.
Brittany Hobson, La Presse Canadienne