Retour à l'école à Tumbler Ridge: redonner un sentiment de sécurité

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Par La Presse Canadienne, 2026
La cofondatrice d'un groupe qui soutient les victimes et leurs familles après des tueries de masse soutient que la priorité absolue lors du retour des élèves à l'école à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, est de leur redonner un sentiment de sécurité.
«Aucun enfant ne peut apprendre dans la peur», a souligné Anita Busch, membre de l'organisation américaine Victims First.
Le gouvernement de la Colombie-Britannique a annoncé qu'une série d'installations mobiles arriveraient au cours de la semaine, afin que les élèves de l'école secondaire de Tumbler Ridge n'aient pas à étudier dans un lieu où six personnes ont été tuées, dont cinq élèves.
Selon un communiqué du gouvernement, la date de reprise des cours n'a pas encore été confirmée.
Chad Anderson, président du conseil scolaire de Peace River South, a mentionné dans le communiqué que le conseil «adopterait une approche compatissante et tenant compte des traumatismes» pour la reprise des cours.
Mme Busch a indiqué que son expérience lui avait montré que le retour à l'école susciterait des craintes.
«Même si l'on revient à quelque chose que l'on peut qualifier de totalement sûr, la peur sera toujours très présente», a-t-elle avancé.
Le gouvernement de la Colombie-Britannique a précisé que 14 préfabriqués commenceraient à arriver à Tumbler Ridge cette semaine et qu'ils seraient installés dans l'enceinte de l'école primaire locale.
Mme Busch, dont le cousin a été tué lors de la fusillade dans un cinéma d'Aurora, dans le Colorado, et dont un membre de la famille a survécu à la fusillade de masse lors du concert Route 91 à Las Vegas, a souligné que des conseillers devraient être disponibles pour soutenir les élèves et les enseignants qui reviennent.
«Il s'agit de mettre en place les éléments nécessaires pour que les enfants et les éducateurs se sentent en sécurité», a-t-elle expliqué.
«Qu'il s'agisse de sécurité, de sécurité visible, ou encore de la présence de conseillers spécialisés dans les traumatismes pour les aider», a-t-elle ajouté.
Le gouvernement a mentionné que les conseillers aideront le personnel et les élèves à effectuer une transition en toute sécurité vers les nouveaux bâtiments et que le soutien psychologique continuera d'être disponible par la suite.
Mme Busch a rappelé que les écoles qui ont été le théâtre de tueries aux États-Unis ont pris diverses décisions quant à l'avenir des bâtiments. L'école primaire Sandy Hook, dans le Connecticut, et l'école secondaire Marjory Stoneman Douglas, en Floride, ont toutes deux été démolies et reconstruites.
Les responsables de l'école secondaire Columbine ont démoli la bibliothèque où de nombreuses victimes ont été tuées, et l'école primaire Robb à Uvalde, au Texas, a été démolie et reconstruite à un autre endroit.
Jesse Van Rootselaar, 18 ans, a abattu sa mère et son demi-frère à leur domicile de Tumbler Ridge avant de se rendre à l'école et de tuer 6 personnes, puis de se suicider.
Mme Busch a avancé que la communauté devrait être impliquée dans toute décision concernant la date et le lieu de la reprise des cours.
«Il faut parler aux personnes directement concernées. Il faut organiser un forum ouvert et sûr, laisser les voix s'exprimer et recueillir les commentaires», a-t-elle déclaré.
Toute nouvelle école devrait être construite dans un souci de sécurité et ces mesures doivent être clairement visibles afin que les élèves puissent constater que l'emplacement est plus sûr, a-t-elle ajouté.
Mme Busch, qui a apporté son aide lors de 56 événements ayant fait de nombreuses victimes au cours des 13 dernières années, a prévenu que les habitants de Tumbler Ridge allaient continuer à avoir peur.
«Tout ce que les gens ressentent actuellement est une réaction tout à fait normale à une situation incroyablement anormale», a-t-elle souligné.
«Donc, ne pas vouloir quitter la maison, avoir peur d'aller où que ce soit, avoir des pensées récurrentes (ou) des cauchemars. C'est ce qui se passe après une tuerie de masse. Ne pensez pas que vous perdez la tête. Ce n'est pas le cas», a-t-elle indiqué.
Ashley Joannou, La Presse Canadienne