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Tuerie: les élèves de La Loche avaient dû patienter avant le retour en classe

durée 14h32
14 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

Une école secondaire du nord de la Saskatchewan, théâtre d'une tuerie il y a dix ans, a fermé ses portes pendant plusieurs semaines avant que les élèves ne retournent en classe.

Jason Young, de la division scolaire Northern Lights, explique qu'il avait fallu du temps après la tragédie survenue à l'école secondaire Dene, à La Loche, pour mettre en place les mesures de soutien et de sécurité nécessaires. Deux personnes sont décédées dans l'école et plusieurs autres ont été blessées.

«Nous étions dans une situation délicate pour rouvrir l'école, a raconté M. Young, en entrevue. Nous n'avions pas les ressources nécessaires. Nous devions simplement rencontrer les gens là où ils en étaient et travailler ensemble progressivement pour tenter de relancer l'école.»

Mardi, une tuerie à l'école secondaire Tumbler Ridge et dans une résidence de cette ville du nord-est de la Colombie-Britannique a fait neuf victimes, des enfants et des adultes, dont la tireuse.

Le commissaire adjoint de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Dwayne McDonald, a indiqué lors d'une conférence de presse vendredi que les enfants devront retourner à l'école au moment opportun.

Il a ajouté espérer que les enquêteurs quitteront l'école le plus rapidement possible afin que la ville puisse entamer son processus de guérison.

L'école, qui accueille les élèves de la 7e à la 12e année (équivalent du secondaire au Québec), compte environ 160 élèves.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a déclaré vendredi soir lors d'une veillée à Tumbler Ridge que les élèves ne seraient pas obligés de retourner à l'école s'ils ne le souhaitaient pas.

«Je vous promets qu'aucun d'entre vous ne sera jamais forcé de retourner dans cette école. Nous vous offrirons un lieu d'école sécuritaire.»

Christy Fennell, directrice générale du district scolaire de Peace River South, a précisé dans un communiqué publié sur le site web de l'école que les plans de rentrée scolaire seraient communiqués au cours de la semaine suivante.

«Nous savons que certaines familles souhaitent retrouver la stabilité des routines scolaires, tandis que d'autres ne se sentent peut-être pas prêtes, a-t-elle affirmé. Nous prévoyons de ne pas retourner sur le site actuel de l'école secondaire.»

La GRC a rapporté que Jesse Van Rootselaar, âgée de 18 ans, avait d'abord tué sa mère, Jennifer Jacobs, 39 ans, et son frère, Emmett Jacobs, 11 ans, au domicile familial de Tumbler Ridge.

Elle s'est ensuite rendue à l'école secondaire avec deux armes à feu et a tué cinq élèves: Kylie Smith, Zoey Benoit, Ticaria Lampert et Abel Mwansa fils, tous âgés de 12 ans, et Ezekiel Schofield, 13 ans. Shannda Aviugana-Durand, 39 ans, aide-enseignante dans l'établissement, a également été tuée.

À l'arrivée de la police, Van Rootselaar s'est suicidée.

Jason Young a indiqué qu'il y avait des similitudes avec l'affaire de La Loche.

Le 22 janvier 2016, un élève de 17 ans a tué 2 de ses cousins dans une maison de la communauté isolée de Dene: Dayne Fontaine, 17 ans, et Drayden Fontaine, 13 ans. Il s’est ensuite rendu à l’école et a abattu l’enseignant Adam Wood et une aide-enseignante, Marie Janvier, blessant sept autres personnes.

Dans les deux cas, les élèves, terrifiés, se sont réfugiés dans les salles de classe, se sont réconfortés mutuellement et ont attendu.

À La Loche, la GRC a annoncé par l’interphone de l’école l’arrestation du tireur.

Randan Fontaine a plaidé coupable à divers chefs d’accusation de meurtre au premier degré, de meurtre au deuxième degré et de tentative de meurtre. Il a été condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant dix ans.

Dans les semaines qui ont suivi l'attaque, l’école de La Loche a embauché des agents de sécurité pour rassurer la population, a raconté M. Young. La GRC a également affecté un agent de liaison à l’établissement.

«Nous savions que l'une des premières étapes consistait à réduire l'anxiété, a-t-il déclaré. En offrant ce type de soutien, le personnel et les élèves peuvent se concentrer sur leurs tâches.»

L'école a également collaboré avec les gouvernements provincial et fédéral pour fournir un soutien supplémentaire en santé mentale, notamment en recrutant davantage de conseillers.

M. Young a indiqué que le personnel avait reçu des messages d'élèves exprimant leur désir de revenir.

«On reprend un enseignement aussi normal que possible, a-t-il dit. Les enseignants faisaient de leur mieux, compte tenu de la situation.»

Des agents de sécurité sont toujours en poste à l'école, a-t-il affirmé, même si l'agent de liaison de la GRC y travaille moins souvent.

«L'un des problèmes est le recrutement, a expliqué M. Young. Nous faisons de notre mieux avec les moyens du bord.»

Chaque année, à l'anniversaire de l'attaque, l'école ferme ses portes, sauf cette année. Une cérémonie a été organisée à l'école pour commémorer le dixième anniversaire.

M. Young a dit que les élèves et le personnel n'oublieront jamais ce qui s'est passé.

«(Cette journée anniversaire) sera l'occasion de se concentrer sur le service aux autres. Ce sera notre priorité à l'avenir, a-t-il soutenu. Il est évident que c'est un événement que vous ne pouvez jamais oublier.»

M. Young a indiqué que sa division scolaire a pris contact avec le district scolaire de Peace River South.

«Je ne peux que continuer de prier et de penser aux personnes touchées dans cette communauté, a-t-il déclaré. Je sais qu'eux aussi feront preuve de résilience face à cette épreuve, aussi difficile soit-elle.»

Jeremy Simes, La Presse Canadienne