Un homme est décédé en attendant d'être pris en charge à l'hôpital en Alberta

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Par La Presse Canadienne, 2026
EDMONTON — L'Association médicale de l'Alberta (AMA) indique qu'un autre patient est décédé alors qu'il attendait d'être pris en charge à l'hôpital, tandis que l'agence provinciale de santé mène une enquête sur cette affaire.
Le Dr Brian Wirzba, président de l'AMA, a déclaré que l'homme était arrivé à l'hôpital Royal Alexandra d'Edmonton le 8 mai et était décédé quelques heures plus tard.
«Il a reçu des premiers soins aux urgences, mais comme il n'y avait pas de place sur les civières au sein du service, il a été laissé dans la salle d'attente», a précisé le Dr Wirzba, lors d'un entretien téléphonique samedi.
«C'est un nouvel événement tragique (...) Nous adressons nos condoléances à la famille et aux proches du patient. Et, vous savez, ce genre de situation n'est jamais facile pour le personnel de première ligne (...) Travailler régulièrement dans cet environnement engendre une détresse morale considérable.»
Services de santé Alberta (AHS) indique mener une enquête et ne pas pouvoir publier plus de détails pour des raisons de confidentialité.
«L'AHS prend ce genre de situation très au sérieux et s'engage à offrir un environnement sûr propice à des soins de haute qualité», a déclaré l'agence par courriel.
«L'AHS a ouvert une enquête préliminaire et un examen d'assurance qualité sera mené.»
Cet homme fait partie des nombreux patients décédés alors qu’ils attendaient des soins dans les hôpitaux de l’Alberta ces derniers mois.
À la fin de l’année dernière, Prashant Sreekumar, âgé de 44 ans, est décédé au Grey Nuns Community Hospital d’Edmonton après avoir attendu près de huit heures.
Plus tôt cette année, le Dr Paul Parks, président élu de la section de médecine d'urgence de l'Association médicale de l'Alberta, a adressé une lettre au gouvernement de l'Alberta détaillant six autres décès survenus dans des hôpitaux au cours d'une période de deux semaines en janvier. La lettre énumérait également 30 cas qui ont failli se solder par un décès.
La lettre attribuait la plupart de ces décès – et ce que les médecins appellent des tragédies «évitées de justesse» – au fait que les hôpitaux de l’Alberta sont saturés.
Le gouvernement de l’Alberta a ordonné une enquête menée par un juge sur le décès de M. Sreekumar en janvier, et a également annoncé la création d’un programme dans le cadre duquel des médecins aideraient au triage des patients.
Le Dr Wirzba a rapporté que le programme de triage, qui devait être mis en place dans six à huit grands hôpitaux de l'Alberta, n'était toujours pas opérationnel.
«Il y a eu un retard important dans certains détails concernant la description des postes et la mise en place des contrats appropriés pour ces postes», a déclaré M. Wirzba.
«Nous avons continué à travailler avec le gouvernement sur ce sujet de manière très régulière et, pas plus tard que la semaine dernière, nous avons également été informés que (...) l'équipe du côté du gouvernement examine certaines des dernières informations que nous avons fournies.»
Il a ajouté qu’il s’attendait à ce que l’AMA et le gouvernement parviennent à un accord en juin. Un appel à candidatures sera alors lancé pour recruter des médecins capables de trouver du temps dans leur horaire chargé pour s’inscrire au programme.
«L’ensemble de ce processus a pris bien plus de temps que prévu», a dit M. Wirzba.
Et c’est également l’une des nombreuses solutions nécessaires, a-t-il ajouté, pour résoudre le problème de la surcharge dans les hôpitaux de l’Alberta.
«Les services d’urgence sont soumis à une pression considérable», a-t-il soutenu.
«Les solutions à ce problème exigent que toutes les parties prenantes – gouvernements, hôpitaux, organismes de soins – travaillent ensemble pour tenter de relever les nombreux défis à l’origine de l’engorgement.»
Il a indiqué, par exemple, que les gouvernements devaient mettre en place des programmes sociaux pour les patients sortant de l’hôpital.
«Les patients doivent être orientés vers des lieux plus adaptés au sein de la communauté; ils ont besoin d’un logement stable, d’un accompagnement social, de traitements contre la toxicomanie... Ce type de services doit être plus facilement accessible», a-t-il fait valoir.
«Tous ces aspects doivent être améliorés afin de fluidifier le passage aux urgences.»
Il a dit que ce dernier décès ne devait pas dissuader les Albertains de se rendre aux urgences.
«Malgré ces événements tragiques, la grande majorité des patients reçoivent des soins.»
Fakiha Baig, La Presse Canadienne