Un violent incendie de forêt détruit des bâtiments en Colombie-Britannique

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Par La Presse Canadienne, 2026
BOSTON BAR — Shayne Findlay, propriétaire du Blue Lake Resort, près de Boston Bar, en Colombie-Britannique, a raconté que «le vent faisait rage» alors qu'un incendie de forêt ravageait la propriété mardi soir, détruisant plusieurs bâtiments, dont la maison du directeur du complexe.
«Lorsque le feu est passé, il a projeté des morceaux d’écorce et de bois enflammés de la taille d’un poing», a-t-il témoigné jeudi, décrivant une scène filmée par la caméra du complexe.
M. Findlay a précisé que le personnel chargé de la protection des bâtiments avait préalablement installé des systèmes de gicleurs dans tout le complexe, ce qui a permis de sauver certains bâtiments, notamment le pavillon principal.
Les pompiers ont fait tout ce qu’ils pouvaient, a-t-il ajouté. Mais alors que les flammes se rapprochaient, des braises volaient dans tous les sens.
«Cet incendie ne s’arrêtait pas, a souligné M. Findlay. Je l’ai vu sur la caméra. Quand on se trouve au cœur de l’action, on a l’impression d’assister à un événement biblique.»
Le témoignage de M. Findlay intervient alors que l’incendie, désormais connu sous le nom de «Brunswick Complex», a vu sa superficie grimper à près de 200 kilomètres carrés et a déclenché une nouvelle vague d’ordres d’évacuation et d’alertes concernant des centaines de propriétés de la région, située à environ 200 kilomètres au nord-est de Vancouver.
Les panaches de fumée s’élevant des incendies étaient visibles depuis l’autoroute 1 à Boston Bar, où la route a été coupée par les flammes. Jeudi soir, des hélicoptères arrosaient les versants enveloppés de fumée.
M. Findlay a publié en ligne une vidéo montrant des bâtiments réduits à l'état de ruines calcinées.
L’incendie a atteint la station deux jours après que M. Findlay eut demandé dimanche à quelque 250 clients de partir dans les heures qui suivaient.
Aujourd’hui, au lendemain de la catastrophe, alors que la fumée s’élève encore des arbres et des bâtiments calcinés, M. Findlay dit ressentir «une certaine incrédulité».
Mais ils trouveront le moyen d’aller de l’avant, a-t-il ajouté. «Le lac est toujours là, tout le monde est en vie, et nous sommes déterminés.»
Des alertes d'évacuation
Julia Caranci, responsable de l’information sur les incendies au sein du BC Wildfire Service, a expliqué que des vents violents avaient provoqué une propagation «explosive» du feu, qui brûle désormais des deux côtés du fleuve Fraser.
Au cours de la nuit, le district régional de la vallée du Fraser a transformé une alerte en ordre d’évacuation pour environ 40 propriétés.
Le district régional de Thompson-Nicola a quant à lui émis une alerte d’évacuation concernant environ 61 propriétés situées dans une vaste zone s’étendant de Boston Bar à Merritt, à l’est, demandant aux habitants de se tenir prêts à partir à tout moment.
De nombreuses propriétés de la région du Fraser Canyon faisaient déjà l’objet d’ordres et d’alertes d’évacuation alors que les flammes se propageaient de manière incontrôlable.
Tyrell Williams, qui coordonne le centre d’accueil des évacués du village de Shxwhay à Chilliwack, en Colombie-Britannique, a déclaré jeudi qu’elle avait «le cœur lourd» pour les aînés autochtones contraints de fuir l’incendie.
Mais le centre n’était pas réservé aux seuls évacués autochtones: toute personne touchée par les incendies y était la bienvenue.
Elle a indiqué qu’environ 14 familles s’étaient présentées mercredi et qu’un dîner était organisé jeudi pour les évacués «afin de leur remonter le moral».
La communauté de Boston Bar, qui compte 166 habitants, est sous alerte d’évacuation, mais les habitants attendent de savoir s’ils devront eux aussi fuir. La population de la région au sens large s’élève à plusieurs centaines de personnes.
Amanda Hagen, une habitante de Boston Bar, a répondu au téléphone jeudi au Fraser Canyon Market et a mentionné que les flammes progressaient de part et d’autre de la rivière.
Au nord, Mme Hagen a indiqué qu’elle pouvait voir la «lueur» de l’incendie d’Ainslie Creek la nuit, tandis que celui de Brunswick Creek descendait la pente en direction de la rivière.
Les flammes du côté ouest de la rivière avaient progressé «d’une bonne distance» depuis mercredi, selon Mme Hagen, dont le domicile restait sous alerte d’évacuation, bien qu’elle reste vigilante au cas où l’ordre d’évacuation serait renforcé.
Il y avait «beaucoup» de pompiers dans la municipalité, a-t-elle précisé.
Une lutte constante
L’incendie d’Ainslie Creek s’étend désormais sur une superficie estimée à 170 kilomètres carrés, tandis que celui de Brunswick Creek couvre 26 kilomètres carrés.
La superficie totale des incendies, désormais regroupés sous le nom de «Brunswick Complex», a augmenté de 72 % par rapport aux 114 kilomètres carrés signalés mercredi.
Mme Caranci a expliqué que la combinaison de vents soutenus, de conditions sèches, de combustibles inflammables et d’un relief extrêmement escarpé avait contribué à aggraver les incendies ces derniers jours.
«Cela a donc eu pour effet d’intensifier le comportement et l’activité des feux, en particulier en fin d’après-midi, lorsque les températures sont les plus élevées et que l’humidité relative est la plus faible», a-t-elle expliqué.
«Lorsque les vents soufflent le long de ces pentes très, très raides, on assiste alors à ce type de propagation explosive que nous avons observée, par exemple, il y a quelques jours lors de l’incendie d'Ainslie Creek», a souligné Mme Caranci.
Des journées encore plus difficiles s’annoncent pour la lutte contre les incendies, aucune pluie n’étant prévue.
Mme Caranci a indiqué que la lutte contre l’incendie s’était orientée vers un fonctionnement 24 heures sur 24 et que les moyens mis en œuvre étaient suffisants.
«Inutile de préciser qu’il s’agit évidemment d’un moment très critique, et nous sommes sur place; ces incendies constituent pour nous une priorité absolue», a-t-elle soutenu.
Plus de 200 pompiers sont affectés au «Brunswick Complex», avec le soutien de 14 hélicoptères et d’environ 60 agents chargés de la protection des bâtiments.
Charlie Sarauer conduit la navette de Boston Bar qui emmène les habitants vers des agglomérations plus importantes pour des rendez-vous médicaux ou autres, mais désormais, ce service est principalement dédié aux personnes évacuées.
«Nous n’avons pas eu beaucoup de répit», a-t-il admis à propos de ses fonctions, s’exprimant depuis le site d’évacuation de Chilliwack.
M. Sarauer a souligné que la perspective d’être contraints de partir était «assez dévastatrice» pour les résidents de longue date.
«Certains le prennent avec philosophie, mais le fait que nous risquions de perdre nos vraies maisons suscite un sentiment de panique chez beaucoup d’entre nous, y compris moi-même», a témoigné M. Sarauer, qui vit depuis environ cinq ans avec sa compagne dans le parc local pour véhicules motorisés.
— Avec des informations de Brenna Owen à Vancouver et de Wolfgang Depner à Victoria
Darryl Greer, La Presse Canadienne