Possible manque de main-d’œuvre
Les chambres de commerce réclament le maintien des travailleurs étrangers temporaires
Les milieux d’affaires sont inquiets devant un possible manque de main-d’œuvre.
La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et sa composante de Montréal Centre Sud Ouest (CCCSOM) demandent aux gouvernements de suspendre les restrictions prévues au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).
À l’approche d’une possible guerre tarifaire, les deux organismes réclament un moratoire sur ces restrictions, affirmant qu'elles «mettent en péril les permis de milliers de travailleurs impossibles à remplacer», peut-on lire dans leur communiqué publié vendredi.
Même si Québec projette des pertes de 100 000 emplois si le président américain Donald Trump passe de la parole aux actes avec ses droits de douane, les chambres de commerce affirment que «les entreprises qui embauchent des TET (travailleurs étrangers temporaires) ont des besoins spécifiques qui ne seraient pas automatiquement comblés par des nouveaux chômeurs. Par exemple, on pense aux soudeurs et aux travailleurs dans l’industrie touristique qui œuvrent dans toutes les régions du Québec», affirment-elles.
Crainte de ralentissements et de fermetures
Un départ de ces travailleurs obligerait, selon elles, des entreprises à ralentir leur production, refuser des contrats et, dans certains cas, cesser leurs activités. «Or, disent-elles, ce sont des entreprises qui tiennent bon devant l’incertitude économique et qui sont capables d’honorer leur carnet de commandes grâce à ces travailleurs.»
La présidente-directrice générale de la Fédération, Véronique Proulx, y voit l’ajout inutile d’une «deuxième crise» et affirme que les entreprises commencent déjà «à ressentir les effets des départs imminents de ces travailleurs».
Un calcul incontournable
Anne-Marie Lelièvre, directrice générale de la Chambre de commerce de Montréal Centre Sud Ouest, souligne qu’il y a, dans la région de Montréal, tout près de 36 000 postes vacants, et ce, malgré la présence de quelque 62 000 travailleurs temporaires selon le nombre de permis délivrés en 2023. «À l'heure où un million de départs à la retraite sont attendus d'ici 2031, il est impératif d'assurer la continuité de ces programmes pour maintenir l'équilibre du marché du travail et soutenir les entreprises qui peinent à recruter», a-t-elle affirmé.
Mme Proulx reproche aux gouvernements de parler des deux côtés de la bouche en demandant aux entreprises, d’une part, d’augmenter leur productivité et, d’autre part, de réduire le nombre de travailleurs étrangers. «Réduire l’immigration de travailleurs étrangers est économiquement intenable, particulièrement au moment où nous devons mettre les bouchées doubles pour augmenter notre compétitivité. Il faut se donner les moyens pour réaliser nos ambitions et l’application d’un moratoire fait partie de la solution», affirme Mme Proulx.
Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne
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