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Yves Lessard en croisade pour le rapatriement de l’assurance-emploi

Yves Lessard, ex-député fédéral de Chambly-Borduas, Pierre Céré, porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses, et Roger Valois, ex-vice-président de la CSN, animent des assemblées publiques sur le rapatriement au Québec de l’assurance-emploi. Le 27 septembre, ils étaient à Sorel-Tracy.
Photo: Pascal CournoyerYves Lessard, ex-député fédéral de Chambly-Borduas, Pierre Céré, porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses, et Roger Valois, ex-vice-président de la CSN, animent des assemblées publiques sur le rapatriement au Québec de l’assurance-emploi. Le 27 septembre, ils étaient à Sorel-Tracy.
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L’ex-député fédéral de Chambly-Borduas, Yves Lessard, anime, en compagnie de Pierre Céré, porte-parole du Conseil national des Chômeurs et Chômeuses, et de Roger Valois, ex-vice-président de la CSN, des assemblées publiques sur le rapatriement au Québec de l’assurance-emploi, qui ont lieu partout au Québec. Durant leur tournée, qui se veut apolitique, ils revendiquent le détournement de 59 milliards $ de la caisse des employés et employeurs depuis 1996 afin d’équilibrer le budget fédéral.

L’assurance-emploi est de juridiction fédérale depuis 1940. Celle-ci avait été créée pour relancer l’économie en permettant aux chômeurs de dépenser et pour éviter que les travailleurs déménagent s'ils perdaient leur emploi. Le gouvernement a toutefois cessé de cotiser en 1989, laissant payer uniquement les employés et les employeurs.

Selon Yves Lessard, les problèmes ont débuté en 1996. « Le gouvernement de Paul Martin a commencé à utiliser les surplus à d’autres fins pour équilibrer le budget », rappelle-t-il, estimant que près de 59 milliards $ ont été détournés jusqu’à ce jour. Il qualifie même ce geste de « crime économique très grave » puisque près de 23 % de l’argent détourné provient du Québec.

Il précise qu’aujourd’hui, seulement 46 % des travailleurs sont admissibles à l’assurance-emploi en raison des nouvelles règles. « Non seulement les travailleurs n’ont pas de revenu, mais on appauvrit aussi les régions et la province », dit-il.

Celui qui s’occupait du dossier des ressources humaines et du développement social alors qu’il était dans l’opposition officielle à Ottawa affirme que le rapatriement de l’assurance-emploi au Québec pourrait se faire par un simple transfert administratif, comme ce fut le cas pour les congés parentaux.

« Il faut créer une caisse administrée par les employeurs et les employés, explique-t-il. Elle sera supervisée par le gouvernement pour s’assurer que le tout est conforme aux règles administratives. »

Selon M. Lessard, la première ministre du Québec, Pauline Marois, est en accord avec le rapatriement, tandis que le Parti libéral du Québec est très intéressé. Les autres partis seront rencontrés prochainement.

Vers une main-d'oeuvre bon marché

Yves Lessard affirme que le gouvernement fédéral planifie retirer encore 16 milliards $ de la caisse d’ici 2016, notamment grâce au projet de loi C-38 qui oblige les travailleurs saisonniers à trouver un emploi dans un rayon de 100 kilomètres à la fin de la saison. Pour ce dernier, cette loi risque d’avoir des effets dévastateurs dans les régions éloignées.

« À Gaspé et sur la Côte-Nord, les gens vivent de la pêche. Ce sont les femmes qui seront davantage touchées, car les hommes peuvent aller travailler en forêt durant l’hiver. Les femmes qui travaillent souvent en usine seront sur le chômage durant près de six mois », dit-il.

Selon M. Lessard, la nouvelle loi obligera les gens à accepter des baisses de revenus accompagnés d’augmentations de dépenses, notamment en raison d'une hausse de consommation d’essence. « Nous sommes dans une dynamique pour créer du cheap labor dans des régions ciblées », lance-t-il.

Préjugés

Yves Lessard estime par ailleurs qu'il est difficile d'éliminer les préjugés envers les bénéficiaires de l’assurance-emploi. « Lorsque les gens essaient le chômage et qu’ils se rendent compte que ce n’est pas payant, ils révisent leurs préjugés. »

Seulement 4 à 5 % des bénéficiaires détournent la loi, poursuit-il. « Il y a quand même 95 % des gens qui sont corrects et qui demandent l’assurance-emploi, car ils sont dans le trouble. »

 

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