L'engouement électoral vit des hauts et des bas
D’après les données cumulées par TC Media sur la participation citoyenne aux urnes, il semblerait que la motivation se mesure géographiquement.
Une élection municipale a rarement été aussi attendue que celle du 3 novembre prochain. Alors que dans certaines villes de la province le nombre de candidats a bondi jusqu'à 300 % par rapport au dernier scrutin, la Montérégie ne connait qu’une hausse de 12,20 %.
La Couronne Sud de Montréal se classe donc au huitième rang des 17 régions du Québec, révèle une analyse de TC Media. Des aspirants politiciens ont d’ailleurs été introuvables dans six municipalités de la Vallée-du-Richelieu.
Gilles Plante (McMasterville), Jacques Villemaire (Saint-Denis-sur-Richelieu), Sébastien Raymond (Saint-Charles-sur-Richelieu), Michel Aubin (Saint-Mathieu-de-Beloeil) et André Lefebvre (Sainte-Madeleine) ont en effet été réélus sans opposition.
« Dans les 13 municipalités de la MRC de la Vallée-du-Richelieu, 172 candidatures ont été déposées sur une possibilité de 95 postes. À l’heure actuelle, 38 candidats ont été élus ou réélus sans opposition. La moyenne d’élus sans opposition sur notre territoire est de 40 %, ce qui est nettement plus bas que la moyenne provinciale de 2009, qui était de 56 % », souligne Ariane Levasseur, agente de communication à la MRC de la Vallée-du-Richelieu
Engouement inégal au Québec
Au final, à peine 509 personnes de plus qu’en 2009 tentent leur chance pour l’un des 8053 postes disponibles.
Isabelle Lacroix, professeure adjointe de politique canadienne et québécoise à l’Université de Sherbrooke, explique que les candidatures sont entrées rapidement cette année, ce qui a laissé croire à un « boom » d’aspirants politiciens. « Peut-être que les gens s’étaient préparés depuis longtemps », suggère-t-elle.
Président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Rimouski, Éric Forest paraît plutôt soulagé de voir les candidatures en hausse. « Le balancier aurait pu tomber d’un côté comme de l’autre. Les gens auraient pu se désintéresser de la politique municipale », fait-il remarquer.
Plus de femmes
D’après des données publiées par le MAMROT, ce sont les régions de Laval (50 %), de l’Abitibi-Témiscamingue (35 %), de Montréal (32 %) et de la Mauricie (32 %) qui comptaient le plus de femmes élues en 2009.
Les candidatures féminines poursuivent d’ailleurs leur croissance en flèche. Sur les 509 candidatures supplémentaires déposées pour les élections 2013, 415 proviennent de femmes. Une hausse qui porte le poids des femmes à 28,8 % des postulants.
À plus ou moins 21 % de la parité peut-on y arriver? Pour l’UMQ, il faut y arriver. « C’est clair qu’il faut viser le meilleur reflet possible de la communauté », convient M. Forest.
Isabelle Lacroix l’espère, mais en doute pour des raisons qui sortent cependant de son champ d’expertise. « On tombe dans les profils psychologiques, que la politique serait un milieu agressif et que les femmes auraient plus peur de l’échec… Est-ce qu’il y a aussi une persistance culturelle que ce n’est pas la place des femmes et qu’elles ne se voient pas occuper ce genre de poste? », s’interroge-t-elle.
La bonne nouvelle, c’est que les électeurs n’ont pas de comportement discriminatoire dans l’isoloir. Selon les statistiques de l’élection 2009, les femmes ont représenté 27 % des candidats et 27,5 % des élus.
Taux de participation anémique
D’après les données cumulées par TC Media sur la participation citoyenne aux urnes, il semblerait que la motivation se mesure géographiquement.
Les régions du Nord et de l’Est-du-Québec ont été de loin les plus actives en 2005 avec une moyenne près des 60 % des résidants qui ont voté. En comparaison, la Montérégie (42,87 %) affiche l’un des pires taux de participation.
À quelques semaines du Jour J, Éric Forest dit sentir un intérêt beaucoup plus fort, mais selon lui, tant que les citoyens ne prendront pas conscience des véritables responsabilités des municipalités, le taux de participation risque malheureusement de demeurer décevant.
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Jour 13: les répercussions de l'escalade commerciale sur le Québec inquiètent
L'escalade des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis a continué de s'immiscer mardi dans la campagne électorale québécoise, au moment où les droits de douane de rétorsion canadiens sont officiellement entrés en vigueur et pourraient faire mal à l'économie de la province. Au jour 13 de la campagne, la porte-parole de ...
LIRE LA SUITE
Guerre tarifaire: Québec annonce de nouvelles mesures
Le gouvernement du Québec annonce de nouvelles mesures « afin d'atténuer le plus possible » les impacts des nouveaux droits de douane imposés récemment par les États-Unis, alors que la réplique des contre-tarifs canadiens est entrée en vigueur aujourd'hui. Au nombre de celles-ci, un nouveau décret autorise le Centre d'acquisitions ...
LIRE LA SUITE
Guerre tarifaire: voici les produits américains touchés par les contre-mesures
À compter de ce mardi 8 septembre, à 0 h 01, une longue liste de produits en provenance des États-Unis sera assujettie à de nouveaux droits de douane canadiens. Cette mesure fait suite à la décision de Washington d'imposer, depuis le 22 août, des droits de douane de 50 % sur des produits canadiens totalisant 27,6 milliards de dollars. Ottawa ...
LIRE LA SUITE