Les états financiers devront être vérifiés
Le ministre du Travail, Jean Boulet, va exiger plus de transparence des syndicats
Les syndicats devront ouvrir leurs livres de comptes et faire preuve de plus de transparence à l’endroit de leurs membres. Le ministre du Travail, Jean Boulet, va exiger que leurs états financiers soient vérifiés, c’est-à-dire «analysés, certifiés et élaborés par des comptables professionnels agréés».
«C'est le comptable qui débarque dans une association syndicale et qui s'assure de vérifier les livres», a expliqué le ministre.
Jean Boulet a laissé entendre que cette nouvelle exigence était liée aux «dérives» à la FTQ-Construction rapportées par le «Journal de Montréal».
Le média a révélé que des dépenses d’alcool et de repas au restaurant avaient été approuvées par la haute direction du grand syndicat de la construction, parmi lesquelles du scotch à 55 $ le verre, du whisky japonais à 30 $, du filet mignon à 80 $ et autres.
«Quand on est syndiqué, on paye une cotisation. On a le droit de savoir comment est utilisée notre cotisation, et l'état financier vérifié va certainement donner des réponses», a-t-il affirmé.
Selon lui, cette nouvelle mesure permettra aux travailleurs de poser davantage de questions à leur syndicat lors des assemblées annuelles.
Mais le gouvernement ne va pas aussi loin que d’exiger que les états financiers des syndicats soient rendus publics.
Un syndicat qui refuserait de se conformer à cette nouvelle exigence du gouvernement sera passible d’une amende entre 500 $ à 2500 $. Le montant des amendes augmente de façon importante en cas de récidive.
Cette mesure se retrouve dans un projet de loi que le ministre a déposé jeudi matin à l’Assemblée nationale.
«Manœuvre antisyndicale»
Le torchon brûle déjà entre le ministre Boulet et les syndicats en raison de son autre projet de loi qui vise à limiter le droit de grève dans certaines conditions.
D’ailleurs la CSN a dit accueillir «froidement» l’initiative du ministre qu’elle qualifie de «manœuvre antisyndicale».
«En imposant des contraintes sur la transparence financière aux associations syndicales tout en épargnant les associations patronales des mêmes exigences (...), le ministre nuit aux organisations syndicales, une fois de plus», a indiqué la présidente de la CSN, Caroline Senneville, par voie de communiqué.
Le projet de loi du ministre propose aussi une pléthore de mesures «pour s'assurer de maintenir l'efficacité, l'équité et la cohérence de certains aspects des lois qui encadrent le monde du travail».
La pièce législative prévoit notamment des amendes spécifiques pour toute personne qui entrave le travail d’un enquêteur qui vient vérifier si une entreprise utilise des briseurs de grève.
«C’est bien, mais c’est insuffisant. Les employeurs qui recourent aux briseurs de grève le font pratiquement en toute impunité», a réagi Caroline Senneville, qui demande un projet de loi avec plus de «mordant».
La pièce législative va aussi permettre à un travailleur de maintenir son lien d’emploi si son absence est liée à une règle de santé publique ou un sinistre.
Thomas Laberge, La Presse Canadienne
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