Marie Tota et Umir Tiar
Deux Canadiens sont détenus par Israël, selon des organisateurs de flottille
Par La Presse Canadienne
Un organisateur de flottille montréalais a affirmé que deux Canadiens avaient été arrêtés par Israël après que les bateaux à bord desquels ils naviguaient ont été interceptés dans la nuit, alors qu'ils tentaient de briser le blocus naval de Gaza, en place depuis près de vingt ans.
La flottille Global Sumud a identifié les Canadiens comme étant Marie Tota et Umir Tiar.
L'organisateur Ehab Lotayef s'est entretenu avec La Presse Canadienne depuis la Sicile après que l'interception a contrecarré ses plans et ceux de cinq autres Canadiens qui devaient prendre la mer pour rejoindre la flottille, partie de Barcelone au début du mois.
Il a indiqué que 22 bateaux ont été interceptés à l'ouest de l'île grecque de Crète, à plus de 500 milles marins d'Israël et de Gaza, et que les organisateurs n'ont pas encore pu contacter les personnes détenues.
M. Lotayef juge alarmant qu’Israël ait intercepté les bateaux si loin de ses propres côtes, une manœuvre qui, selon lui, équivaut à un enlèvement illégal, d’autant plus que les activistes de la flottille sont des civils non armés qui tentent d’acheminer de l’aide et d’attirer l’attention sur la crise humanitaire à Gaza.
Il a appelé le gouvernement canadien à «faire preuve de courage» et à prendre des mesures pour garantir que les Canadiens détenus rentrent chez eux sains et saufs.
Affaires mondiales Canada n’a pas immédiatement répondu à une demande pour commenter la situation.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré sur les réseaux sociaux qu’il avait arrêté environ 175 activistes à bord de plus de 20 bateaux participant à la flottille.
Le ministère a expliqué avoir pris des «mesures précoces» pour intercepter la flottille en raison du grand nombre de navires et de la nécessité d’empêcher la violation de son blocus, affirmant que le Hamas était à l’origine de cette flottille.
Jeudi, le ministère turc des Affaires étrangères a condamné la dernière saisie de bateaux de la flottille, la qualifiant d’«acte de piraterie».
L'automne dernier, Israël avait placé en détention plus de 400 activistes, dont Greta Thunberg et le petit-fils de Nelson Mandela, lors de la première traversée de la flottille Global Sumud. Peu après, six Canadiens naviguant à bord de la flottille Freedom, qui tente depuis 2010 de faire accoster des navires à Gaza, avaient également été arrêtés.
Israël a ensuite expulsé les participants, qui ont affirmé avoir été maltraités par les autorités israéliennes pendant leur détention. Les autorités israéliennes ont nié ces accusations.
La légalité du blocus naval imposé par Israël dans les eaux internationales fait débat, mais certains experts affirment que le droit international protège l’acheminement de l’aide, quoi qu’il en soit.
Israël estime que son blocus naval est nécessaire pour empêcher le Hamas d'importer des armes, tandis que ses opposants y voient une punition collective.
– Avec des informations de l'Associated Press
Kathryn Mannie, La Presse Canadienne
