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Pour favoriser l'intégration sociale

Certains filleuls sont en attente d’un parrain ou d’une marraine depuis quelque temps.
Photo: Thinkstock

Certains filleuls sont en attente d’un parrain ou d’une marraine depuis quelque temps.

Parrainage civique de la Vallée-du-Richelieu est un organisme communautaire qui favorise l'intégration sociale de personnes présentant une déficience intellectuelle ou un trouble de santé mentale. Les usagers sont jumelés avec des citoyens bénévoles, qui les sortent de leur solitude par la pratique d'activités. Chaque année, l'organisme vient en aide à des dizaines de personnes. Les parrains et marraines peuvent être en relation avec cinq « filleuls » à la fois. Le service s'adresse tant aux adolescents qu'aux adultes.

Gérard Guimond, directeur général de l'organisme, fait le jumelage en fonction des intérêts de chacun. « Le but est qu'une amitié se développe. On essaie le plus possible de respecter les goûts de tout le monde. Par exemple, un musicien aura des points communs avec un jeune qui joue du violon. Les bons jumelages créent des relations durables. Cette année, notre plus vieux jumelage fête ses 22 ans. Il s'agit d'un professeur en relation avec un filleul qui ne savait pas lire. Aujourd'hui, le filleul lit le journal à son parrain. »

Bruno Martin est parrain de Jonathan, un trisomique avec qui il fait toutes sortes d'activités. « Nous adorons le hockey. Pendant la saison, nous écoutons les parties ensemble. L'hiver, nous faisons du ski. L'été, on se lance la balle. Il nous arrive aussi d'écouter des films. Ça n'a pas besoin d'être compliqué. Nous avons du plaisir simplement. »

L'objectif est avant tout de donner une vie normale à des gens souvent laissés pour compte. En raison de leur handicap, ils n'ont pas beaucoup d'amis. Parrainage civique sert à créer une relation interpersonnelle hors des réseaux des intervenants du milieu de la santé et de l'éducation.

Certains filleuls sont en attente d'un parrain ou d'une marraine depuis quelque temps. Selon M. Guimond, il est plus ardu de trouver quelqu'un pour les déficients intellectuels moyens ayant des difficultés de communication. Pour eux, l'organisme a développé un projet qui permet à un étudiant de les emmener en sortie sur une base régulière.

Devenir parrain ou marraine

Un bénévole intéressé au parrainage doit prendre part à une rencontre et expliquer ses motivations. Il doit aussi avoir deux références. Après des vérifications d'usage par les policiers, le candidat est invité à participer à une activité ponctuelle pour évaluer s'il est à l'aise avec la clientèle.

Le jumelage est ensuite créé en se fiant aux affinités et aux impressions des futurs partenaires. Au moins une activité par mois doit être organisée.

Pour qu'un filleul soit parrainé, ce dernier doit être stable car les parrains et marraines n'ont pas les compétences psychologiques requises pour gérer des situations problématiques.

Un jumelage dure en moyenne quatre ans. La séparation peut être causée par plusieurs facteurs (maladie, déménagement, changement de travail, divorce, etc.). M. Guimond voit la fin d'une relation comme une étape dans l'intégration sociale. « Ça fait partie de l'intégration de perdre un parrain et de continuer d'avancer. Il y a un deuil à faire comme dans n'importe quelle situation. On veut valoriser les filleuls, sans trop les protéger. »

Bruno Martin adore son expérience. Parrain depuis trois ans et demi, il apprécie beaucoup son contact avec Jonathan. « Cette relation m'aide à apprécier les choses simples de la vie. Je garde en tête que Jonathan, malgré son handicap, profite de la vie. Ça m'incite à faire la même chose. »

Gérard Guimond aimerait voir encore plus de gens participer au programme. « On a besoin de figure masculine et de famille pour parrainer les gens qui en ont besoin. Avant, ces gens-là étaient intégrés dans notre société. Tout le monde en prenait soin au quotidien. Aujourd'hui, la différence fait peur. Parrainage civique tente d'éliminer ces tabous. »

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