Elaine Proulx, un modèle de positivisme
En restant positive, la Beloeillois Elaine Proulx est venue à bout de son cancer du sein. (Photo : Patrick Maher)
Apprendre que l'on est atteinte du cancer du sein n'est jamais chose facile. Malgré tout, certaines femmes réussissent à rester positives tout au long de cette épreuve. C'est le cas d'Elaine Proulx, 47 ans, qui a affronté sa maladie en gardant toujours confiance qu'elle allait s'en sortir.
Depuis au moins une vingtaine d'années, cette résidante de Beloeil sentait que quelque chose clochait avec son corps. À la naissance de son fils, il y a six ans, ce pressentiment s'est empiré. Mais chaque fois qu'elle consultait un médecin, on lui disait de ne pas s'en faire et qu'il s'agissait de simples kystes. Son sein lui semblait toutefois plus gros et plus pesant.
En décembre, après un an d'attente, elle a finalement pu rencontrer un médecin qui lui a fait passer une mammographie. On l'a ensuite référée à une autre clinique où elle a passé pas moins de six mammographies. Une semaine plus tard, elle passait une biopsie et on lui annonçait qu'elle était atteinte d'un petit cancer du sein.
On l'a opérée en février, mais la masse s'est avérée plus grosse que prévue. « On m'a dit que j'étais chanceuse d'avoir une bonne poitrine, car sinon ils auraient été obligés de tout enlever », explique-t-elle.
Après cette opération, on lui a confirmé que toutes traces de cancer avaient été éliminées. Toutefois, puisque la masse était plus grosse que prévue, elle a dû faire quatre mois de chimiothérapie préventive à intervalle de trois semaines entre chaque séance, qui durait une journée complète. Puis, quelques semaines plus tard, elle a fait des séances de radiothérapie d'une dizaine de minutes chacune pendant 20 jours consécutifs. Son dernier traitement a eu lieu le 14 septembre. Elle devra également prendre des médicaments pour les cinq prochaines années.
Une sorte de soulagement
Bien que le fait d'apprendre qu'on a un cancer du sein soit assurément une mauvaise nouvelle, pour Elaine Proulx, ce fut en quelque sorte un soulagement. « Sur le coup, j'étais un peu soulagée parce que je savais que j'avais quelque chose et il fallait le trouver pour le guérir. Ce qui m'inquiétait le plus était mon entreprise de vêtements pour grandes femmes. Je me disais qu'il fallait que je m'organise, que je ne pourrais plus être à la boutique. Je savais que je passerais à travers. C'est vraiment le côté technique qui m'inquiétait. Mon cancer a été pris tôt et je suis toujours demeurée positive. Je n'ai jamais pensé une minute que j'allais mourir de ça. »
Elaine Proulx était tellement positive qu'elle était vue comme un modèle par les autres patientes qui suivaient des traitements à ses côtés. La nouvelle a été surtout dure à prendre pour son entourage. « Quand je l'ai annoncée à mon chum et à ma fille, j'ai pleuré un peu, mais ma fille pleurait plus que moi. Ça ne m'a pas donné un gros coup. Je connais des gens qui s'en sont sortis. Je suis une fille quand même forte. »
Bien que les traitements de chimiothérapie soient reconnus pour causer beaucoup de fatigue aux patientes, Mme Proulx affirme qu'elle était un peu abattue sur le coup, mais que deux jours après elle « pétait le feu ».
La chance d'être bien entourée
Elaine Proulx se compte chanceuse d'avoir été si bien entourée par son conjoint Daniel, ses deux filles Julie-Pier et Marie-Anne, et son petit garçon Martin. « Tout le monde me disait que j'étais assez forte et que j'allais m'en sortir. »
Elle n'hésitait d'ailleurs pas à aborder franchement le sujet de sa maladie, sans être mal à l'aise. Elle croit également qu'il est très important de parler franchement à ses enfants pour leur expliquer ce qui se passe. Elle a d'ailleurs impliqué son jeune garçon en l'amenant avec elle en radiothérapie et en lui demandant de raser ses cheveux. Son conjoint Daniel s'est également beaucoup impliqué. Il l'accompagnait chez le médecin et prenait congé le lendemain de ses séances de chimiothérapie pour prendre soin d'elle. Il s'est de plus chargé d'annoncer la nouvelle à leur fils.
Mme Proulx souligne également une drôle de coïncidence : sa fille de 20 ans, Julie-Pier, s'était inscrite pour participer au Cyclo-défi Enbridge contre le cancer avant même d'apprendre que sa mère en était atteinte. Elle a dû récolter 2500 $ pour prendre part à cet événement, en juillet.
Petite crainte
Bien qu'elle soit toujours demeurée positive, Elaine Proulx affirme qu'elle restera toujours avec une petite crainte. Lorsqu'on lui a annoncé qu'elle devrait faire de la chimiothérapie et de la radiothérapie, elle avoue s'être demandé pourquoi cela était nécessaire puisque toutes traces de cancer étaient censées avoir disparues.
« Cette expérience m'a appris qu'il fallait que je ralentisse un peu et que je prenne plus soin de moi que de mon entreprise. »
Elle aimerait également dire aux femmes d'écouter leur corps. « On le sait quand il y a quelque chose de pas correct, notre corps nous le dit. Il faut aussi toujours rester positive. Il y a toujours de l'espoir. Il faut se faire confiance et se dire qu'on va passer au travers. C'est comme ça qu'on va s'en sortir. Je crois aussi qu'il ne faut pas attendre à 50 ans pour passer une mammographie, surtout si on a des doutes. »
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