Le combat de Manon Chagnon
Manon Chagnon, qui préfère demeurer discrète, a appris à profiter de la vie. Chaque matin, elle fait des promenades d'environ sept kilomètres avec sa voisine. (Photo : Patrick Maher)
Le 30 janvier 2011 est un jour dont Manon Chagnon se souviendra longtemps. À 59 ans, elle a appris qu'elle était atteinte du cancer du sein. Bien que son combat contre le cancer battait toujours son plein au moment où elle a accepté d'accorder une entrevue au Vallée-du-Richelieu Express.ca, la Beloeilloise, qui a assisté à sa dernière séance de radiothérapie le 5 octobre, a accepté de se confier, tout juste après être revenue de son traitement.
C'est durant une simple mammographie de routine, comme elle avait l'habitude d'en passer tous les deux ans, que le doute s'est établi dans la tête des médecins. « Un soir, j'avais un message sur mon répondeur. On me disait qu'il fallait que je me rende à Longueuil dans un centre de radiographies, car ils voulaient un agrandissement et me faire passer une échographie », explique-t-elle.
Après lui avoir fait passer cette échographie, le radiologiste lui a annoncé que c'était un cancer. Elle a donc pris un rendez-vous pour passer une biopsie. Deux semaines plus tard, à l'hôpital Pierre-Boucher, on lui confirmait qu'elle avait effectivement un cancer. Elle a été opérée le 16 mars. Elle a également fait quatre traitements de chimiothérapie préventive, espacés de trois semaines, et plus tard, 21 traitements de radiothérapie consécutifs. Elle devra prendre des médicaments au cours des cinq prochaines années.
« À Longueuil, j'étais toute seule. En repartant, je pleurais beaucoup et je suis allée chez ma sœur pour lui annoncer que j'avais le cancer. Elle m'a parlé et elle m'a dit que ce n'était pas grave, qu'il y avait des traitements et que tout allait bien se dérouler. C'était un vendredi. J'ai pleuré tout ce que j'avais à pleurer durant la fin de semaine qui a suivi. Je me disais : je suis malade, moi qui a peur des piqûres et des opérations. Mais le lundi, je suis retournée travailler et je me suis ressaisie émotionnellement. Je suis retombée vite sur mes pattes. Je suis quelqu'un qui va s'énerver, mais seulement une fois rendue à l'opération. J'y ai pensé beaucoup le 16 mars au matin. Je me disais que j'allais guérir. Je l'ai toujours pensé », confie-t-elle.
Manon Chagnon habite seule depuis son divorce et c'est un choix de vie qu'elle a toujours bien assumé. Cette épreuve lui a toutefois permis de réaliser à quel point beaucoup de gens tiennent à elle. « Il y a beaucoup d'amis qui venaient me voir et qui s'occupaient de moi. Mon moral a toujours été bon. Je n'ai jamais angoissé. Je ne pensais pas qu'il y avait tant de monde qui m'aimait. »
Bien qu'elle ait fini par accepter de prendre part aux traitements, sur le coup, Mme Chagnon avait refusé de faire de la chimiothérapie. « Quand on m'a dit tous les effets secondaires de la chimio, j'étais avec ma belle-sœur et j'ai dit que je n'allais pas faire ça. Le médecin m'a renseigné et m'a expliqué que si le cancer revenait, cela reviendrait en métastases. Alors m'a belle-sœur m'a dit de prendre sur moi. J'y ai pensé et j'ai accepté. »
Toujours active
Manon Chagnon a toujours été très active. Son cancer ne l'a pas empêché de continuer de faire des promenades d'environ sept kilomètres tous les matins, avec sa voisine. « Je suis anti-pilules et la chimio utilise plein de produits chimiques, mais ça prend ça pour guérir, donc je me suis dit que si je m'oxygénais le plus possible, les produits chimiques allaient partir plus vite. »
Bien qu'elle ait été secouée par la nouvelle, elle est toujours demeurée positive. « Il y a toujours du positif dans le négatif. Quand je regarde les enfants malades qui commencent leur vie et qui gardent quand même le sourire, je me dis que moi ce n'est pas si grave que ça. Ça m'a aussi appris à profiter de la vie. Je profite du temps avec mes enfants, mes petits-enfants et mes amis. »
Un message aux femmes
Manon Chagnon aimerait lancer un message à toutes les femmes atteintes du cancer du sein. « Il ne faut pas se laisser aller. Il faut se dire : je vais guérir. Il ne faut pas tout le temps se dire qu'on est malade, car on va l'être plus. Il ne faut pas y penser. Il faut sortir, voir du monde. »
Et comment voit-elle l'avenir ? « Je reprends ma vie, c'est tout », a-t-elle conclu.
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