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Plus qu'une question de taxes

Être reconnu comme membre des Premières Nations ne signifie pas simplement ne pas payer de taxes et d'impôts. Au contraire, plusieurs autochtones vivant en dehors d'une réserve ne sont pas exemptés de ces obligations fiscales. Et la décision de la Cour fédérale de reconnaître les Métis et les Indiens non inscrits ne change rien à tout cela !

En effet, les Indiens doivent vivre dans une réserve pour être exempté de taxes et d'impôts. « Je paye mes impôts et je dois aussi payer mes taxes sur les produits. Pour la balance, les études sont payées par le gouvernement et nous avons les mêmes soins que les Indiens vivants en réserve, comme l’accès au médecin et au dentiste », mentionne le Beloeillois Jean-François Aubin, un Malécite vivant hors réserve.

De son côté, le résidant d’Otterburn Park d’origine malécite Richard Ruest affirme ne pas avoir d’allégement fiscal en raison de son origine amérindienne. « Je n’ai jamais récupéré d’argent parce que je suis autochtone, car ma famille habite très loin dans le Bas-Saint-Laurent. J’ai une carte bleue pour l’essence qui me permet de ne pas payer les taxes, mais je n’ai pas le droit de l’utiliser hors réserve. »

Bien que les membres des Premières Nations vivant à l’extérieur des réserves paient aussi les taxes et les impôts, les préjugés et les histoires négatifs sont monnaie courante à leur égard.

Selon le fondateur de la Maison amérindienne de Mont-Saint-Hilaire, André Michel, les autochtones ne sont pas différents des Blancs. Tout serait une question de perception.

« Chez les Blancs, il y a aussi des opportunistes qui ne pensent qu’à organiser l’autre, dit celui qui a vécu 15 ans en compagnie d'autochtones. Chez les Indiens, le phénomène existe aussi. Ce n’est pas parce qu’ils sont Indiens qu’ils n’ont pas de défaut. Sauf que quand c’est eux, on ne voit que cela. »

M. Michel constate que ce sont souvent des commerçants blancs qui trichent en exemptant les autochtones de taxes pour faire des ventes supplémentaires et que la livraison dans les réserves ne se fait presque plus.

Au-delà de l'aspect monétaire

André Michel craint que plusieurs soient tentés de se faire officiellement reconnaître comme Indiens uniquement pour les exemptions fiscales à la suite de la décision de la Cour fédérale. Pour ce dernier, l'identité amérindienne représente bien plus qu’une simple question d'argent.

« Il faut faire des recherches sur les racines indiennes si les gens veulent épouser certaines valeurs qui proviennent de ces gens-là. Ce n’est pas uniquement matériel. Quelque part, se faire reconnaître uniquement pour une question monétaire, c’est organiser le système social et le mettre en péril. Si l'on veut que les services sociaux fonctionnent, il faut payer nos taxes et nos impôts. »

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