Accro à Facebook
Depuis sa rupture, David, de Mont-Saint-Hilaire, partage tout sur Facebook. Du bout de son clavier, il met à jour son quotidien virtuel. Avec plus d'un milliard d’utilisateurs actifs, ce populaire réseau social semble être devenu une drogue pour les Internautes comme David.
Ce dernier craint d'ailleurs d'être devenu accro au populaire réseau social. Photos, états d’âme et commentaires sont dévoilés sans aucune inhibition. Il utilise son profil pour y faire des rencontres.
« C’est une bonne façon pour rejoindre les gens. Je ne sors pas beaucoup dans les bars et je n’aime pas les sites de rencontre. Sur Facebook, tu te fais approcher facilement. On se fait un aperçu de la personne. Le site reflète la société, il y a des gens bizarres et d’autres intéressants. »
Le jeune homme, qui préfère ne pas dévoiler son nom de famille, visite son portail plusieurs fois par heure, sauf lorsqu’il est trop occupé au travail. Son téléphone intelligent en facilite l’accessibilité.
Selon une récente enquête d’Hebdos Québec et de Léger Marketing, 73 % des Québécois affirment avoir une dépendance à Internet. Mais Magali Dufour, docteure en psychologie au Campus de Longueuil de l’Université de Sherbrooke, suggère de ne pas sauter trop vite aux conclusions. « La cyberdépendance n’est pas un diagnostic reconnu, à cause de la difficulté d’en trouver la définition. Une dépendance nécessite une perte de contrôle, une obsession et des conséquences significatives, des données qui sont difficiles à saisir en cyberdépendance. »
Pour la docteure, le mot « cyberdépendant » est galvaudé, ce qui vient banaliser la souffrance de certains Internautes. Les tests d’évaluation sur la cyberdépendance peuvent fournir des signaux d’alarme aux usagers du Web.
« Les réseaux sociaux ont émergé en 2007, explique-t-elle. Nous avons peu de recul. La société ne s’est pas encore donné de barèmes sur la place que ça devrait prendre dans nos vies. Il est possible qu’on y perde trop de temps, on serait alors un utilisateur à risque. »
« Facebook a la particularité de mêler le réel et l’irréel » Daniel Labarre, émotivothérapeuthe et professeur d’informatique
Traitement
Ainsi, des programmes d’aide ont vu le jour depuis peu. Le centre de traitement de dépendances Semlavie, situé à Richelieu, offre des thérapies. Daniel Labarre, émotivothérapeuthe et professeur d’informatique, a lui-même souffert de cyberdépendance dans le passé.
« La thérapie ressemble à celle destinée aux dépendants du jeu. Par la prise de conscience, on traite avant tout de la problématique sous-adjacente au développement de la dépendance. Ça fait partie de l’état émotif. Il y a autant de raisons derrière la cause de la cyberdépendance que de gens qui vont utiliser Internet. »
Selon lui, tous les internautes s’exposent à la cyberdépendance, peu importe leur groupe d’âge. « Facebook a la particularité de mêler le réel et l’irréel, mentionne M. Labarre. Il s’agit de vraies gens, mais qui ne partagent pas de contact dans un environnement direct. Par exemple, un ''mésadapté'' social a la possibilité de réécrire ou d’effacer son commentaire en ligne. Il n’y a pas de danger réel lors de l’interaction. »
Le jeune David voit autant d’avantages que de désavantages aux réseaux sociaux. « Facebook rapproche les gens qui sont loin de toi et éloigne tes proches. On parle plus souvent aux connaissances, on est courant de leur vie. Cependant, on se déplace moins pour rencontrer nos amis, parce qu’on a l’impression de les voir chaque jour ».
David songe à fermer son compte Facebook lorsqu’il aura une copine. Mais d'ici là, il continuera à y mettre du temps. Comme David est loin d'être le seul dans une telle situation, la Journée mondiale sans Facebook, qui a lieu le 28 février, représente tout un défi !
Pour de l'information et faire des tests sur la cyberdépendance, visitez le www.semlavie.com.
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