Gaz de schiste : les opposants pressent le ministre de l’Environnement
Les opposants aux gaz de schiste ne sont pas du tout rassurés par les promesses du ministre de l'Environnement du Québec, Yves-François Blanchet, au début du mois de février, qui annonçait son intention d’imposer un moratoire sur les activités d’exploration et d’exploitation.
Le Regroupement interrégional gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent (RIGSVSL) doit d’ailleurs rencontrer le chef du cabinet du ministre, le 3 avril, afin d’obtenir des réponses. « Le ministre ne répond pas. Nous avons milité fort pour le faire élire et il lève le nez sur nous », déplore le coordonnateur général du RIGSVSL, Serge Fortier.
Ce Regroupement, qui représente une centaine de comités contre les gaz de schiste, croit que le ministre a fait cette annonce simplement pour calmer le jeu. « Les gens croient qu’il y a un moratoire, et qu’on n’a plus besoin de se battre, mais il n’y a rien de fait. Il n’y a même pas de projet sur la table. Ce n’est qu’un vœu pieux. Nous n’avons aucune garantie que le Parti québécois va aller dans ce sens », continue M. Fortier.
Ce dernier estime qu’il ne s’agit que d’une mascarade en vue de mieux faire passer les gaz de schiste. « Le gouvernement a voulu ''noyer le poisson'' pour que les gens croient que c’est réglé, mais il n’y a rien de gagner, continue M. Fortier. Il y a des manigances en dessous de ça, pour que ça continue de se jouer dans les bureaux. Le gouvernement se fait tirer l’oreille par l’industrie. »
Le RIGSVSL insiste pour que tout type de fracturation hydraulique soit inclus dans cet éventuel moratoire. « Ils ne disent rien sur le pétrole de schiste, qui est présent sur la Rive-Nord du Saint-Laurent, surtout dans le coin de Champlain, clame Serge Fortier. Il y a une différence entre le pétrole qu’on connaît qu’on va chercher dans des poches et le pétrole de schiste. Du moment qu’il y a une fracturation de la roche, il y a du danger. »
Des scénarios peu rassurants
Celui-ci n’est pas non plus rassuré par les travaux du Comité de l’évaluation environnementale stratégique (CÉES). D’autant plus que le CÉES vient de publier un document dans lequel il évalue cinq scénarios de développement sur une période de 25 ans. Ceux-ci varient de « aucun développement » à un développement à « grande échelle », en passant par « l’exploration seulement », le développement « à petite échelle » et à « moyenne échelle ».
« Ils devraient se pencher sur l’évaluation environnementale plutôt que d'élaborer des scénarios de développement, s’insurge Serge Fortier, qui s’inquiète aussi du fait que les études en grande profondeur ne soient pas assez évoluées. On sait déjà qu’il y a du méthane qui remonte et qu’il s’est formé des chemins entre les roches. Les études hydriques ne se concentrent que sur les cent premiers mètres, mais on est dans l’inconnu sur ce qu’il y a en dessous. »
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