Le développement résidentiel atteint ses limites dans la Vallée-du-Richelieu
Les nouvelles constructions se multiplient dans le paysage de la Vallée-du-Richelieu. Ce boom immobilier plaît aux élus en raison de ses revenus notables. Toutefois, la région a ses limites.
Les récentes données provisoires de la MRC de la Vallée-du-Richelieu indiquent en effet qu'il ne reste qu'environ 12 % du territoire reste à développer. Cela signifie que la région pourrait accueillir encore 7488 nouvelles unités de logement au cours des années à venir.
Les espaces vacants varient énormément d’une municipalité à l’autre. Malgré ses 19 % de terrains disponibles, McMasterville ne peut plus prendre de l’expansion à court terme. « Dans le territoire qui reste, il y a l’immense terrain contaminé de l’ancienne usine CIL, indique le maire Gilles Plante. À la fermeture de l’usine, en 1999, le développement immobilier a été la planche de salut de la Ville qui a pu se relever de cette perte économique. C’est le seul moyen de taxation qu’on possède. »
La municipalité souhaiterait modifier le zonage de deux terres agricoles pour poursuivre sa croissance, tout en respectant l’environnement.
Saint-Jean-Baptiste n’a plus de marge de manœuvre, avec ses 2 % de terres « blanches ». Une situation qui préoccupe le directeur général de la Ville, Denis Meunier. « Avec notre récent développement, nous avons empli tous les espaces disponibles. Pour l’économie de la municipalité, ce n’est pas l’idéal. Il serait préférable d’avoir un minimum de nouvelles constructions pour ajouter à la richesse foncière, mais ce n’est pas possible dans les conditions actuelles. »
Pour un développement durable
Jean-François Girard connait bien la région. Ce biologiste et avocat spécialisé en droit municipal et environnemental déplore le manque vision à long terme du déploiement immobilier.
« Au Québec, nous n’avons pas encore réussi à prendre le virage d’un développement durable. La seule notion est le développement économique. Même dans le périmètre urbain, il y a des milieux naturels dont il faut tenir compte. Le territoire est une ressource définie qui ne peut toujours pas continuer à s’accroitre. Il faut un modèle d’urbanisation à long terme. L’enjeu du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) est crucial. »
La position de Saint-Marc-sur-Richelieu est enviable avec 29 % d’espaces vacants, soit le plus haut taux de la MRC. Une situation qui n’est pas prête de changer selon le maire Jean Murray. « Nous venons de terminer un beau quartier de 120 unités de logement, la plupart en autoconstruction. Nous en débutons un autre de la même envergure et ce sera tout. Nous ne voulons pas développer l’immobilier. Nous n’avons pas besoin de densifier notre territoire. On veut conserver notre caractère champêtre. Saint-Marc-sur-Richelieu peut garder sa qualité de vie à la campagne, rester un havre de paix, tout en ayant un revenu supplémentaire. »
Selon un règlement municipal, toute unité de logement requiert d'ailleurs un terrain de 10 000 pieds carrés à Saint-Marc-sur-Richelieu.
La MRC a procédé à cette évaluation provisoire en lien avec le PMAD de la Communauté métropolitaine de Montréal, afin de viser une cohérence du développement dans l’ensemble du territoire et une urbanisation optimale.
L’adjointe à la coordination de l’aménagement de la MRC, Margerie Lorrain-Cayer, estime que le développement résidentiel, commercial et industriel poursuivra sa progression durant les prochaines années.
Répartition de la superficie des espaces vacants
Villes Proportion relative à la municipalité
Beloeil 8 %
Carignan 24 %
Chambly 6 %
McMasterville 19 %
Mont-Saint-Hilaire 8 %
Otterburn Park 11 %
Saint-Basile-le-Grand 19 %
Saint-Jean-Baptiste 2 %
Saint-Mathieu-de-Beloeil 15 %
Saint-Antoine-sur-Richelieu 16 %
Saint-Charles-sur-Richelieu 24 %
Saint-Denis-sur-Richelieu 11 %
Saint-Marc-sur-Richelieu 29 %
Total MRC de la Vallée-du-Richelieu 12 %
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